La Lettre des  écologistes

 

sommaire

 

n° 45- décembre 2000

 

Objectif printemps 2002 (p.1)

Les loups français pris entre deux feux ? - Carburants propres (p.2)

Les sous-préfets aux champs (p.2)

Tota-Fina débouté de ses demandes -Théodore Monod (p.3)

Oui, le Vivant a des droits (p.3)

Maïs transgénique - Au boycott, citoyens (p.4)

Plaidoyer pour la nourriculture - Parc national de Guyane (p.4)

Conseil national  - Interview d’Antoine Waechter (p.5)

La conférence de La Haye - Ouvrons les archives (p.6)

Réseau info-conso - Vaccinations - Pour un Noël sans plomb (p.6)

De la Démocratie - Les OGM et une dérive policière (p.7)

L’allocation de base universelle - Total-Fina blanchi par la justice (p.7)

Brèves :

Biopiraterie - Marc Jolivet et l’Egocologie - Les dauphins contaminés par les dioxines - Innondations - Inondations-vaches folles... même logique ? (p.8)

Kana : Reggae écolo 

Internet - ça bouge dans les régions- Sommaire (p. 10)

Encarts :  Bon de commande

 

n° 45 - décembre 2000

 

A l’heure où nous écrivons ces lignes, jamais l’actualité ne nous a tant donné raison, à nous écologistes indépendants qui ne cessons d’alerter le monde sur les effets dévastateurs du productivisme : vache folle, OGM, catastrophes “naturelles”,  la liste est longue. Voyez ce qu’écrit Antoine Waechter,  page 5 de ce numéro :

Les gouvernements  partagent la même conception matérialiste du progrès. L'espoir de changer les vieux partis de l'intérieur est vain. Seule une force politique écologiste indépendante mobilisant l'opinion au-delà des vieux clivages peut imposer des changements en profondeur... de plus en plus le marché impose sa loi aux politiques. Nous devons prendre conscience que nous orientons l'économie locale et planétaire par nos choix de consommation. Le consumérisme est un vrai pouvoir dès lors que les consommateurs décident de choisir en conscience.”

La réponse est là, en 2001, et nous devrons développer cette position , notamment  à travers une campagne de communication avec pour  thème central  : “l’avenir sera ce que nous en ferons”.

Le MEI avec Antoine Waechter vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d’année et vous prie d’accepter ses meilleurs voeux pour 2001.

 

Objectif printemps 2002

Le Mouvement Ecologiste Indépendant est maintenant parti pour une quinzaine de mois d’efforts. Il vient de poser le socle de son action, c’est-à-dire de désigner son candidat à l’élection présidentielle.

Le Conseil National, réuni à Paris les 2 et 3 décembre 2000, a en effet dépouillé les votes par correspondance pour cette désignation et a validé le choix, à plus de 70 %  des exprimés : Antoine Waechter.

 

Rappelons que les deux autres candidats étaient P. Miran et Y.L. Boullis. Voici quelques extraits du texte d’A. Waechter adressé aux adhérents du MEI pour la campagne interne :

“Pourquoi un candidat du MEI à l'élection présidentielle de 2002 ?

Recréer un pôle écologiste non aligné et crédible : L'équipe de Dominique Voynet n'a jamais voulu construire un pôle écologiste alternatif à la Droite et à la Gauche. Leurré par le pouvoir formel, le parti des Verts est tombé dans le piège tendu par le Parti Socialiste. Ce dernier est le seul bénéficiaire de l'alliance et il a réussi à neutraliser les Verts comme naguère il satellisa le PSU et le MRG. En fait, il n'y a pas d'écologiste au Gouvernement (...) Pas un seul des articles du contrat signé en 1997 n'a été respecté par Lionel Jospin : pire, la politique gouvernementale a carrément pris le contre-pied d'une partie de l'accord (…).

La flamme écologiste ne subsiste aujourd'hui qu'au MEI et bien des partis établis souhaiteraient sa disparition. L'élection présidentielle est l'occasion de ranimer une dynamique de conquête (…).

Faire de cette candidature le sésame d'une alliance partisane serait un contresens. Une consigne de vote au second tour d'une élection majoritaire uninominale n'est porteuse d'aucun bénéfice : le cynisme des partis établis est incommensurable et le sort des Verts en donne la mesure.

 

La candidature présidentielle des écologistes a trois objectifs :

1. construire un pôle alternatif à la Droite et à la Gauche, en d'autres termes permettre au public de comprendre l'identité politique de l'écologisme et fidéliser un électorat sur cette identité (seul 4 % de l'électorat français se reconnaît comme électeur écologiste) ;

2. placer l'exigence écologiste au cœur du débat et notre réponse à la crise écologique au centre des préoccupations des Français;

3. gagner la crédibilité électorale nécessaire pour obtenir une place dans le débat politique national.

Le candidat doit répondre à trois critères :

1. être capable de mobiliser sur son nom les signatures des maires, condition de la participation à ce scrutin ;

2. être fiable : après sa désignation, le candidat réalise la campagne décidée par le Mouvement. Après le scrutin, il reste au service du Mouvement ;

3. avoir la capacité et la volonté de mener une campagne électorale nationale qui implique, compte tenu de nos moyens, une longue période la valise à la main et les nuits dans le train.”

 

La campagne de dons initiée dans le “Lettre des Ecologistes” n° 44 se poursuivra jusque cette échéance “Printemps 2002”. Sans appel particulier, Le MEI a reçu 32 649 francs de dons entre janvier et octobre 2000.

Le Mouvement Ecologiste Indépendant, aidé par tous ses sympathisants, doit maintenant s’investir dans la recherche des parrainages, qui seuls permettront de concrétiser cette volonté.

Dominique Bauduin

 

Les loups français pris entre deux feux?

Après les braconniers d’Allevard, c’est au tour du préfet des Alpes Maritimes de se payer un loup. Au moins a-t-il eu le courage de signer son acte en autorisant le tir d’un loup sur la commune de Venanson, dans le massif du Tournairet au dessus de St-Martin-Vésubie. Il s’appuie en cela sur un protocole cosigné cet été par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement.

Cette décision renie les engagements pris par la France lorsqu’elle a ratifié la convention de Berne sur les espèces menacées. Le Mouvement Ecologiste Indépendant rappelle que le territoire français n’abrite guère plus d’une vingtaine de loups : ceux-ci sont encore aujourd’hui en pleine phase de recolonisation du Massif Alpin. Les derniers comptages de loups dans le Mercantour laissent présager le pire : les populations auraient été divisées par deux cet été.

