Quels que soient les lieux choisis, bois, communes ou plaines par lesquels passera le prolongement de l’autoroute A 12 , le tracé imposé influencera durement l’avenir des habitants de ce secteur Sud-Est des Yvelines. Si une partie d’entre eux, n’ayant pas d’autres moyens de déplacement que la voiture individuelle en accepte le principe, la majorité repousse cette opération tant il semble bizarre au bon sens populaire que pour éviter dans l’avenir les scènes de saturation de la circulation, on applique les mêmes recettes que celles qui dans le passé ont entraîné ces saturations.
Réaction d’autant plus avisée que dans le même temps, par le prolongement de la A 104 entre Méry sur Oise et Orgeval et, par le raccordement du tunnel "poids lourds" entre Rueil et le triangle de Rocquencourt, s’établira de fait un important réseau autoroutier qui ne sera en sorte qu’un tronçon routier qui drainera du Nord vers le Sud le flux de la circulation trans européenne. Structuration autoroutière que souhaitaient les auteurs de l’ancien SDAU-Rif en vue de promouvoir la région Ile de France au rang de métropole à vocation internationale.
Situation par laquelle les habitants subissent quotidiennement les inconvénients de l’entassement. Elle se situe dans le droit fil de la volonté politique en matière de transports que pratiquaient les décideurs des années 1950/60. Il s’agissait alors, sous couvert d’utilité publique, de privilégier l’industrie automobile et ses activités connexes aux dépens d’un réseau multi-modes de moyens de déplacements, complémentaires entre eux, achevés si possible, moins polluants avec cheminements pour piétons et deux roues, pour finalement se classer comme moins voraces d’espaces et de crédits.
Malgré de remarquables réalisations (ferroviaires et R E R), ce nouvel état d’esprit demande que d’urgence, les crédits jusqu’alors dévolus aux ouvrages routiers soient basculés vers les opérations nécessairement indispensables à la complémentarité des réseaux publics.
Après cet assainissement opéré sur les chapitres espaces-transports et crédits d’Etat, il deviendrait alors possible d’entreprendre en urgence la transformation en 2 niveaux des carrefours litigieux de la A 10. Opérations auxquelles s’ajouteraient les ouvrages de protections directes de la vie familiale des riverains. En passant on peut rappeler que la Grande Ceinture est en déficit par insuffisance de kilomètres exploités et … de crédits. Sa plate-forme ferroviaire étant disponible depuis 1945, elle pourrait remplir le rôle d’un excellant tramway circulaire autour de Paris.
De ces conditions volontairement limitées, le prolongement de la A 12 devient manifestement inacceptable au point qu’il n’est pas certain que sa mise en service survienne lorsque le pétrole coûtera très cher. N’est-il pas temps de prêter l’oreille aux alertes que le monde scientifique nous délivre avec de plus en plus d’insistance ? Inutile de les énumérer, les médias et le dérèglement climatique se chargeront de nous les rappeler Alors là, aussi bien la croissance chinoise, que l’industriel américain et son homologue européen seront bien obligés de se conformer au sens profond, quoique encore très timide, du protocole de Kyoto.