Bienvenu sur le Blog du MEI !

retour à l'accueil

mardi 9 mars 2010

« Si l’héliocentrisme est aujourd’hui admis, ce n’est pas parce qu’il est évident, mais parce qu’il est enseigné ».

J'ai entendu hier à la radio cette citation dont je n’ai pas pu noter l’auteur, mais que j'ai trouvée d'une profondeur et d'une évidence très grandes.

Rien effectivement dans notre quotidien ne nous montre que c’est la terre qui tourne autour du soleil. Nous avons même l’impression du contraire. Si on ne nous avait pas enseigné le système solaire, nous croirions très logiquement que le soleil tourne autour de la terre.

Les programmes scolaires ont une puissance extraordinaire. En l’enseignant, on peut faire admettre à une population n’importe quoi. Du vrai, et du faux.

La théorie de l’évolution n’est admise que parce qu’elle est enseignée. Il suffit pour s’en convaincre de voir ce qui se passe aux Etats-Unis où on enseigne le créationnisme : ça marche très fort…

Cette puissance est encore plus redoutable quand elle est cachée derrière une prétention à l’objectivité. Les professeurs de l’éducation nationale ne doivent pas formuler d’opinions. Ils ne doivent présenter que des éléments objectifs, donc irréfutables, inattaquables. La vérité révélée.

C’est oublier un peu vite que l’objectivité n’existe pas. Les programmes scolaires présentent obligatoirement une vision du monde. Ils reflètent à la fois l’étendue des connaissances du moment et l’état d’esprit dominant. La preuve : leur contenu a évolué considérablement. Nous regarderions aujourd’hui avec indignation ou commisération les représentations passées des noirs dans les manuels scolaires d’il y a un siècle. Mais ces représentations n’étaient que le reflet de la société de l’époque (cf l’exposition coloniale).

Aujourd’hui, tous les programmes scolaires présentent les évolutions scientifiques et techniques comme des « progrès ». Tous soutiennent que l’accès à beaucoup de biens matériels est aussi un « progrès », que les pays en développement sont « en retard » sur les pays développés, qu’il faut les aider à nous « rattraper ». Si le concept de développement durable est maintenant répandu, il ne remet pas en cause cet objectif : il est enseigné que ce « rattrapage » doit se faire en protégeant l’environnement –grâce aux « progrès » scientifiques et techniques- mais la vision reste la même.

Il est enseigné, et donc admis, à grande échelle, qu’il n’ y a qu’un modèle de développement possible, que le bonheur est dans l’« avoir », et qu’il passe par la croissance de l’activité économique.

Bref, on inculque à tous les jeunes occidentaux -et malheureusement sans doute tous les jeunes du monde qui vont à l'école- une vision du monde qui nous conduit à l'abîme.

Cette notion de « retard » me rappelle une blague du temps du communisme. Pour se moquer des communistes, on leur prêtait ce raisonnement : « Que fait le capitalisme ? Il court à sa perte. Que fait le communisme ? Il essaie de dépasser le capitalisme ».

lundi 8 mars 2010

Alea jacta est ?

Le sort en est-il jeté ? C’est la question que je me pose sérieusement après voir entendu l’annonce d’un article de la revue Science (une référence) donnant les conclusions d’une étude menée sur 10 ans et montrant des « suintements » de méthane dans l’océan glacial qui borde la Sibérie.

Je ne vais pas reprendre ici l’exposé de ce qu’impliquent ces émanations de méthane. Je vous invite à parcourir mon blog –vous y retrouverez plusieurs articles- ou à aller lire le N° 86 de la Lettre des Ecologistes (3ème partie de l’éditorial et page 3).

Je vous dirais simplement que ce soir, je suis tenté de laisser tomber tout engagement militant pour tenter simplement de vivre le plus heureux possible dans un monde condamné. Nous sommes dans une voiture qui va dans le mur. La seule chose à faire est d’écraser la pédale de frein en espérant que le choc ne sera pas trop rude. Au lieu de cela, nous discutons –nos grands chefs discutent- de la distance qui nous sépare du mur (certains se posant même la question de savoir si ce n’est pas une illusion) et des options possibles.