 

Les Ecologistes Indépendants dénoncent l’Etat qui autorise le tir “ légal ”, alors qu’il laisse les braconniers agir en toute impunité. Les montagnes françaises rejoignent la liste des zones de non-droit ! La France est le seul pays d’Europe à agir ainsi. Le loup en Italie compte environ 600 à 700 individus : il a recolonisé la quasi-totalité de la péninsule. En Espagne, l’espèce se porte bien avec 2000 individus. En France, 20 individus mobilisent les gardes de l’ONF, et pourquoi pas bientôt l’armée ? En plein Sommet de Nice, à la fin de la présidence française de l’Union Européenne, nous montrons l’exemple, bravo !

 

Le Mouvement Ecologiste Indépendant doit rappeler l’évidence : les moyens de protection existent, ils sont connus et ont largement fait leurs preuves. L’Etat doit inciter les éleveurs à les mettre en place.

Le loup sert de bouc émissaire : nous n’avons pas à choisir entre lui et l’agneau. Si la filière ovine est exsangue, c’est la faute de la P.A.C. et de la mondialisation. On a facilité l’importation de viande à bas prix: la production ovine française couvre seulement 40% du marché national. La Politique Agricole Commune a incité les éleveurs à regrouper leurs troupeaux, et à pratiquer un élevage intensif (jusqu’à 2000 têtes), trop vulnérable aux prédateurs, et qui induit un surpâturage profondément anti-écologique.

Le Mouvement Ecologiste Indépendant appelle la filière ovine à revenir à une agriculture paysanne, soucieuse de protéger son environnement, et de produire ainsi une viande de meilleure qualité, tant attendue par les consommateurs échaudés par la crise alimentaire qui secoue l’Europe. Le MEI rappelle aussi que le retour du loup est une chance extraordinaire, qu’il permettra demain de retrouver des zones où la chaîne alimentaire sera complète. Nous ne laisserons pas ce symbole fort de la nature sauvage disparaître illégalement, sous le cautionnement du Gouvernement français.

Le MEI demande à Madame la Ministre “Verte” de l’Environnement, qui encourage maintenant les préfets à ouvrir le feu sur une espèce protégée, de faire cesser immédiatement ces affûts illégaux.

Michel Laval,

Vice-Président national à l’Environnement

Tél & Fax : 01 45 11 82

 

Carburants propres

 

Après le vote du budget à l’Assemblée Nationale qui n’a finalement pas retenu le principe de la “ voynette ” , c’est à dire l’octroi d’une prime de 15 000 F pour tout achat d’une voiture neuve GPL , la situation des carburants propres en France est toujours aussi lamentable. Quand on pense qu’en Italie pas moins de 2 millions de véhicules roulent au GPL (et 1,5 million au GNV ) et qu’en France on approche timidement le cap des 130 000 , on se demande une fois de plus à quoi sert Dominique Voynet. Les Alpes Maritimes , dans ce triste palmarès , ne se distinguent pas : seulement 4 monteurs GPL pour tout le département ( un seul à Nice ) et 18 stations délivrant ce combustible. Tant que le différentiel entre le GPL et les autres carburants ne sera pas plus important, nous continuerons à être les mauvais élèves des carburants propres en Europe.Face à cette carence du Gouvernement , le Mouvement Ecologiste Indépendant 06 demande aux collectivités locales de prendre leurs responsabilités en privilégiant d’une part dans leur flotte les véhicules à carburants propres et d’autre part en instituant une prime à l’équipement du parc existant en GPL.

Patrice MIRAN  Tel : 04 92 38 71 40 / 04 93 21 14 60

 

Les sous-préfets aux champs

 

Le Mouvement Ecologiste Indépendant établit chaque année la carte de France des essais en plein champ de plantes transgéniques. Notre carte, publiée en octobre, précède de près d'un an celle divulguée par l'administration. Les essais de 1999 ont été rendus publics en septembre 2000 : nous les montrions dès octobre 1999 ! Malheureusement, les fonctionnaires de l'agriculture, dans les départements comme à Paris, nous refusent illégalement, aussi bien le nom des communes subissant ces essais d'Organismes Génétiquement Modifiés (O.G.M.), que les fiches d'information destinées au public (N.B. : " F.I.P. ") théoriquement envoyées aux mairies concernées !

Les Ecologistes Indépendants ont appris l'existence en 2000 d'un essai de tabac O.G.M. en Dordogne, peut-être à Bergerac comme en 1999. Le Sud-Ouest étant fortement touché par les essais de plantes transgéniques (15 essais en 2000 dans le Lot-et-Garonne!), la Dordogne s'en tire à bon compte. Néanmoins, ces essais en plein champ, autorisés par les deux Ministères de l'agriculture et de l'environnement (sic !), sont lourds de dangers pour la nature comme pour les agriculteurs. Le pollen transgénique peut contaminer les champs voisins (on l'a vu dans plusieurs affaires récentes), ou des plantes sauvages apparentées aux espèces cultivées (ce qui a été établi dans le cas du colza par exemple). Sans parler des dangers pour les insectes utiles, comme les abeilles. Nous croyons donc que la société doit refuser les O.G.M.!

 

Le M.E.I. pense qu'il n'y a rien à espérer d'un Gouvernement beau parleur mais soumis aux lobbies. C'est pourquoi nous proposons aux communes de voter une délibération, que nous avons élaborée avec des juristes et qui interdit toute culture d'O.G.M. sur leur territoire. Nous entendons travailler avec toutes les personnes de bonne volonté, de gauche comme de droite. Ainsi, dans le Loiret, notre délibération a été votée par plusieurs communes à l'initiative du mouvement ATTAC. En Dordogne, notre initiative a été relayée par M. Lucas, Maire et Conseiller général du Buisson-de-Cadouin, ainsi que par M. Beyne, son 1er Adjoint, qui ont fait adopter notre délibération par leur Conseil Municipal ainsi que par ceux de plusieurs communes avoisinantes.

