PLAIDOYER POUR UNE ECONOMIE REGULEE
par
Serge GRASS
L'histoire
contemporaine démontre que le socialisme et le libéralisme sont, l'un comme
l'autre, catastrophiques pour l'environnement et les hommes. Ces deux
idéologies économistes reposent sur le développement quantitatif infini. Tous les deux confient notre destinée à des
technocrates et des "savants" irresponsables devant l'humanité. Pour
eux, vivre, c'est
produire et consommer. Ils nient l'existence de tout ce qui ne peut se mesurer
en valeurs monétaires. Ils ont condamnés les femmes et les hommes au travail
et à la consommation forcés à perpétuité !
CONSTAT :
Le
développement économique et sa libéralisation conduit à une croissance
exponentielle des conséquences économiques, sociales et environnementales
négatives. Le rôle de l'État est contesté sauf pour assurer les charges !
Afin
de limiter cette dangereuse dérive, il convient de trouver des dispositions qui
permettent de réguler l'économie sans trop brider l'initiative. On peut
considérer qu'un produit est principalement composé de trois éléments:
de la matière première.
De l'énergie.
De la main d'oeuvre.
Parmi
ces trois composantes, la main d'oeuvre est la plus renouvelable, Or, c'est
elle qui supporte la presque totalité des charges sociales et la plus forte
part de la fiscalité.
Cette
situation conduit logiquement les gestionnaires d'entreprises à engager tous
investissements qui permettent de limiter cette composante qui de plus n'est
pas toujours docile.
Les
hommes sont remplacés par des machines, qui sont de la matière, de l'énergie et
de la main d'oeuvre pour leur construction, mais surtout de l'énergie pour leur
fonctionnement.
Les
licenciements alimentent le chômage et induisent des hausse de charge sur la
main d'oeuvre. Ces hausses rendent "rentables" de nouveaux
investissements d'automatisation, qui à leurs tours....
A
ce phénomène, s'ajoute que les productions nécessitant beaucoup de main
d'oeuvre sont transférées dans le tiers monde où les protections sociale
et environnementales sont souvent inexistantes, et les salaires scandaleusement
bas.
Ainsi,
ces prélèvements sociaux et fiscaux, compte tenu de leurs assises, incitent à
gaspiller les ressources naturelles, à délocaliser les productions et à
marginaliser beaucoup de nos concitoyens. Si la main d'oeuvre supporte beaucoup
de charges, les matières premières et l'énergie n'assurent que très
partiellement les leurs ; les pollutions et charges que leur usage génère et
leur épuisement ne sont pas comptabilisés. Par exemple, les buveurs d'eau
minérale qui choisissent des bouteilles consignées assurent la totalité des
charges de leurs choix qui sont surtout du travail, mais ils doivent aussi
participer par l'impôt à celles que génèrent les emballages à jeter
qu'utilisent d'autre consommateurs moins écolo et moins civiques, emballages,
génétateurs de déchets, qui sont surtout de l'énergie et des matières
premières.
Cette
diversité d'intégration des conséquences et des charges conduit à une concurrence
déloyale au détriment des produits les plus écologiques. Quant aux prix
pratiqués, fonction du marché, ils ne correspondent à aucune rationalité.
Parallèlement, la libéralisation commerciale et financière permet
aux spéculateurs des profits gigantesques sans contreparties collectives : Nous
somme entrés dans l'ère de la socialisation des pertes et de la privatisation
des gains.
LES PROFITS.
Pour
augmenter leurs profits, les gestionnaire et les spéculateurs engagent
différentes stratégies:
Celles décrites précédemment.
Le report d'un maximum de charges sur d'autres partenaires. (Sous traitants,
collectivités publiques, environnement...)
Le chantage à l'emploi.