Il reste encore du chemin à parcourir… pour réduire ses trajets !

J’ai déjà pesté contre les outils de calcul d’itinéraires (que j’utilise… en restant critique) sur Internet (Mappy et Via Michelin, pour ne pas les citer), pour deux raisons :

  • spontanément, ils vous proposent les trajets qui empruntent les voies rapides et autoroutes, en général plus longs (en km) et donc plus émetteurs de CO2
  • ils vous affichent un coût estimé qui ne prend en compte que le carburant et les éventuels péages, ce qui donne l’illusion que ce sont les seuls coûts des déplacements en voiture. Or en général –cela dépend bien sûr du véhicule, notamment de son âge-, l’entretien et l’amortissement représentent le double du coût du carburant ! Cela contribue à faire croire que la voiture est moins chère que les transports en commun, ce qui est évidemment faux. Ce qui pénalise les transports en communs, c'est que vous payez l'intégralité du coût à chaque voyage, alors que vous ne payez lors d'un trajet que le carburant et le péage. Le reste (entretien, achat) est "déconnecté" du trajet.

Dernier exemple en date : je veux aller de chez moi à Bressuire.

  • Mappy me propose un trajet de 79 km, en 1h07, avec 22 km d’autoroute, moyennant un coût de 9,79 euros
  • Via Michelin me recommande un trajet de 88 km, en 1h10, avec 24 km d’autoroute, moyennant un coût de 9,12 euros
  • En demandant expressément à Via Michelin le trajet le plus court, j’obtiens un trajet de 63 km, en 1h20 (je peux vous assurer qu’il faut moins de temps que cela, sans excès de vitesse), sans autoroute, moyennant un coût de 6,98 euros.

Via Michelin vous recommande un trajet qui fait 40% de km en plus que le trajet le plus court ! Soyons juste : son option "trajet le plus court" est bonne... alors que celle de Mappy donne exactement le même trajet que le choix de base, avec les 79 km et les 22 km d'autoroute !

à propos de l'EPR

Je vous livre tel quel ce communiqué de presse du réseau "Sortir du nucléaire". Je n'ai pas la compétence pour juger de la validité de ce qui y est affirmé. Je sais seulement qu'un principe existe en théorie: le principe de précaution. Je sais aussi que lorsque des intérêts financiers énormes sont en jeu, ce principe est allègrement bafoué, et qu'il faut que les citoyens soient là pour protéger leurs intérêts et leur sécurité.

Accessoirement, je sais aussi qu'avec les technologies actuelles, les réserves d'uranium ne sont que de quelques dizaines d'années -avec le parc actuellement en service : si les centrales se multiplient comme le voudraient notre président et notre lobby pro-nucléaire, il n'y en a que pour... une dizaine d'années.

On peut discuter des "mérites" comparés du nucléaire et des centrales à charbon, mais il faut avoir à l'esprit qu'en aucun cas le nucléaire ne fournira la réponse aux problèmes du changement climatique si nous ne réduisons pas de façon colossale nos consommations d'énergie, ce qui devrait être LA priorité absolue.

Communiqué de presse

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, l’EPR s’avère donc extrêmement dangereux.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a constitué un groupe d’experts pour analyser de façon approfondie ces documents, qui nous ont été envoyés très récemment. Voici les premiers enseignements que l’on peut en tirer, ils sont de première importance.

Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes (qui permettent de modérer, d’étouffer la réaction nucléaire). Ces modes de pilotage sont essentiellement liés à un objectif de rentabilité économique, qui implique que la puissance du réacteur puisse être adaptée à la demande électrique. Ainsi, dans le but de trouver une hypothétique justification économique à l’EPR, ses concepteurs ont fait le choix de prendre le risque très réel d’un accident nucléaire. De plus, l'essentiel des arguments en faveur de l'EPR (puissance, rendement, diminution des déchets, sûreté accrue) s'avèrent faux.

EDF et Areva ont tenté de modifier le pilotage du réacteur : ces efforts n'ont pas abouti à des parades éliminant cette classe d'accidents. L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a semble-t-il été tenue à l'écart de ces questions.

