Serge GRASS 04 01 99

 

 

POUR UN NOUVEAU  CONTRAT  ENTRE LES AGRICULTEURS,

 LA FRANCE ET L'EUROPE.

 

 

            La mission première de l'agriculture est de nourrir les hommes en transformant l'énergie solaire en biomasse.

            Dans les années 50 a été mise en place une politique agricole qui avait pour ambition d'augmenter la production pour permettre l'autosuffisance alimentaire de la France, de l'Europe et assurer le maintien de la classe paysanne.

            Il était prévu d'aboutir à l'objectif en 20 ans, il a été obtenu en 10.

            L'absurdité du système a commencé quand le premier point de l'objectif atteint, les mêmes moyens de stimulation ont été utilisés en situation de surproduction qu'en une situation de pénurie.

             L'agrandissement des exploitations a été favorisé par les aides, dans un premier temps à la production et dans un deuxième temps à la surface de l'exploitation et au nombre de têtes de bétail, avec pour conséquence.

             la disparition massive d'exploitations :

            * Il y avait 4 000 000 de paysans en 1950, il y en a 600 000 aujourd'hui et on s'oriente vers 300 000 !

            * Durant les 25 dernières années  900 000 fermes ont été rayées de la carte. Nous en sommes venu à une agriculture sans agriculteurs ...

             La désertification des campagnes.: 80% du territoire est menacé de désertification.

             L'industrialisation de l'agriculture a conduit à une pollution de l'environnement, une standardisation des productions, une baisse de la biodiversité et a créer de nouveaux risques alimentaires : Vache folles, résidus d'antibiotiques, d'hormones ...

            Dans les années 50, quand un paysan quittait la terre il trouvait un travail dans l'industrie, aujourd'hui il alimente le chômage.

            La PAC a transformé les paysans, producteurs libres soumis seulement aux aléas environnementaux, en moléiculteurs aliénés aux agro industries.

            La fonction première de l'agriculture qui était de produire des aliments se tourne chaque jour un peu plus vers la fabrication de protéines pour l'agro alimentaire. Cet allongement délibéré du cycle de production génère gaspillage, pollutions et diminue la qualité écologique des produits.

            Elle est devenue une industrie : Les élevages sont des usines, les animaux des transformateurs de protéines !

            La biomasse est de plus en plus produite, non plus avec l'énergie solaire renouvelable et gratuite, mais avec de l'énergie pétrolière pour produire engrais et des pesticides. La quantité d'énergie nécessaire à la culture d'un kilo de maïs a été multipliée par 10 entre 1910 et 1982 !

            Des circuits aberrants se sont mis en place :

            * 33% de la poudre de lait produite en France et 50% au niveau européen sert à nourrir les animaux. (Revue Agreste)

            La consommation de viande a beaucoup augmentée. Or pour produire une protéine de boeuf il faut 10 protéines végétales. Notre boulimie carnée conduit les pays du tiers monde à produire des protéine à bas prix pour nourrir notre bétail au détriment de leurs cultures vivrières.

            La malnutrition dans beaucoup de pays du tiers monde, la maladie de la vache folle, les pollutions de l'eau de l'air, la désertification des campagnes, la destructions des espaces sensibles, des budgets publics énormes sont les symptômes des dysfonctionnements de cette agriculture folle.

            Le productivisme à tout crin a conduit à nourrir des ruminants avec de la viande qui de plus était issue d'animaux pathogènes. Le système économique a dénaturé la fonction sociale première des agriculteurs qui était de nourrir la population. Le subventionnement a fait abandonner des pratiques culturales équilibrées au profit de productions insensées injectées sur les marchés internationaux. On paye les pollueurs pour polluer...

 

Propositions :

             Réformer la PAC en abandonnant la politique de baisse des prix agricoles et des quotas par une politique de soutien, conditionnée à la prise en compte de la reconquête de l'espace rural, du redéploiement de la population agricole, du respect de critères environnementaux et de santé publique.

             Plafonner les aides par actif.

             les subordonner au respect de la nature et de la condition animale.

             modifier nos habitudes alimentaires.

             instaurer des modulations fiscales sur les produits d'importation hors Union européenne pour éviter le dumping social et environnemental.

             réorienter l'agriculture vers les besoins locaux et nationaux.

             privilégier les circuits courts de distribution.

             favoriser l'agriculture biologique et l'extensification par des aides supplémentaires.

 

La priorité au niveau planétaire doit être l'autonomie alimentaire des communautés humaines et des États.

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