(C'est un excellent moyen de pression qui permet de faire accepter tout et
n'importe quoi)
La course aux subventions. Dans ce
dernier cas nous devons nous positionner: Les collectivités publiques doivent
elles donner l'argent publique à fonds perdus, ou doivent elles prendre
part au capital des entreprises qu'elles veulent sauver ou développer, quitte à
revendre ces parts lorsque l'entreprise aura retrouvé son équilibre?
la concurrence planétaire
: La crise asiatique conduit, suite à la dévaluation massive des monnaies à une
diminution des prix de l'ordre 25 % à 40%. La guerre commerciale a permis une
augmentation en 1998 des exportations en volume de la Corée de 30%. Les
importations d'acier des "quinze" ont augmentées de 77%.
D'exportateur net l'UE devient importateur net ! De tels mouvements ne peuvent
que conduire à l'extension de la crise en Europe !
LES IMPÔTS, TAXES ET CHARGES SOCIALES.
Ces
prélèvements sont définis par les pouvoirs publics. Ils sont donc des éléments
maîtrisables. Leurs assiettes et leur importance sont des outils importants
pour orienter les comportements des responsables économiques donc l'économie
et la société vers des directions plus
sociales, plus écologiques et plus démocratiques.
Le
financement de la solidarité, du chômage et de la protection sociale pourrait
être assuré par une taxe sociale à la valeur ajoutée. Cette nouvelle
répartition des charges collectives induirait inévitablement une nouvelle
organisation des entreprises et des marchés, plus favorable à la création d'emploi
et à la protection de l'environnement. En effet, une baisse du coût de la main
d'oeuvre permettrait le développement d'activités aujourd'hui jugées non
rentables de réparation , de recyclage et de services.
En
faisant supporter des charges sociales sur les produits importés, elle
limiterait la concurrence déloyale que créent l'exploitation de la misère du
tiers monde.
Ce
serait aussi un moyen de faire des prélèvements sociaux sur les matières
premières et sur l'énergie, et ainsi partager entre tous ces richesses
communes. Des ajustements de taux permettraient d'adapter ces prélèvements à
chaque type de produit et de conjoncture et de tenir compte de paramètres
écologiques.
Une
taxe significative sur les énergies non renouvelables : l'augmentation du coût
des transports favoriserait les productions locales et contribuerait à un
meilleur aménagement des territoires.
Ces
nouvelles bases fiscales devraient contribuer à la régulation des excès du
libéralisme dont les profits, prélevés par une minorité, se réalisent sur
l'exploitation des hommes en les mettant en concurrence de par le monde, sur le
pillage des ressources naturelles patrimoine de l'humanité et par le report des
charges sur les collectivités et les générations futures. La créativité serait stimulée
dans des directions plus humaines et plus écologiques, tout en développant une
concurrence plus loyale.
IDÉES ET PROPOSITIONS :
La
déréglementation économique, l'augmentation des échanges et de la mobilité
conduisent à la dictature de l'économie avec de graves fractures sociales, au
détriment de la démocratie politique.
La
concurrence a un rôle dynamisant et régulateur sous réserve qu'elle soit
loyale.
L'Union
Européenne et les États n'ont pas vocation à assurer les conséquences négatives
de l'activité économique, mais pour rôle d'en corriger les dérives.
Les
prélèvements fiscaux et sociaux sont des moyens dont disposent les états pour
orienter leur politique économique.
Un
certain niveau de protectionnisme est la conséquence logique de l'existence
d'États indépendants et démocratiques.
Un
État ou une communauté doit pouvoir disposer du droit de créer des règles et
des normes pour protéger ses consommateurs, son environnement et les droits
sociaux de ses citoyens.
Une
taxe sociale à la valeur ajoutée et une taxe sur les énergies non renouvelables
permettraient de limiter la concurrence déloyale que crée l'exploitation de la
misère du tiers monde, de faire payer les machines et de réaliser des
prélèvements sur l'utilisation des ressources naturelles.
Une
taxe sur les transactions financières pour socialiser les bénéfices
spéculatifs.
L'abolition
des paradis fiscaux.
La
création d'un véritable espace judiciaire européen et mondial pour mettre un
terme au recyclage de l'argent sale.