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COPENHAGUE : CONFUSION ET DECEPTION
  le 20 décembre 2009


Si la déclaration finale de la Conférence sur le Climat prévoit la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés d’ici à 2050 par rapport aux niveaux pré-industriels, elle n’indique pas les moyens d’y parvenir. C’est par ailleurs moins ambitieux que ce que réclamaient les petits Etats insulaires, représentés par Grenade et les Maldives, qui militaient pour une hausse maximale de 1,5 degrés.

Il est navrant de constater que l’Union européenne , malgré la volonté de certains de ses Etats, notamment la France, n’ait pas été capable de s’entendre sur les objectifs de 30% de réduction de ses émissions de Co2 à l’échéance de 2020 comme on pouvait l’espérer. En mettant d’emblée sur la table ces objectifs, elle aurait pu servir d’aiguillon dans les négociations et entraîner les pays émergents, ainsi que les Etats Unis, à se montrer plus coopératifs. Les objectifs de réduction des émissions de Co2 ne seront fixés qu’en janvier 2010, lorsque chacun des pays industrialisés aura soumis par écrit ses engagements. L’aide à l’adaptation des pays en développement révèle aussi une certaine confusion : il est question de 30 milliards qui seraient débloqués à brève échéance pour atteindre 100 milliards par an à partir de 2020.

La déclaration de Copenhague n’est en aucun cas contraignante : les Etats communiqueront tous les deux ans les actions qu’ils auront prises pour réduire leurs émissions, sur une base volontaire et sans contrôle au niveau international puisque la Chine a considéré que cela porterait atteinte à sa souveraineté. Cette Déclaration de Copenhague est, en celà, en regression par rapporrt au Protocole de Kyoto.

Rejeter la responsabilité de l’échec sur le “système onusien” est un peu facile, lorsque la volonté de certains gouvernements est défaillante. Vouloir la création d’une organisation mondiale de l’environnement semble inutile puisque le Programme des Nations Unies pour l’environnement existe depuius 1972. Cet organisme est à l’origine et dépositaire de plusieurs conventions et protocoles internationaux. S’il n’a pas le pouvoir de sanctionner comme l’Organisation mondiale du commerce, les traités sont contraignants pour les Etats qui les ont signés. Ses pouvoirs pourraient par ailleurs être renforcés pour qu’il puisse exercer un meilleur contrôle dans l’exécution des engagements pris par ces Etats.

Bien sûr, tout n’est pas perdu. Le cycle des négociations va reprendre : réunion dans six mois pour préparer la prochaine conférence sur le climat qui aura lieu à Mexico fin 2010. Mais que de temps perdu ! Un accord ambitieux à Copenhague aurait montré au monde la volonté des Etats de coopérer en oubliant les égoïsmes et les intérêts de chacun et soulevé l’enthousiame des populations qui, elles, comme comme on l’a vu à Copenhague , étaient bien conscientes des enjeux de cette Conférence pour la planète; il aurait redonné le respect et la confiance dans ses dirigeants.




Monique Marquet
Vice Présidente à l’Environnement

 
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