La Lettre des écologistes
sommaire
n°
45- décembre 2000
Objectif
printemps 2002 (p.1)
Les
loups français pris entre deux feux ? - Carburants propres (p.2)
Les
sous-préfets aux champs (p.2)
Tota-Fina
débouté de ses demandes -Théodore Monod (p.3)
Oui,
le Vivant a des droits (p.3)
Maïs
transgénique - Au boycott, citoyens (p.4)
Plaidoyer
pour la nourriculture - Parc national de Guyane (p.4)
Conseil
national - Interview
d’Antoine Waechter (p.5)
La
conférence de La Haye - Ouvrons les archives (p.6)
Réseau
info-conso - Vaccinations - Pour un Noël sans plomb (p.6)
De
la Démocratie - Les OGM et une dérive policière (p.7)
L’allocation
de base universelle - Total-Fina blanchi par la justice (p.7)
Brèves
:
Biopiraterie
- Marc Jolivet et l’Egocologie - Les dauphins contaminés par les dioxines -
Innondations - Inondations-vaches folles... même logique ? (p.8)
Kana
: Reggae écolo
Internet
- ça bouge dans
les régions- Sommaire (p.
10)
Encarts
: Bon de commande
n° 45 - décembre
2000
A l’heure où nous écrivons ces lignes, jamais l’actualité
ne nous a tant donné raison, à nous écologistes indépendants qui ne cessons
d’alerter le monde sur les effets dévastateurs du productivisme : vache folle,
OGM, catastrophes “naturelles”, la liste
est longue. Voyez ce qu’écrit Antoine Waechter, page 5 de ce numéro :
“Les gouvernements partagent la même conception matérialiste du
progrès. L'espoir de changer les vieux partis de l'intérieur est vain. Seule
une force politique écologiste indépendante mobilisant l'opinion au-delà des
vieux clivages peut imposer des changements en profondeur... de plus en plus
le marché impose sa loi aux politiques. Nous devons prendre conscience que nous
orientons l'économie locale et planétaire par nos choix de consommation. Le
consumérisme est un vrai pouvoir dès lors que les consommateurs décident de
choisir en conscience.”
La
réponse est là, en 2001, et nous devrons développer cette position , notamment à travers une campagne de communication avec
pour thème central : “l’avenir sera ce que nous en ferons”.
Le
MEI avec Antoine Waechter vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d’année
et vous prie d’accepter ses meilleurs voeux pour 2001.
Objectif printemps 2002
Le Mouvement Ecologiste Indépendant
est maintenant parti pour une quinzaine de mois d’efforts. Il vient de poser
le socle de son action, c’est-à-dire de désigner son candidat à l’élection présidentielle.
Le Conseil National, réuni à Paris
les 2 et 3 décembre 2000, a en effet dépouillé les votes par correspondance
pour cette désignation et a validé le choix, à plus de 70 % des exprimés : Antoine Waechter.
Rappelons
que les deux autres candidats étaient P. Miran et Y.L. Boullis. Voici quelques
extraits du texte d’A. Waechter adressé aux adhérents du MEI pour la campagne
interne :
“Pourquoi
un candidat du MEI à l'élection présidentielle de 2002 ?
Recréer
un pôle écologiste non aligné et crédible : L'équipe de Dominique Voynet n'a
jamais voulu construire un pôle écologiste alternatif à la Droite et à la Gauche.
Leurré par le pouvoir formel, le parti des Verts est tombé dans le piège tendu
par le Parti Socialiste. Ce dernier est le seul bénéficiaire de l'alliance et
il a réussi à neutraliser les Verts comme naguère il satellisa le PSU et le
MRG. En fait, il n'y a pas d'écologiste au Gouvernement (...) Pas un seul des
articles du contrat signé en 1997 n'a été respecté par Lionel Jospin : pire,
la politique gouvernementale a carrément pris le contre-pied d'une partie de
l'accord (…).
La
flamme écologiste ne subsiste aujourd'hui qu'au MEI et bien des partis établis
souhaiteraient sa disparition. L'élection présidentielle est l'occasion de ranimer
une dynamique de conquête (…).
Faire
de cette candidature le sésame d'une alliance partisane serait un contresens.
Une consigne de vote au second tour d'une élection majoritaire uninominale n'est
porteuse d'aucun bénéfice : le cynisme des partis établis est incommensurable
et le sort des Verts en donne la mesure.
La
candidature présidentielle des écologistes a trois objectifs :
1.
construire un pôle alternatif à la Droite et à la Gauche, en d'autres termes
permettre au public de comprendre l'identité politique de l'écologisme et fidéliser
un électorat sur cette identité (seul 4 % de l'électorat français se reconnaît
comme électeur écologiste) ;
2.
placer l'exigence écologiste au cœur du débat et notre réponse à la crise écologique
au centre des préoccupations des Français;
3.
gagner la crédibilité électorale nécessaire pour obtenir une place dans le débat
politique national.