Le Ministère de l'agriculture a perçu le danger que cette démarche courageuse fasse boule de neige, et a ordonné au sous-préfet de Bergerac d'intervenir. Celui-ci a écrit fin novembre aux communes concernées, prétendant que leur délibération était illégale ! Il s'agit là d'une intimidation particulièrement grossière : si le sous-préfet était certain de ses assertions, il attaquerait les délibérations devant le Tribunal Administratif, ce qu'il s'est bien gardé de faire jusqu'à présent. Les Maires ont en effet le pouvoir d'interdire les O.G.M., ayant la responsabilité de " prévenir et faire cesser " les " pollutions de toute nature " ! La juridiction administrative, si elle est saisie, ne manquera pas de confirmer cette interprétation.

Le M.E.I. appelle les Maires des communes rurales à refuser de se faire imposer des cultures transgéniques par M. Glavany et Mme Voynet. Il leur suffit d'interdire par arrêté les O.G.M. après avoir fait voter notre délibération, disponible sur notre site Internet (www.mei-fr.org).

Vouloir "corriger la nature" est une arrogante prétention, née des insuffisances d'une biologie et d'une philosophie qui en sont encore à l'âge de Néanderthal, où l'on pouvait croire la nature destinée à satisfaire le bon plaisir de l'homme. Le malheur est qu'une aussi primitive pensée dispose actuellement des moyens d'action les plus puissants....

 

 

Rachel Carson Silent spring

(Printemps silencieux Plon Editeur 1963)

"Une grande voix nous appelle au secours de la Nature,

lentement assassinée par les Hommes.” Jean Rostand

 

TotalFina débouté de ses demandes

“L'obligation de subir nous donne le Droit de Savoir”  (Jean ROSTAND)

 

Présidée par le Maubeugeois Rossano Pulpito, l'Association des bénévoles de l'Erika (A.B.E.) possède désormais ce que l'on pourrait nommer une carte de fidélité au sein des prétoires des tribunaux du Havre, de Brest et des Sables d'Olonne.

 

Rappelons que l'Erika, s'est brisé en deux durant la nuit du 11 au 12 décembre 1999, provoquant une importante pollution par marée noire et la mort de plus de 600.000 oiseaux. Des milliers de bénévoles se sont ensuite affairés à ramasser et nettoyer les côtes souillées par le pétrole. Un faisceau d'indices (réactions cutanées, très forte mortalité chez les oiseaux marins, etc.) fit toutefois penser que l'Erika ne transportait pas du fioul lourd  N°2 mais des déchets industriels spéciaux, contrairement à ce qu'a toujours affirmé Total Fina.

Le chlorure de benzalkonium, un produit chloré qui aurait été découvert par le laboratoire Analytika dans plusieurs échantillons est depuis devenu en quelque sorte la clé de voute du différend judiciaire qui oppose l'A.B.E. à TotalFina. "La société ITS Caleb Brett, qui avait certifié comme du fioul N°2 la cargaison chargée à Dunkerque par Total Fina est actuellement accusée aux Etats-Unis de falsification de déclarations au New Jersey et au Texas" soulignent les dirigeants de l'A.B.E..

L'association ne s'est pas non plus génée lorsqu'elle décida de faire appel aux tribunaux, et notamment celui du Havre, grâce auquel des prélèvements ont pu être effectués dans le "Mélide", navire chargé de récupérer le contenu des cuves de l'"Erika" par pompage. Ce qui valut une très vive réaction de Total Fina et une assignation de l'association. Motif : la restitution immédiate des échantillons.  

"Nous avons enquêté et nous avons retrouvé une entreprise de la Meuse qui produit 300 tonnes de chlorure de benzalkonium par an, dont près de 10% sont utilisés dans la pétrochimie. C'est sûr, ce produit chloré est donc connu des sociétés pétrolières." annonce Rossano Pulpito. Franchement pas disposée à baisser les bras, l'A.B.E. a déposé une nouvelle requête auprès du tribunal de grande instance du Havre. Dans son ordonnance du 21 novembre, le président du TGI a finalement ordonné une expertise à partir des prélèvements effectués dans les cuves du pétrolier "Mélide". Cette expertise devra permettre de dire si oui ou non ces échantillons présentent les caractéristiques physiques et chimiques d'un fuel N°2 et s'ils contiennent le fameux dérivé chloré.

Des critiques sont, en outre, émises au sujet des prélèvements réalisés "dans des bacs de stockage, et ce à l'issue d'un quatrième transport. Il faut savoir que ces bacs de la S.H.M.P.P. (Société du Havre de manutention des produits pétroliers) reçoivent des milliers de tonnes de produits chaque année et que ce type de prélèvement est donc moins rigoureux".

Affirmant être sereine vis à vis de ce produit chloré "car n'étant pas utilisé par nos raffineries", Total Fina attend désormais que les experts établissent leur diagnostic. La réponse est attendue aux alentours du mois d'avril 2001.

L'A.B.E. invite les personnes ayant participé à la dépollution des plages ou au nettoyage des oiseaux, mais aussi tous ceux qui se sentent concernés par cette marée noire, à soutenir son action.

 

Information du public au 03 27 64 69 57.  

Association des bénévoles d'Erika 251 rue du Pont de Pierre - 59600 MAUBEUGE

Rossano Pulpito 06 10 60 51 68 ou 03 27 53 75 51 Jacques Samyn 03 23 52 66 77 ou 06 80 66 92 95 Sites internet http://erika.benevoles.free.fr et http://www.labo-analytika.com e-mail : erika.benevoles@free.fr

Bernard Tailliez http://www.labo-analytika.com 

 

Théodore MONOD

Un écologiste de la première heure dans la tradition de François d'Assise

 

Théodore MONOD nous a accompagné sur tous les terrains où se défendaient la Terre, la vie et la dignité humaine. Son engagement intégrait avec la même rigueur, la même constance, la même absence de compromis avec lui-même, l'Homme et l'animal. Il fut le François d'Assise du XXe siècle.

 

Né avec le siècle, disparu avec lui, il a incarné le refus de toutes les ignominies de ce temps : face aux boucheries des grandes guerres, il défendait la non violence, face à la chasse et aux élevages concentrationnaires, il dénonçait la souffrance de la bête, face à l'injustice d'une société opulente qui laisse des milliers de pauvres sur le trottoir, il réclamait un toit pour les sans abris.

 

Loin de l'arène politique, ne cherchant ni poste, ni honneurs, il fut jusqu'au bout l'exemple d'un homme qui ne connut pas la tentation du repli individualiste.

Nous perdons un ami.

Antoine WAECHTER

 

Oui, le Vivant a des droits !