Il semble donc bien que la conception de l’EPR accroisse le risque d’un accident de type Tchernobyl, qui entraînerait la destruction de l’enceinte de confinement et la dispersion massive de radionucléides dans l’atmosphère.

Les 8 et 9 mars, Paris accueille une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire. Cette conférence sera ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA. Il est scandaleux que la France continue ainsi à faire la promotion du nucléaire en général, et de l’EPR en particulier, alors même que la dangerosité de ce réacteur est aujourd’hui démontrée. Il faut donc abandonner immédiatement la construction de l’EPR en Finlande, en France et en Chine, et annuler impérativement le projet prévu à Penly. Le meilleur moyen d'éviter l'accident nucléaire reste la sortie du nucléaire.

Le scénario accidentel en détail :

Selon les calculs d’EDF et d’Areva, le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe (i). Cette rupture provoquerait le passage du réfrigérant en-dehors de la cuve du réacteur nucléaire. La perte de réfrigérant (un type d'accident nucléaire très grave) entraînerait la rupture d’un nombre important de crayons par échauffement du combustible et des gaines (ii) et donc le relâchement de vapeur extrêmement radioactive dans l’enceinte de confinement. Il y a alors un risque important d’excursion critique qui résulterait en une explosion (iii), la puissance du réacteur EPR étant démultipliée de façon extrêmement brutale.

Suite aux éjections des grappes de commande à faible puissance (EDG), le réacteur EPR pourrait ne pas se mettre en arrêt automatique (iv). Quelle que soit la configuration des grappes de commande, l’accident d’éjection de grappe de commande entraîne un taux important de rupture du combustible (NCE) et donc un risque élevé d’excursion critique (v).

Pour plus de détails, consultez les documents confidentiels que nous révélons, divulgués par une source anonyme interne à EDF (notamment le document n°1), téléchargeables sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org

> Contacts presse : - Marc Saint-Aroman - 05 61 35 11 06 - Charlotte Mijeon - 06 75 36 20 20 - Monique et Raymond Sené (physiciens nucléaires) - 01 60 10 03 49 - Steven Mitchell (médias anglophone) : 09 52 49 50 22 - Jean-Yvon Landrac (médias germanophone) - 06 87 30 41 10

> Liste des documents :

1 - Synthèse - Une technologie explosive : l’EPR (non daté - non signé)

2 - Bilan de la phase préliminaire de l’étude d’EDG FA3 et perspectives (EDF SEPTEN 05.05.2009)

3 - EPR - Gestion combustible - Lot 1 -Revue de conception du schéma de grappes FA3 du 25/10/2007

4 - EPR FA3 Synthèse de l’étude de faisabilité de l’accident d’éjection de grappe (EDF SEPTEN 09.02.07)

5 - EPR FA3 Synthèse des voies de sortie de la problématique éjection de grappe (EDF SEPTEN 07.05.07)

6 - Note d’étude : Présentation synthétique de l’EPR (EDF SEPTEN 04.05.04)

7 - Note de présentation de la deuxième revue de projet radioprotection EPR (EDF, printemps 2004)

8- Marges disponibles pour les activités d'exploitation du REP par rapport aux risques de criticité (Hourtoulle Francis. Le 7 décembre 1999)

Choix emblématique

Sondage sur le site Internet d’Europe 1 : pour ou contre le projet d’aéroport de Notre Dames des Landes entre Nantes et Rennes ? A l’heure où j’écris ce billet, 82% de non. Les citoyens sont en avance sur leurs représentants dans la prise de conscience des choix pour l’avenir !

Sachant que le PS et pour, l’UMP également, qu’Europe-Ecologie est contre, mais a déjà annoncé qu’elle fusionnerait avec le PS qui est pour… ne reste que la liste Modem / Alliance Ecologiste Indépendante pour s’opposer à ce projet au premier et au deuxième tour.

samedi 6 mars 2010

Tout faux !

En visite au salon de l’agriculture, Nicolas Sarkozy a clairement indiqué qu’il fallait changer de méthode pour aller vers une agriculture « durable ». Le dit changement de méthode consistera surtout à ne rien imposer en terme d’environnement qui ne soit pas la règle chez les concurrents européens de nos agriculteurs.