Le
candidat doit répondre à trois critères :
1.
être capable de mobiliser sur son nom les signatures des maires, condition de
la participation à ce scrutin ;
2.
être fiable : après sa désignation, le candidat réalise la campagne décidée
par le Mouvement. Après le scrutin, il reste au service du Mouvement ;
3.
avoir la capacité et la volonté de mener une campagne électorale nationale qui
implique, compte tenu de nos moyens, une longue période la valise à la main
et les nuits dans le train.”
La
campagne de dons initiée dans le “Lettre des Ecologistes” n° 44 se poursuivra
jusque cette échéance “Printemps 2002”. Sans appel particulier, Le MEI a reçu
32 649 francs de dons entre janvier et octobre 2000.
Le
Mouvement Ecologiste Indépendant, aidé par tous ses sympathisants, doit maintenant
s’investir dans la recherche des parrainages, qui seuls permettront de concrétiser
cette volonté.
Dominique
Bauduin
Les loups
français pris entre deux feux?
Après
les braconniers d’Allevard, c’est au tour du préfet des Alpes Maritimes de se
payer un loup. Au moins a-t-il eu le courage de signer son acte en autorisant
le tir d’un loup sur la commune de Venanson, dans le massif du Tournairet au
dessus de St-Martin-Vésubie. Il s’appuie en cela sur un protocole cosigné cet
été par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement.
Cette
décision renie les engagements pris par la France lorsqu’elle a ratifié la convention
de Berne sur les espèces menacées. Le Mouvement Ecologiste Indépendant rappelle
que le territoire français n’abrite guère plus d’une vingtaine de loups : ceux-ci
sont encore aujourd’hui en pleine phase de recolonisation du Massif Alpin. Les
derniers comptages de loups dans le Mercantour laissent présager le pire : les
populations auraient été divisées par deux cet été.
Les
Ecologistes Indépendants dénoncent l’Etat qui autorise le tir “ légal ”, alors
qu’il laisse les braconniers agir en toute impunité. Les montagnes françaises
rejoignent la liste des zones de non-droit ! La France est le seul pays d’Europe
à agir ainsi. Le loup en Italie compte environ 600 à 700 individus : il a recolonisé
la quasi-totalité de la péninsule. En Espagne, l’espèce se porte bien avec 2000
individus. En France, 20 individus mobilisent les gardes de l’ONF, et pourquoi
pas bientôt l’armée ? En plein Sommet de Nice, à la fin de la présidence française
de l’Union Européenne, nous montrons l’exemple, bravo !
Le
Mouvement Ecologiste Indépendant doit rappeler l’évidence : les moyens de protection
existent, ils sont connus et ont largement fait leurs preuves. L’Etat doit inciter
les éleveurs à les mettre en place.
Le
loup sert de bouc émissaire : nous n’avons pas à choisir entre lui et l’agneau.
Si la filière ovine est exsangue, c’est la faute de la P.A.C. et de la mondialisation.
On a facilité l’importation de viande à bas prix: la production ovine française
couvre seulement 40% du marché national. La Politique Agricole Commune a incité
les éleveurs à regrouper leurs troupeaux, et à pratiquer un élevage intensif
(jusqu’à 2000 têtes), trop vulnérable aux prédateurs, et qui induit un surpâturage
profondément anti-écologique.
Le
Mouvement Ecologiste Indépendant appelle la filière ovine à revenir à une agriculture
paysanne, soucieuse de protéger son environnement, et de produire ainsi une
viande de meilleure qualité, tant attendue par les consommateurs échaudés par
la crise alimentaire qui secoue l’Europe. Le MEI rappelle aussi que le retour
du loup est une chance extraordinaire, qu’il permettra demain de retrouver des
zones où la chaîne alimentaire sera complète. Nous ne laisserons pas ce symbole
fort de la nature sauvage disparaître illégalement, sous le cautionnement du
Gouvernement français.
Le
MEI demande à Madame la Ministre “Verte” de l’Environnement, qui encourage maintenant
les préfets à ouvrir le feu sur une espèce protégée, de faire cesser immédiatement
ces affûts illégaux.