Notre Mouvement a pris des positions courageuses, sur la Loi Chasse (dont Voynet a eu le culot de se féliciter au final) ou sur la défense du loup.  Nous avons manifesté en faveur de ce dernier, tant dans les Alpes-Maritimes qu'à Paris (avec quelques courageuses associations de protection animale, dont TALIS, la SPA, le ROC et le WWF ; France Nature Environnement s'était défilée car nous mettions en cause la chère Mme Voynet conseillée par son ancien président). Les "Verts", eux veulent l'éradication du loup (qui ne vote pas, contrairement à ses adversaires), et se sont satisfaits de la Loi Chasse (Cohn-Bendit a rencontré St-Josse et le trouve "très bien"). Quant à "Génération Ecologie", soyons sérieux, ça n'existe pas : c'est une agence de communication à la gloire d'un individu qui n'est plus crédible par ses trop nombreux retournements de veste. 

 

La position du MEI découle d'une philosophie qui considère que l'Ecologie n'est pas un humanisme, mais inclut, complète et dépasse l'humanisme qui ne s'intéresse qu'à l'homme. Nous récusons l'utilitarisme qui ramène tout à l'intérêt que les êtres et les choses peuvent avoir pour l'être humain (par ex. il faut défendre la biodiversité parce que, sait-on jamais, dans telle petite plante inconnue se trouve peut-être le remède contre le cancer).

Oui, le Vivant a des droits (et pas seulement les animaux : c'est trop réducteur). Un être vivant donné a moins de droits qu'un être humain (c'est du moins ma position : soutenir l'égalité des droits n'est pas une position tenable), mais chaque fois qu'un être vivant doit être sacrifié à un être humain une faute est commise (c'est pourquoi la plupart des cultures dites primitives avaient des prières pour ces occasions). Le plus important est que le Vivant a des droits qui sont fondés intrinsèquement, et non par le seul intérêt des êtres humains.

 

C'est une position qui n'est pas sans affinité avec la "deep ecology", les excès en moins. C'est une position qui est très difficile à faire passer dans notre société. Les médias ont tendance à nous ignorer. De nombreux maîtres-penseurs stipendés par le système dénigrent l'écologie véritable (par ex. Luc Ferry), et les gens ont été habitués à ne penser qu'à leur propre intérêt. Nous sommes un parti politique, et nous devons convaincre les personnes de voter pour nous !

Vous pourriez peut-être nous y aider ?

Michel Laval, Vice-Président du MEI à l'Environnement

 

Maïs transgénique

Dans son numéro daté du vendredi 24 novembre, Le Monde relate la décision du Conseil d'Etat validant un arrêté du ministère de l'agriculture de février 1998, autorisant la commercialisation de trois variétés de maïs transgénique de la multinationale Novartis. Le Conseil d'Etat s'aligne hélas sur un jugement de la Cour de Justice européenne de mars 2000.

L'article est cosigné de deux journalistes, le spécialiste de l'environnement et le spécialiste des Verts. C'est sans doute pourquoi il cite ce parti parmi les opposants aux OGM, allant jusqu'à soutenir que les Verts auraient "violemment critiqué la ministre de l'environnement, Dominique Voynet, lorsque le gouvernement avait autorisé la culture de maïs transgénique, en décembre 1997". C'est parfaitement inexact : les Verts étaient gênés aux entournures pour critiquer leur ministre, co-responsable de cette décision ! Les "violentes" critiques venaient des écologistes non-Verts, qui existent, n'en déplaise au "Monde" !

Les Verts font de grands efforts pour tenter de faire oublier les décisions calamiteuses de leur ministre de l'environnement, sur le terrain des OGM. Ils adorent faucher les champs de colza transgénique - devant les caméras de télévision ! Mais même ces parcelles expérimentales n'auraient pu voir le jour, si Mme Voynet avait refusé son accord.

Notre époque a décidemment un peu trop tendance à oublier qu'on doit juger sur les actes, et non sur les discours...

Michel Laval

 

 

 

Au boycoytt, citoyens

 

La décision du Conseil d'Etat d'autoriser la mise en culture et la  commercialisation de 3 nouvelles variétés de maïs transgénique de la société  Syngenta (ex-Novartis Seeds) n'est pas qu'une grave entorse au principe de précaution ; c'est aussi et d'abord une insulte à la démocratie car plusieurs enquêtes d'opinion ont montré que les OGM étaient très largement rejetés par la population. Puisque l'Etat s'avère incapable d'empêcher l'intrusion sur le marché alimentaire d'OGM dont les citoyens-consommateurs ne veulent pas, la riposte  populaire passe nécessairement par un boycott actif et exemplaire des industries agro-alimentaires, des distributeurs et des collectivités qui ne s'engageront pas à bannir les OGM des produits qu'ils proposent. Sous la pression citoyenne, plusieurs villes de Bretagne ont déjà pris les devants en inscrivant une clause anti-OGM dans le cahier des charges de leurs fournisseurs. Cette démarche doit être systématisée.

Christian GUYONVARC'H

 

Plaidoyer pour la nourriculture

Certains proposent, pour protéger l'indépendance et le particularisme de leur peuple, d'idéaliser l'identité culturelles au travers de leur "langue" régionale.

Ainsi, l'indépendance et l'identité culturelle serait entières lorsque, au Mac Do du pays, le national-régionaliste pourra s'empiffrer son hamburger - Coca-Cola, s'il peut converser dans son idiome régional ! Or, l'expérience démontre qu'en cas de migration la langue ne survit que très rarement plus d'une génération alors que la culture alimentaire, elle, survit jusqu'à quatre générations !

Les traditions culinaires sont l'expression de l'adaptation des femmes et des hommes à leur terroir et au climat : elles ont, depuis la nuit des temps, été réalisées en auto alimentation à partir des productions locales. Ce qui n'a pas empêché l'introduction de semences exotiques tel les pommes de terre, les haricots, le maïs ... Dans ce contexte les peuples disposaient de la première des indépendances, celle de la nourriture et ont développé des traditions qui font encore, mais de moins en moins, l'objet de fierté régionale et nationale.

Mais cette "nourriculture" contrevient aux ambitions des fanatiques du "marché" qui veulent que tout soit à vendre "pour faire marcher le commerce" c'est à dire tirer un maximum de profit. Par la notion d'avantages comparatifs, summum de la rationalité économique libérale, les marchands organisent au niveau planétaire la spécialisation des productions aussi bien industrielles qu'agricoles, pour rendre chaque humain dépendant du "marché" y compris pour son besoin fondamental de nourriture. Ainsi, ne produisant plus ce dont il a le besoin le plus impérieux, chaque être humain devient un consommateur-acheteur forcé de son alimentation qui n'est plus produite dans sa région ou dans son pays.