C’est réaffirmer une nouvelle fois la prééminence de l’économique sur les exigence environnementales. Mais c’est aussi et surtout une erreur en terme économique.

C’est persister –qui s’en étonnera ?- dans un schéma de pensée dépassé, celui de la compétition permanente, de la recherche du rendement maximum et du prix minimum à court terme, du sacrifice de la qualité au profit de la quantité.

La France importe 50% des produits certifiés bio qu’elle consomme. En Ile de France, il y a 120 AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), et les listes d’attente permettraient d’en faire vivre 100 de plus ! C’est bien la preuve que la demande est là ! Qu’attendons-nous alors pour faciliter les reconversions des agriculteurs ? Moins de produits chimiques, moins d’investissements lourds, de meilleurs produits, plus de main d’œuvre, donc d’emplois, et tout ça avec des débouchés assurés pour les productions ?

Depuis le début, le décalage entre les belles paroles du Grenelle de l’environnement et les actes est énorme. En témoignent les déclarations d’utilité publique de l’aéroport de Notre Dames des Landes ou de nouvelles sections d’autoroute, ou le projet de circuit de formule 1, pour ne citer que cet exemple cher (très cher !) au premier ministre. Mais cette fois, les choses sont claires, même dans les paroles : le Grenelle est mort.

Pour l’écologie, adressez-vous aux professionnels, pas aux (très mauvais !) imitateurs qui repeignent en vert leur programme, mais continuent comme avant la course vers le mur.

vendredi 5 mars 2010

Dans la série "j'ai lu pour vous", « La crise pétrolière, analyse des mesures d’urgence », par Bernard Durand.

(Edition EDP Science)

L’auteur est spécialiste de géologie et géochimie pétrolière, avec un CV flatteur dans ce domaine à l’Institut français du pétrole et à l’école nationale supérieure du pétrole et des moteurs.

Son livre est à fois très technique et d’une lecture assez facile (en particulier avec des petits schémas extrêmement parlant). C’est de la très bonne vulgarisation, une excellente source d’informations, un argumentaire nourri et convaincant :

  • Sur le peak oil, la fin programmée du pétrole. S’il ne peut évidemment pas donner une date plus précise que ses confrères, il exclut le rêve de certains de trouver de nouvelles ressources suffisamment significatives pour différer le moment (très proche) où les capacités de production décroîtront irrémédiablement, quels que soient les investissements mis en jeu. Il passe en revue les possibilités des pétroles dits non conventionnels –schistes bitumineux notamment- et conclut qu’il ne faut pas en attendre des miracles.
  • Sur les solutions de rechange dans les transports et le bâtiment. Agrocarburants, techniques de production de liquides pouvant remplacer l’essence ou le gazole à partir de charbon, de gaz ou de biomasse, hydrogène, air comprimé, tout est passé en revue, sous l’aspect technique, énergétique (rendement de ces différentes techniques), potentiel de production (combien de teps, tonne équivalent pétrole, on peut en attendre), émissions de gaz à effet de serre, autres impacts sur l’environnement…

Le fait que l’auteur voit la solution pour les transports dans la voiture hybride à dominante électricité nucléaire ne doit pas dissuader un écologiste qui veut se documenter sérieusement sur la fin programmée du pétrole de lire ce livre. Quand c’est un progressiste qui démontre l’urgence du problème et l’illusion de solutions techniques présentées comme des remèdes miracles, la démonstration n’a que plus de valeur !

jeudi 4 mars 2010

Politiques face à la crise

Trouvé dans un article du Monde diplomatique de ce mois intitulé « un pays peut-il faire faillite ? », ces quelques éléments d’informations sur les politiques de pays d’Europe touchés par la crise :

  • Allemagne : réduction de 1% par an du nombre de fonctionnaires (si un fonctionnaire travaille 40 ans, il y en a 2,5% qui partent chaque année ; diminuer de 1% signifie n’en remplacer que 3 sur 5)
  • Espagne : non remplacement de 9 fonctionnaires sur 10
  • France : non remplacement d’1 fonctionnaire sur 2
  • Irlande : non remplacement des départs à la retraite, baisse des allocations chômage et des salaires du secteur public
  • Italie : non remplacement de 4 fonctionnaires sur 5
  • Portugal (budget en discussion) : réduction des effectifs de la fonction publique, gel des salaires des fonctionnaires, réduction des dépenses sociales.

