Surpopulation et surconsommation


Préambule


Ce nest pas lhomme qui a tissé la toile de la vie. Il nest quun fil du tissu. Il en découle que chaque fil contribue à la solidité et à la bonne tenue de lensemble. Ceci dit, au MEI, nous faisons partie de ceux qui pensent que, avec plus de 6 milliards dindividus, lhumanité a atteint un seuil critique.

Effectivement : Croissance démographique non maîtrisée + croissance économique sans fin =  dune part des profits substantiels pour le capitalisme, mais de lautre, une aggravation dangereuse de la crise écologique.

En partant de ce constat, notre message sadresse à tous les gouvernements, à tous les responsables religieux, aux .instances de lONU, ainsi qua chaque homme et à chaque femme, pour les inviter à réfléchir sur ce grave problème.


Historique démographique :


Pour la première fois quil a pris conscience de sa propre existence, lhomme a le devoir en ce début de millénaire dapprendre la part qui lui revient. Tout dépend de lui. Il est donc acculé à faire des choix importants pour sa propre survie. Il ne peut plus sabandonner au cours naturel des choses, en escomptant que des puissances extérieures viendront réparer ce quil aura abîmé ou détruit. La situation actuelle est laboutissement dune longue histoire, qui navait comporté jusquà récemment que peu d »événements marquants. Pendant très longtemps, lévolution de la population humaine à résulté de léquilibre naturel entre les naissances et les morts. Notre espèce est fragile, pour assurer sa survie, elle utilise au mieux son potentiel de fécondité. A lépoque dite néolithique quelques 10000 ans avant Jésus Christ, leffectif nétait encore que de 5 millions dhommes. Puis, les ressources apportées par lagriculture ont permis à lhumanité de se développer jusquà 250 millions. Ce niveau correspondait à un équilibre qui sest maintenu durant le 1er millénaire. Le 2ème millénaire est dabord marqué par une croissance lente : 400 millions au 13éme siècle ; puis rapide : 800 millions au XVIIIe siècle, 900 au début du XIXe, enfin explosive : le premier milliard est dépassé vers 1825, le 2ème en 1925, le 3ème en 1960, le 4ème en 1975, le 5ème en 1987, le 6ème avant lan 2000. La population mondiale est entrée dans une spirale exponentielle qui, si elle se prolonge, ne peut aboutir quà une catastrophe. En effet, le nombre dannées nécessaires pour accroître la population mondiale dun milliard diminue sans cesse:100 ans, puis 35 ans, puis 15 ans, puis 12 ans, puis... ?...

Ce phénomène est dautant plus dramatique, quil à lieu au moment où l'humanité ne dispose plus dun « ailleurs ».

La bombe population, ou «Bombe P» explose sur une planète à lespace limité. La prise de conscience de la nécessité dun changement radical de notre comportement procréatif est dautant plus difficile, quelle se heurte à des réflexions acquises depuis nos origines : en effet, quoi de plus merveilleux que de donner la vie ! Quoi de plus enthousiasmant que dempêcher un enfant de mourir ! Or, cest justement notre victoire contre la mort qui, tel un boomerang se retourne contre nous.


Conclusion :


Surpopulation et surconsommation sont les deux mamelles de la crise écologique. Cette crise, si elle continuait de saggraver, pouffait condamner lhumanité à disparaître. En effet : nen déplaise à ces «Messieurs du capitalisme», il serait illusoire de croire dans une nature aux ressources illimitées, pour permettre à une humanité de plus en plus nombreuse de consommer toujours plus. En conséquence de quoi, si nous voulons conserver un quelconque avenir sur cette planète, nous devons impérativement inverser le sens de notre développement économique, dans des limites acceptables pour la Biosphère et, maîtriser notre démographie, dans les limites les plus strictes du nécessaire renouvellement des générations.

A ce titre, conscient de la responsabilité qui nous incombe, mais, conscients également de notre impuissance à résoudre seuls ce gravissime problème, nous lançons cet appel dans lespoir quil sera reçu, compris et adopté par le plus grand nombre.



Michel CHEVANT, Juin 2001.