L'industrialisation de l'alimentation a aussi d'autres conséquences négatives que nous pouvons déjà mesurer dans notre quotidien :

- La normalisation très poussée conduit à la diminution de la diversité alimentaire et à la banalisation des saveurs.

- Le développement des productions commerciales dans le tiers-monde a aggravé l'exploitation de la colonisation. Les cultures d'exportation des pays du tiers monde, qui ont remplacé les cultures vivrières, ont conduit à accentuer l'inégalité des échanges : pour acheter une protéine alimentaire il est nécessaire qu'ils en vendent plusieurs ce qui aggrave la sous nutrition, voire la famine.

- si les produits de l'agro-industrie sont en général hygiéniques par leur conformité en présence de germes pathologiques, ils ne sont pas forcément hygiéniques au sens de la diététique : les transformations et la conservation détruisent beaucoup de vitamines et les ajouts de sucre et autre glutamate pour intensifier le goût et stimuler l'appétit favorisent l'obésité, que certains présentent d'ors et déjà comme un fléau mondial. Elle se développe non seulement aux Etats Unis, mais aussi dans les pays ou sévit la misère : elle concernerait 12% des chinois, 16% des chinoises, 30% des malaisiens, 23% des mexicains, 35% des égyptiens et 40% des koweïtiens ... selon une étude menée par l'Association américaine de l'obésité.

Afin de permettre aux différents peuples du monde de retrouver leurs racines culturelles, leur fierté nationale et leur indépendance politique, il faut qu'ils accèdent à l'autonomie alimentaire. Il faut développer dans chaque région et dans chaque pays la notion de nourriculture.                                                                                                   Serge GRASS

 

 

Parc national de Guyane

La Guyane a au moins deux particularités, celle d'avoir 97 % de son territoire recouvert de forêt et d'être l'unique massif forestier tropical qui dépende d'un pays riche.  Mais une épée de Damoclès plane sur la tête de cet espace précieux : un projet de Parc national !

 

Le projet, après avoir sommeillé plus de 10 ans dans les cartons de l'administration, est ressorti sous une version réaliste, qui laisse la part belle aux entreprises forestières et minières... Rien d'étonnant, jusqu'à présent les autorités françaises ont toujours fait la part belle aux orpailleurs et passé par pertes et profits le devenir des populations locales.  Le projet va en ce sens, ce qui n'est pas pour déplaire aux élus locaux qui souhaitent repousser le contour du Parc le plus au Sud possible, là où vivent les Amérindiens.  Ce pseudo Parc risque donc de signer l'arrêt de mort de la zone la plus riche (au nord), celle que voudraient protéger les naturalistes, en se bornant à classer la partie sud, habitée... par les Amérindiens.  Ce que résume le chef de file des intellectuels créoles : “il faut dilater l'espace colonial au détriment de l'espace tribal” considérant cette partie de l'Amazonie comme inutile !

Au delà des problèmes liés aux populations locales, il faut savoir que l'extraction de l'or passe par l'emploi de mercure qui contamine l'écosystème et les populations locales.  On sait formellement depuis 1997 par une étude officielle que les consommateurs de poissons ont une imprégnation mercurielle “proche des seuils toxiques”. Or, trois groupes (deux canadiens et un américain) ont déposé des demandes de concession en 99, qui passent aussi par la réalisation de voies d'accès au sites...

En conclusion la seule démarche acceptable est de réclamer le classement des zones les plus riches (centre et nord) et la restitution des zones plus au sud aux populations locales.

 

Synthèse réalisée par Gérard MONNIER-BESOMBES, à partir d'articles de presse locaux et de revues dont l'excellent Combat-Nature.

 

Nota :Thierry Sallantin est un ethnologue qui se bat depuis des années pour faire reconnaître les problèmes de pollution dans cette partie de la Guyane et les conséquences sanitaires infligées aux populations.  Nous lui avions déjà apporté notre soutien en 1995 à l'époque où il était victime de graves menaces.

Vous pouvez aussi écrire au Ministère de l'Environnement pour demander une protection efficace de la Guyane et des populations amérindiennes qu'elle abrite.  A ce jour, la France n'a toujours pas ratifié la Convention 169 (de 1989) de l'OIT qui reconnaît les droits des peuples autochtones. 

Solidarité Guyane

BP 113 Rungis Cedex e-mail : solidariteguyane@wanadoo.fr

 

 

Conseil national

 

 

Les 2 et 3 décembre s’est tenu un Conseil National à Paris. Le Mouvement Ecologiste Indépendant a procédé à la désignation de son candidat à l'élection présidentielle de 2002 par une consultation des adhérents (vote par correspondance) au cours du mois de novembre 2000. Antoine WAECHTER a réuni 71 % des suffrages exprimés, 24,2 % allant à Patrice Miran (Nice) et 4,8 % à Yves Luc Boullis (Pau).

Antoine WAECHTER est le président du Mouvement. Candidat à la présidentielle en 1988, il avait obtenu 3,8 % des suffrages. En 1995, il n'avait réuni que 420 des 500 parrainages nécessaires, à la suite d'une entrée en lice tardive (janvier) : c'est pour éviter la répétition de ce scénario que le MEI a procédé à la désignation de son candidat dès maintenant.

Patrice MIRAN est l'un des six vice-présidents du Mouvement. Il anime le puissant groupe départemental des Alpes Maritimes.

Yves Luc BOULLIS est un des animateurs du groupe des Pyrénées-Atlantiques.

 

Dans l’examen des candidatures aux élections municipales, le débat a porté sur des cas contrevenant au cadrage national fixé dans les précédents CN qui excluait une négociation avec d’autres partis dès le premier tour. Dans les Alpes-Maritimes, le MEI compte se présenter dans plusieurs communes, parfois de façon autonome, souvent sur une liste avec partis de droite ou de gauche. A Nice par exemple, le MEI négocie avec l’UDF. Entre la stratégie expliquée et défendue par P. Miran, et les risques relevés par plusieurs intervenants, le Conseil National a tranché à une courte majorité : la stratégie départementale du MEI a été avalisée par 12 pour, 6 contre et 7 abstentions. Sur Paris, le CN a avalisé la tenue de négociations avec les Verts par 16 pour, 3 contre, 5 abstentions. En cas d’échec de ces négociations, le MEI-Paris présentera des listes autonomes.