Tous envisagent également, à des degrés divers, un report de l'âge de la retraite. Pour faire de la place aux chômeurs, sûrement.

Belle unanimité ! Moins d’état, moins de dépenses sociales. Ça ne vous rappelle rien ? La libéralisation des marchés en moins (c’est déjà en grande partie fait !), cela ressemble aux politiques « d’ajustement » imposées par le FMI et la banque mondiale aux pays du sud endettés, politiques dénoncées après coup comme inefficaces au plan économique et responsables de graves crises sociales.

Au fait, petit rappel pour ceux à qui cela aurait échappé : en France Eric Woerth s’est félicité que la suppression depuis 3 ans de 100 000 fonctionnaires (par le non-rempalcement d’un départ sur deux) faisait économiser chaque année au budget de l’état 3 milliards d’euros. Exactement la somme qu’a coûtée à ce même budget de l’état la réduction du taux de TVA pour la restauration, mesure qui devrait permettre selon les dernières projections la création de 6 000 emplois. Cherchez l’erreur… il n’y en a pas, hélas…

mardi 2 mars 2010

Tempête

Deux réflexions sur la tempête qui s’est abattue sur le littoral dimanche.

100 000 habitations ont paraît-il été construites dans des zones inondables entre 1999 et 2006. Les outils existent pourtant (Plan de prévention des risques naturels, anciennement atlas des zones inondables). Alors ? Il y avait sans doute de l’argent à gagner… à court terme. J’ai entendu il y a un mois un documentaire sur des inondations catastrophiques aux Pays-Bas, en 1953 je crois. Des digues s’étaient rompues lors d’une tempête, faisant un nombre considérable de morts et des dégâts matériels colossaux. Apparemment, la leçon n’a pas servi.

Dans tous les domaines –constructions, informatique, production et distribution d’électricité et d’eau, systèmes de productions industrielles et agricoles, flux de produits aussi essentiels que la nourriture ou l’approvisionnement en eau pour les mégalopoles, etc.-, nous augmentons sans cesse à la fois la taille des systèmes et leur complexité. La tour de 800 mètres remplace la maison de plain-pied, le système informatique remplace le cahier de comptes, l’usine de production agro-alimentaire remplace les artisans, etc. En même temps que la taille et la complexité, nous faisons progresser les dispositifs destinés à assurer la sécurité et le bon fonctionnement de ces monstres. Le seul petit problème est qu’un jour ou l’autre, l’accident arrive. La secousse sismique plus forte que prévue, ou l’acte de terrorisme. Le virus informatique particulièrement « performant ». La contamination microbiologique qui déjoue les précautions prises. Et dans ce cas, les conséquences sont à l’échelle des systèmes : énormes ! On peut renforcer les digues. Un jour ou l’autre, elles cèderont, devant une tempête plus forte que les autres.

Ce qui caractérise l’homme est sans doute son immense vanité. Depuis Prométhée, il se croit tout puissant… Mais il faut être modeste, surtout face à la nature. Quelles sont les énergies mises en jeu dans une tempête comme celle de dimanche ? 1000, 10 000, 100 000 fois l’énergie d’une bombe atomique ? Je n’en sais rien à vrai dire, mais il y a sûrement beaucoup de zéros…

L’autre réflexion concerne notre dépendance à l’électricité. J’en ai été privé jusqu’à lundi vers 18h. Rien d’exceptionnel, et il ne me viendrait pas à l’idée de critiquer les agents d’ERDF qui ont travaillé d’arrache-pied pour rétablir les lignes. Mais j’ai pris la mesure de ma dépendance, moi qui me veut décroissant… Chaudière à l’arrêt, et donc pas d’eau chaude. Pas de cuisinière. Pas de lumière. Pas de radio ni d’internet. J’avais quand même le téléphone… grâce au fait que je refuse les postes sans fil dont la base a besoin d’être alimentée pour fonctionner ! Congélateur à l’arrêt, avec la crainte de perdre les produits du jardin qui restent de cet été. Outillage électroportatif en rideau, possibilités de bricolage réduites à presque rien. J’ai pu chauffer une pièce avec le poele à bois, cuisiner avec la bouteille de gaz qui me sert normalement pour faire mes conserves, m’éclairer à la bougie (fatigant pour les yeux si on veut lire !)… et j’ai pu réfléchir à ce que seront les conséquences de la grande panne électrique qui un jour ou l’autre touchera l’Europe…

Dans tous les domaines (la production d’énergie en fait partie), la relocalisation est indispensable pour réduire les transports mais aussi diminuer les risques que la concentration à l’œuvre depuis des décennies a fait augmenter de façon considérable.

Journal de campagne.

La journée de vendredi a été l’occasion de rencontres dans le domaine de la formation professionnelle, une des compétences de la région. En particulier, échanges passionnants avec le directeur et un conseiller d’un organisme de Vendée. Ils défendent vigoureusement l’idée de formation ancrées dans l’histoire et le territoire local. Pas par chauvinisme, ou régionalisme, mais parce que chaque territoire a son contexte propre. En Vendée, la côte, le marais et le bocage sont autant de territoires distincts. L’emploi n’y est pas le même, les populations, les besoins, non plus. Interlocuteurs passionnés et donc passionnants. Cela a été pour moi l’occasion d’apprendre comment sont choisis les centres qui vont réaliser des programmes de formation pour le compte d’organismes tels que la région, l’Etat, ou pôle emploi (par exemple les formations pour les chômeurs). Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, au nom de l’efficacité et de la standardisation, une logique de concentration est à l’œuvre. Il y a maintenant des appels d’offres au niveau régional, avec des lots départementaux. Pour postuler, un organisme de formation doit faire une offre sur le département complet, ce qui implique évidemment des moyens importants en terme de ressources (centres de formation, personnel, équipements). Les centres de formation comme celui que nous avons visité ne peuvent répondre qu’en constituant un groupement avec d’autres centres. Il faut pour cela tout un travail de concertation pour faire une offre qui intègre les ressources et les spécificités de chacun. Si demain, sur la lancée actuelle de concentration, il n’y a plus qu’un lot unique pour une région, il deviendra pratiquement impossible à ces centres de postuler. Ne resteront sur le marché que les organismes de taille nationale, comme l’Afpa. Ils proposeront des « produits » standards ignorant des spécificités de chaque territoire.

Brèves

La commission européenne a donné son feu vert pour 3 variétés de maïs et une variété de pomme de terre transgéniques. La pomme de terre est destinée à des usages industriels, mais le pollen sait-il qu’il ne doit pas aller contaminer une variété destinée à l’alimentation humaine ?

Un pour tous, tous pourris ? Parmi les 25 pages et les (je crois) 130 articles du projet de loi de réforme de la justice, traitant notamment de la suppression du juge d’instruction, s’est glissé page 15 un article modifiant les règles de prescription des abus de biens sociaux (le genre d’affaire qui concerne les patrons… et les politiques). La prescription (3 ou 6 ans) partait de la date à laquelle les faits étaient révélés. Dorénavant, si ce projet passe, elle partira de la date à laquelle les faits délictueux ont eu lieu. Sachant que ces affaires éclatent en général des années après les faits, elles seraient prescrites dans la plupart des cas (exemple récent de l’Angolagate, pour lequel Charles Pasqua a été condamné).

mercredi 24 février 2010

Journal de campagne

Après une semaine d’absence, je suis rentré de plein pied dans la campagne des régionales lundi, avec un après-midi autour des Sables d’Olonne. Avant la conférence de presse aux Sables, deux étapes « signifiantes » :