 

Dans le cadre de la préparations des législatives, G. Monnier-Besombes a présenté un schéma de “ faisabilité ” de ces élections. Le Conseil National a décidé le principe d’une profession de foi nationale unique, d’une affiche nationale.  Une recherche va être menée par S. Grass  pour l’impression des bulletins de vote. Pour couvrir la totalité des circonscriptions, le coût estimé est de 3,5 M. de francs. Une partie de ce coût sera provisionnée sur les financements 2001 et 2002.

 

Le gros morceau a été le débat sur le budget. Il donne, en grandes masses, le résultat suivant:

Recettes

Financement public                                           2 000 000

Cotisations, dons, ventes                        230 000

Soit un total de  (francs)                      2 230 000

 

Dépenses

Déficit 2000                                                      624 000

Fonctionnement                                    150 000

Ristournes départ./frais membres                  110 000

Lettre des Ecologistes                                          200 000

Communication (hors publications)              96 000

Provision pour élections                                  1 050 000

Soit un total de  (francs)                      2 230 000

 

Un dernier temps de travail a été consacré à une présentation des accords de Matignon sur la Corse par C. Robertson-Forcioli, suivie d’un court débat. Ce sujet sera présenté dans une prochaine publication.

 

Prochain Conseil National : 2 février 2001.

 

Interview d’Antoine Waechter,

candidat à l’élection présidentielle de 2002

Réponses aux questions de Lucien Naegelen, journaliste à “l’Alsace”

1. Pourquoi partir si tôt ?

            - En 1995, nous avons débuté la recherche de signatures moins de trois mois avant la date limite de leur dépôt au Conseil Constitutionnel, à un moment où la plupart des maires avaient déjà octroyé leur parrainage. Nous en avons tout de même réuni 420.

Pour éviter le renouvellement de cette mésaventure, nous solliciterons les promesses de signature dès le lendemain des élections municipales de mars 2001.

 

2. Sur quels thèmes ferez-vous campagne ?

            - Nous redonnerons à la candidature écologiste la fonction qu'elle n'aurait jamais dû perdre dans ce type de scrutin : éveiller les consciences et mobiliser l'opinion. En 1974, René Dumont annonçait une probable crise écologique planétaire. Aujourd'hui, nous y sommes. L'explosion démographique mondiale, la forte croissance des transports routiers et aériens et l'insécurité alimentaire sont les défis vitaux du début du XXIe siècle. Je démontrerai qu'il n'y a pas de fatalité.

 

3. Quel bilan faites vous de la présence des Verts au gouvernement ?

            - Le dernier congrès des Verts a permis de mesurer le nombre d'écologistes dans ce parti : 15 % ! Les trois-quarts des adhérents du parti des Verts veulent construire la deuxième ou la troisième Gauche. Beaucoup ne s'intéressent même pas à la problématique écologiste.

Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner de ce que le bilan du ministère Voynet soit l'un des plus calamiteux des trente dernières années en matière de conquête environnementale. Le contrat signé entre les Verts et les Socialistes n'a pas été respecté, ce qui n'empêche pas le parti des Verts de persévérer dans sa condition de supplétif d'un parti gouvernemental.

 

4. De l'Erika à Tchernobyl ...comment obtenir que les grands dossiers soient traités moins en surface et plus en profondeur ?

            - Les gouvernements de Gauche et de Droite répondent avec la même superficialité à la crise écologique parce qu'ils partagent la même conception matérialiste du progrès. L'espoir de changer les vieux partis de l'intérieur est vain. Seule une force politique écologiste indépendante mobilisant l'opinion au-delà des vieux clivages peut imposer des changements en profondeur.

Mais, cela n'est pas suffisant parce que de plus en plus le marché impose sa loi aux politiques. Nous devons prendre conscience que nous orientons l'économie locale et planétaire par nos choix de consommation. Le consumérisme est un vrai pouvoir dès lors que les consommateurs décident de choisir en conscience. La formation d'une citoyenneté consumériste est aussi de notre responsabilité.

 

5. En quoi votre candidature de 1988 a-t-elle été réussie ? 

            - La campagne présidentielle de 1988 reste à ce jour la meilleure des quatre campagnes écologistes (Dumont, Lalonde, Waechter, Voynet) parce qu'elle s'inscrivait dans une stratégie du long terme : construire une force politique écologiste indépendante en fidélisant un électorat au-delà du clivage Droite/Gauche. Elle s'inscrivait dans un processus de construction autonome capable de rassembler. Elle fut le début d'une série de succès (municipales de mars 1989, européennes de juin 1989, régionales de mars 1992, législatives de mars 1993) non renouvelés à ce jour, avec, à la clé, une impressionnante série de décisions législatives nationales et européennes en faveur de la nature et de notre environnement.

 

La Conférence de La Haye

 

Le 13 novembre s’est ouverte la 6ème conférence internationale sur le changement climatique, à La Haye.

L’enjeu de cette conférence est de rendre applicable l’accord de Kioto (1997 déjà) qui imposait une diminution (minime, NDR) de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les études sur le réchauffement planétaire se révèlent encore plus pessimistes qu’à l’époque. D’ici la fin du siècle, elles évoquent une amplitude de 1 à 6 °C, alors que le pire était jusqu’ici fixé à 3,5°C.

Les perturbations climatiques, avec leur cortège d ’inondations, coups de vent, tempêtes en tout genre, qui ont marqué récemment notre pays et l’Europe, mais aussi d’autres régions du monde, sont-elles liées à ce phénomène de réchauffement ? Comme d’habitude, aucun “exper ”, ou faut-il dire “savant”, ne se risque à émettre un avis formel : après un 19ème siècle scientiste où la Parole scientifique équivalait à parole de Vérité, nous vivons une époque où la Science n’affiche plus que des doutes, et une incapacité incroyable à proposer.

Et il y a quand même des savants “corrompus” mercenaires pour affirmer par exemple que le nucléaire est une énergie propre, ou que les aliments naturels provoquent les cancers (voir dossier dans “l’Ecologiste N°1).