  • Dans les marais salants, un moment de bonheur auprès d’André Raffin, saunier depuis… 76 ans (il en a 87, et il ne songe pas à la retraite) ; la référence, la mémoire du marais, le passeur. Auprès de lui, des jeunes qui ont remis en activité des marais à coté du sien, et qui en vivent. La communauté de communes a acheté des marais à l’abandon et leur a mis à disposition dans des conditions favorables. Pas d’emprunt, leurs outils –ils fabriquent beaucoup eux-mêmes- leur coûtent 5 euros… Bilan écologique et économique : quelques emplois, durs physiquement mais qui sont un plaisir renouvelé tous les jours pour les sauniers, des classes de jeunes qui viennent découvrir cet environnement entretenu et préservé, -et quelques jeunes délinquants qui viennent avec un encadrement retrouver un sens au travail et à la nature. La principale difficulté pour les sauniers : la vente. Pour vivre du sel, il faut vendre en direct, à un prix correct. La demande existe, mais il faut du temps. Les collectivités peuvent intervenir à ce niveau en facilitant l’organisation de marchés ou l’installation de magasins de producteurs. Pas de l’assistanat, pas de subvention, une action de facilitation.
  • Autre visage sur le port des Sables d’Olonne : un bateau de pêche était en cours de destruction. Il avait moins de 5 ans. L’Europe a donné 400 000 euros au marin pêcheur pour qu’il cesse son activité et mette à la casse un bateau qu’il n’avait pas fini de payer. Exemple tragique d’un gâchis monumental : quand un secteur a des difficultés, on pousse au nom de l’efficacité à la concentration des moyens –bateaux plus gros, plus performants, moins nombreux. Investissements coûteux et diminution des emplois. Et comme la diminution des stocks de poissons est réelle, les problèmes persistent, et quelques années plus tard, on envoie à la casse des bateaux tout neufs. Incroyable gabegie ! Lorsque le pétrole a atteint 150 dollars le baril, en 2008, l’état proposait des aides pour acheter des bateaux moins gourmands en carburant. Peut-être une bonne idée a priori, mais ils seront à la casse avant que l’énergie dépensée pour les fabriquer ait été économisée par leurs moteurs plus économes. Comme dans le cas de la prime à la casse pour les voitures. Il faut changer de vision : on ne résout plus un problème en faisant une course à l’investissement et à la performance, ce qui ne fait que le déplacer de quelques années. On résout un problème en changeant de pratique, de méthode, de vision. Pas une pêche plus « performante », « plus efficace » (au sens économique, bien sûr), mais une pêche différente : moins de poissons, mais de qualité et qui trouvera preneur à un prix juste (1/3 des prises de poissons ne trouvent pas preneur sur les criées, alors que les stocks s’effondrent !!!!!).

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré », disait Albert Einstein. La course à la performance à coup de concentration et d’investissements nous a conduit à la destruction des emplois et de l’environnement. Il faut changer de mode de pensée. Penser local. Penser taille humaine.

vendredi 12 février 2010

Folie, folie, folie !

Quelques chiffres trouvés dans le Canard enchaîné de cette semaine :

  • Le budget de la Défense américain est de 741 milliards de dollars par an ; 2 milliards par jour !
  • Les drones américains effectuent 1644 heures de vol par jour en mission de surveillance ou de bombardement au dessus de l’Afghanistan, du Pakistan, du Yemen, des zones frontalières de l’Iran, etc. 4000 analystes sont derrière leurs écrans d’ordinateur pour les guider et analyser les images recueillies, l’US Air Force veut en recruter 2500 de plus.

Vous ne croyez pas qu’avec ces moyens colossaux, on pourrait régler d’une autre façon les conflits dans le monde ? Par la coopération, la réduction des inégalités ?

mercredi 10 février 2010

Notre Dames des Landes, enjeu pour les régionales en Pays de la Loire

Les candidats de la liste Modem - AEI accueillaient lundi François Bayrou sur le site de Notre Dames des Landes pour réaffirmer leur opposition au projet de nouvel aéroport entre Nantes et Rennes.

Ce projet défendu par les socialistes et l’UMP est à la fois porteur d’enjeux très concrets en terme d’environnement (2000 hectares de terres agricoles supprimées sans les dessertes ferroviaires) et économiques (sans doute 4 milliards d’euros avec les dessertes ferroviaires), mais c’est aussi un symbole : celui d’une vision croissanciste et développementiste complètement dépassée !

( Voir la reproduction de l’article du Monde sur le sujet)

Quand Jean-Marc Ayrault accuse François Bayrou de ne pas connaître le dossier, sait-il, lui, que les prévisions de trafic étaient basées sur une augmentation du prix du pétrole de 0,88% par an de 2002 à 2020, l'amenant en 2020 à... 29,3 $ le baril ? Quand on sait que le baril a déjà atteint 150 dollars en 2008 et que malgré la crise il n’est pas redescendu en dessous de 60 dollars, que le peak oil est sinon déjà atteint, du moins imminent, on peut se demander qui ne connaît pas son dossier…

Le projet est évidemment un non sens écologique, en contradiction évidente avec le Grenelle de l'environnement. Mais c'est aussi une absurdité économique ! La région s'engage à financer les déficits éventuels pendant 55 ans : autant dire tout de suite que les générations à venir en supporteront le coût !

La liste Modem – AEI propose une solution alternative moins coûteuse, moins consommatrice d’espace, qui permet une desserte en TER de l’aéroport de Nantes actuel (une ligne SNCF traverse déjà le parking !!!), une diminution spectaculaire des nuisances sonores et des risques au dessus de Nantes avec une réorientation de la piste de l’aéroport actuel, et, toujours pour un coût global inférieur à celui de l’aéroport, le prolongement de la ligne TGV de Paris jusqu’à Nantes, avec desserte de Cholet et liaison vers La Roche-sur-Yon !

Voter pour la liste Modem - Alliance écologiste indépendante, c'est le seul moyen d'avoir au deuxième tour une liste opposée à ce projet !

mardi 9 février 2010

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir...

J’ai appris par hasard qu’à l’usine Rhodia de Melle, une installation de cogénération sur le projet de laquelle j’avais travaillé –oui, j’ai travaillé chez Rhodia…- avait été arrêtée à la fin du contrat signé avec EDF, contrat qui comprenait une obligation et un tarif de rachat de l’électricité produite.

La cogénération –en l’occurrence, une turbine à gaz- produit à la fois de la chaleur sous forme de vapeur ou d’eau chaude et de l’électricité. Le rendement global en énergie est de plus de 80%, contre 40% environ quand on ne produit que de l’électricité dans une centrale électrique. En gros, on produit autant d’électricité (40% de l’énergie du combustible est converti en électricité), mais on récupère en plus l’équivalent sous forme de chaleur. Intéressant, non ?

Non.

La cogénération est à l’arrêt, l’usine produit sa vapeur avec une chaudière à charbon (ce qu’il y a de pire en terme d’émission de CO2), et achète son électricité. Au passage, je vous rappelle qu’il y a peu, on frisait la coupure générale d’électricité pour cause de demande élevée.

Pourquoi ce choix ? Parce que le charbon n’est pas cher, évidemment, et sans doute parce que, hors période de pointe, EDF ne veut pas racheter de l’électricité qui coûte plus cher que le nucléaire. Le bilan économique prime sur le bilan écologique.

Autre nouvelle : à Marseille, 8 vélos taxi sont interdits de circulation. Le patron des taxis marseillais –chargé de mission, ai-je cru comprendre, auprès du maire-, trouvait qu’ils faisaient une concurrence déloyale aux « vrais » taxis. Donc le maire les a interdit, au motif qu’ils n’avaient pas été autorisés selon les règles applicables aux taxis classiques : on ne peut pas s’installer comme chauffeur de taxi comme ça, il faut acheter (très cher) une licence… Je doute que la clientèle des vélos taxis soit la même que celle des taxis classiques, mais je suis sûr que c’est un progrès pour l’environnement, pour la circulation, etc. En supposant qu’il y ait effectivement moins de clients pour les taxis classiques, les plus jeunes n’ont qu’à se reconvertir !

C’est bien ça, la reconversion vers l’économie verte ? Eh bien le maire de Marseille s’y oppose. Sacrés progressistes, à l’UMP !

Et encore, le Grenelle de l’environnement est passé par là pour les convertir à la vertitude...