Cependant, même si ce n’est pas le réchauffement climatique qui provoque les dernières tempêtes, c’est bien à ce genre de cataclysme que le monde sera confronté si le réchauffement se poursuit. Nous sommes parfaitement dans le contexte du principe de précaution de Hans Jonas, invoqué à tort et à travers à propos de la vache folle. Face à une menace que l’on cerne avec précision, provoquée par le développement humain, même si les causes réelles ne sont pas encore scientifiquement élucidées, il convient de prendre des mesures pour sauvegarder la terre pour les générations futures.

 

 

Ouvrons les archives

Stop essais édite descartes destinées à être envoyées aux députés, afin qu’ils soutiennent une proposition de résolution tendant  à la création d’une commission d’enquête sur les conséquences des essais nucléires français dans le pacifique.

(8F les 4ex. 15F les 10ex. port compris) A commander auprès de

 

Stop Essais

114 rue de Vaugirard 75006 PARIS

 

Réseau info-conso

 

Greenpeace vient de sortir le 9 décembre la dernière version de son guide qui existe depuis 1998. Ce guide nous explique que la plupart des fabricants ont changé de politique grâce à l’opposition massive des consommateurs (le Réseau en regroupe 9000 à cette date).

 

2 listes se font face : la liste blanche  pour laquelle les fabricants assurent l’absence d’OGM et garantissent la traçabilité des ingrédients et des additifs. La liste noire, quant à elle, est heureusement de plus en plus vide, sauf  en ce qui concerne les producteurs de dindes et volailles, qui sont encore nombreux à ne pas offrir ces garanties...

Mais le mieux, dans tous les cas, est d’opter pour l’agriculture biologique (logo AB).

 

 

Vaccinations

 

De nombreux courriers nous sont parvenus  sur la question des vaccinations.

Désireux de consacrer la place  nécessaire à ce sujet très important pour notre santé, nous préparons en conséquence un dossier spécial à sortir prochainement. Il est donc encore possible de nous envoyer vos remarques, expériences et informations à :

La Lettre des Ecologistes

Patrick Viot 18 ruelle aux voeux 70150 PIN Tél. 03 81 58 09 12 Email patrickviot@aol.com

 

 

Pour un Noël sans plomb

L’Aspas demande une trêve de la chasse

 

A l'occasion de Noël 2000, l’ASPAS lance l’invitation aux chasseurs françaisde faire une trêve des fusils, le dimanche 24 décembre, pour permettre auxfamilles de se promener sans risque dans la nature en ce jour symbole de paix.

 

L'ASPAS vient d'adresser un courrier en ce sens à tous les Présidents de fédération de chasse ainsi qu'aux dirigeants cynégétiques. Rappelons que depuis l'ouverture de la saison de chasse, ce sont déjà (et encore!) plus de 30 accidents qui se sont produits, dont 12 mortels. Le 4 novembre, c'est un enfant de 12 ans qui est victime d'une partie de chasse.

Plus de la moitié de ces accidents se produisant le dimanche, la méfiance s'est installée chez de nombreux usagers de la nature qui n'osent plus sortir ce jour-là. Rappelons que 58 % des Français sont favorables à l’arrêt de la chasse le dimanche (sondage ASPA/BVA - octobre 2000)

Pour permettre aux amis de la nature de se pro sans risque, en famille avec leurs enfants le dimanche 24 décembre, l'ASPAS en appelle donc au sens des responsabilités et du partage des chasseurs.

Elle leur demande de faire un effort, au nom de la sécurité, pour que Noël demeure uen fête. Alors les  chasseurs sauront-ils faire ce petit geste de respect des autres ?

Nous voulons toujours y croire !

ASPAS - BP 34 C26270 LORIOL -Contact presse - Olivier Rousseau, tel : 04 75 62 64 86

 

 

De la Démocratie

 

Réflexions à partir de l’élection présidentielle américaine

 

L’élection présidentielle américaine a été l’aubaine des médias pendant le mois de novembre. Ce ne pas sont les problèmes de comptage qui retiennent mon attention, mais la réalité de ce qu’on met sous le mot “démocratie”.

En effet, l’on nous cite aussi souvent les Etats-Unis comme le berceau et l’image de la démocratie. (de brillants éditorialistes ont même estimé que cette faillite lamentable du système de comptage des bulletins était une preuve de démocratie !).

Peut-on qualifier de démocratie cette mascarade où ce sont les moyens financiers qui permettent de faire une campagne électorale, et à l’un des pantins de deux puissantes machines d’être élu ? Si on peut à juste titre parler de démocratie dans la pratique politique des Etats-Unis, c’est dans le fait que moins de 50 % des citoyens se déplacent pour cautionner cette mascarade.  Mais quelle est l’intérêt de cette démocratie : ne pas voter revient à laisser le champ libre à un homme, à une équipe, désignés par moins de 25 % des citoyens, pour gouverner non seulement leur pays, mais aussi le monde puisque c’est ainsi que les américains conçoivent leur rôle…

Mettons-nous dans la peau d’un citoyen américain et demandons-nous devant quel choix nous étions:  D’un côté un homme compétent, de l’autre un homme “ limité ” intellectuellement, de son propre aveu ! Or, c’est ce dernier qui est choisi. Peut-on qualifier de démocratie ce système où est élu celui qui plaît le plus ? La philosophie grecque, qui nous a légué ces critères de gouvernement, appelle ça la démagogie.

Le pire : ils avaient tous les deux le même programme, pour être élus ; mais tout le monde sait qu’il n’auraient cependant pas exercé le même pouvoir ni exécuté les mêmes décisions. Les Etats-Unis vivent donc bien un système politique démagogique, dont il ne faut surtout pas s’inspirer.

On entend souvent dire que la démocratie, c’est le moins mauvais régime politique inventé par l’homme. Cette formule est d’une mauvaise foi éhontée: la notion politique de démocratie me semble effectivement la forme de gouvernement (action de gouverner) normale d’une société humaine évoluée. Mais on est loin d’avoir inventé (est-ce d’ailleurs possible ?) des pratiques et des institutions réellement démocratiques.

Or, c’est un véritable défi qui se pose à nous, écologistes, ardents défenseurs de la démocratie directe. Exemple : La voiture est un élément dangereux pour l’avenir du monde : si nous posions cette question en référendum, il est évident (c.f. septembre) qu’une énorme majorité rejetterait toute limitation de l’utilisation de la voiture.

Autre exemple : accepterait-on une mesure indigne des valeurs humaines (la peine de mort, la mise à la porte de tous les non-français…) dès lors qu’une majorité de citoyens se serait prononcé pour ?

La démocratie est une belle idée : le défi, c’est de la mettre en pratique. Or nous disposons d’un laboratoire : c’est notre Mouvement. Si nous parvenions à faire fonctionner le MEI en cherchant continuellement des pratiques qui nous semblent se rapprocher le plus de la démocratie, nous pourrions en tirer des modèles à proposer à la société.

Je pense d’ailleurs que le socle d’une telle démocratie ne serait plus la mythique “Déclaration des droits de l’homme”, ce si beau document sous couvert duquel les gouvernants usent des pires exactions, mais une “Déclaration” non encore écrite.

Démocratie… pouvoir… des chantiers toujours ouverts…                                                    D. Bauduin

 

 

 

L'allocation de base universelle

 

Depuis longtemps ,les écologistes défendent l'idée de l'allocation de base universelle (ABU). Celle-ci s’inspire d'une idée généreuse et intéressante : déconnecter la lutte contre l'exclusion du problème de l'emploi. Dans cette optique, chacun se voit attribuer une allocation minimale attribuée indifféremment à tout le monde quelle que soit sa situation.

On voit bien les avantages d'une allocation versée à ceux qui passent à travers les mailles du filet de la protection sociale à la française. Mais pour avoir tous les avantages de l'ABU sans ses inconvénients, il faut soutenir l'impôt négatif. De quoi s'agit-il ? Il s'agit d'une prestation versée par l'Etat dès que le foyer fiscal passe au-dessous d'un certain seuil inversement proportionnelle au revenu déclaré.

Tout le monde en France est assujetti à l’impôt sur le revenu et le contrôle de ce qui passe par l'administration fiscale est serré. On simplifierait l'administration puisque l'attribution et la définition de l'assiette de la prestation seraient réalisées à travers une opération qui de toute façon a lieu chaque année. La diminution du coût du travail porterait uniquement sur le travail peu qualifié mais c'est sur ce Segment que le chômage est le plus élevé.

Par contre, tous les inconvénients de l'ABU seraient gommés : enrichissement des riches, fainéantise : pas de mise l'impôt négatif ne touche que les plus pauvres. Pas d'impact sur les lois sociales : il s'agit d'une disposition fiscale. Le coût est infiniment moindre puisque il est centré sur les revenus les plus bas . Pour le chiffrer avec précision, il suffit de connaître le nombre de foyers non imposables au regard de l'IR et définir le montant de l'allocation considérée comme vitale.

 Patrice Miran

 

 

Total-Fina blanchi par la justice

 

Ainsi en a décidé le tribunal de commerce de St Nazaire : "l'ordre ancien doit continuer de régner".

Au nom d'une lecture stricte de la loi, il a débouté la commune de Mesquer dans son action en réparation contre le groupe TOTAL-FINA, et donné raison au grand groupe industriel. Ce dernier peut donc continuer à tirer profit du commerce des produits pétroliers. Inversement, les victimes et les contribuables sont encore une fois condamnés à payer les dégâts humains, économiques et environnementaux des marées noires.

Au moins ce jugement a-t-il le mérite de remettre à sa place la véritable question qui est de nature politique : l'Etat veut-il et va-t-il enfin assumer la responsabilité qui lui incombe concernant la protection du territoire et de la population ?

La proximité et le nombre des consultations électorales à venir - quatre au total au cours des deux prochaines années - devraient permettre que cette question soit posée. A n'en pas douter, les candidats qui briguent un nouveau mandat auront à coeur de justifier devant les électeurs leurs choix politiques et budgétaires passés et les enseignements qu'ils ont tirés des naufrages survenus depuis l'Amoco Cadiz.

Pour sa part, le Mouvement Ecologiste Indépendant attend avec intérêt le bilan de la présidence française de l'Union Européenne en matière d'environnement et de sécurisation du trafic maritime.    

 Jean-Rolland Lassalle

 

 

Les OGM et ... une dérive policière

 

Le semencier BIOGEMMA a expérimenté discrètement en 1999 le gène Ilstérilisator" sur une parcelle de maîs dans un champ de LONGUEJUMELLES (Maine-et-Loire).

A l'initiative de membres de la Confédération paysanne et du groupement des agriculteurs biologiques (GAB), une réunion publique a été organisée à la mairie de la commune le 26 août, à laquelle participait une délégation sarthoise du Collectif Stop-OGM (dont le MEI-Sarthe fait partie).  Les représentants de BIOGEMMA se sont efforcé de répondre aux questions posées.

Au cours de cette réunion, les participants ont été photographiés tant à l'intérieur de la salle qu'à la sortie par la gendarmerie. P u i s le 9 septembre, le maîs manipulé a été ramassé, broyé et arrosé de 1 i s ier par des i n d i v i d u s non identifiés.  Les enquêteurs découvriront une tache de sang sur une feuille de maîs.  Des tests ADN ont identifié un sang féminin.  Le procureur de la République de Saumur a demandé aux gendarmes d'identifier les coupables du "saccage" en soumettant les opposants aux OGM à un dépistage ADN. Plusieurs participants à la réunion du 26 août sont alors convoqués par téléphone aux gendarmeries proches de leurs domiciles ; ils sont priés de venir avec leurs compagnes ou épouses,lesquelles sont priées de fournir de la salive pour analyse par des tests ADN.

Le Collectif Stop-OGM de la Sarthe s'est réuni pour dénoncer ces dérives policières ; jusqu'à maintenant les tests ADN étaient réservés aux criminels !

Un débat public a été organisé au Mans, le jeudi 9 novembre environ 200 personnes étaient présentes. Jean-Pierre BERLAN, directeur de recherches à l'INRA de Montpellier et Claire BILLAUX, présidente du GAB du Maine-et-Loire ont animé cette soirée qui a permis aux opposants aux OGM de fortifier leur argumentation et aux autres d'accéder à la concertation.

Finalement, même si déjà les OGM sont largement employés sur le continent américain, il n'est pas trop tard pour r é s i s t e r à ces multinationales qui veulent asphyxier les cultures traditionnelles et surtout interdire aux paysans des pays en voie de développement de continuer leurs pratiques autonomes. Localement, la vigilance est de rigueur.  Les interrogatoires se sont assouplis mais le Collectif se tient prêt pour une nouvelle mobilisation de soutien.                                                

Auguste HUBERDEAU Le MANS, Pays de La Loire.

 

 

 

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