Michel
Laval,
Vice-Président
national à l’Environnement
Tél
& Fax : 01 45 11 82
Carburants
propres
Après
le vote du budget à l’Assemblée Nationale qui n’a finalement pas retenu le principe
de la “ voynette ” , c’est à dire l’octroi d’une prime de 15 000 F pour tout
achat d’une voiture neuve GPL , la situation des carburants propres en France
est toujours aussi lamentable. Quand on pense qu’en Italie pas moins de 2 millions
de véhicules roulent au GPL (et 1,5 million au GNV ) et qu’en France on approche
timidement le cap des 130 000 , on se demande une fois de plus à quoi sert Dominique
Voynet. Les Alpes Maritimes , dans ce triste palmarès , ne se distinguent pas
: seulement 4 monteurs GPL pour tout le département ( un seul à Nice ) et 18
stations délivrant ce combustible. Tant que le différentiel entre le GPL et
les autres carburants ne sera pas plus important, nous continuerons à être les
mauvais élèves des carburants propres en Europe.Face à cette carence du Gouvernement
, le Mouvement Ecologiste Indépendant 06 demande aux collectivités locales de
prendre leurs responsabilités en privilégiant d’une part dans leur flotte les
véhicules à carburants propres et d’autre part en instituant une prime à l’équipement
du parc existant en GPL.
Patrice
MIRAN Tel : 04 92 38 71 40 / 04 93 21
14 60
Les sous-préfets
aux champs
Le
Mouvement Ecologiste Indépendant établit chaque année la carte de France des
essais en plein champ de plantes transgéniques. Notre carte, publiée en octobre,
précède de près d'un an celle divulguée par l'administration. Les essais de
1999 ont été rendus publics en septembre 2000 : nous les montrions dès octobre
1999 ! Malheureusement, les fonctionnaires de l'agriculture, dans les départements
comme à Paris, nous refusent illégalement, aussi bien le nom des communes subissant
ces essais d'Organismes Génétiquement Modifiés (O.G.M.), que les fiches d'information
destinées au public (N.B. : " F.I.P. ") théoriquement envoyées aux
mairies concernées !
Les
Ecologistes Indépendants ont appris l'existence en 2000 d'un essai de tabac
O.G.M. en Dordogne, peut-être à Bergerac comme en 1999. Le Sud-Ouest étant fortement
touché par les essais de plantes transgéniques (15 essais en 2000 dans le Lot-et-Garonne!),
la Dordogne s'en tire à bon compte. Néanmoins, ces essais en plein champ, autorisés
par les deux Ministères de l'agriculture et de l'environnement (sic !), sont
lourds de dangers pour la nature comme pour les agriculteurs. Le pollen transgénique
peut contaminer les champs voisins (on l'a vu dans plusieurs affaires récentes),
ou des plantes sauvages apparentées aux espèces cultivées (ce qui a été établi
dans le cas du colza par exemple). Sans parler des dangers pour les insectes
utiles, comme les abeilles. Nous croyons donc que la société doit refuser les
O.G.M.!
Le
M.E.I. pense qu'il n'y a rien à espérer d'un Gouvernement beau parleur mais
soumis aux lobbies. C'est pourquoi nous proposons aux communes de voter une
délibération, que nous avons élaborée avec des juristes et qui interdit toute
culture d'O.G.M. sur leur territoire. Nous entendons travailler avec toutes
les personnes de bonne volonté, de gauche comme de droite. Ainsi, dans le Loiret,
notre délibération a été votée par plusieurs communes à l'initiative du mouvement
ATTAC. En Dordogne, notre initiative a été relayée par M. Lucas, Maire et Conseiller
général du Buisson-de-Cadouin, ainsi que par M. Beyne, son 1er Adjoint, qui
ont fait adopter notre délibération par leur Conseil Municipal ainsi que par
ceux de plusieurs communes avoisinantes.
Le
Ministère de l'agriculture a perçu le danger que cette démarche courageuse fasse
boule de neige, et a ordonné au sous-préfet de Bergerac d'intervenir. Celui-ci
a écrit fin novembre aux communes concernées, prétendant que leur délibération
était illégale ! Il s'agit là d'une intimidation particulièrement grossière
: si le sous-préfet était certain de ses assertions, il attaquerait les délibérations
devant le Tribunal Administratif, ce qu'il s'est bien gardé de faire jusqu'à
présent. Les Maires ont en effet le pouvoir d'interdire les O.G.M., ayant la
responsabilité de " prévenir et faire cesser " les " pollutions
de toute nature " ! La juridiction administrative, si elle est saisie,
ne manquera pas de confirmer cette interprétation.
Le
M.E.I. appelle les Maires des communes rurales à refuser de se faire imposer
des cultures transgéniques par M. Glavany et Mme Voynet. Il leur suffit d'interdire
par arrêté les O.G.M. après avoir fait voter notre délibération, disponible
sur notre site Internet (www.mei-fr.org).
Vouloir
"corriger la nature" est une arrogante prétention, née des insuffisances
d'une biologie et d'une philosophie qui en sont encore à l'âge de Néanderthal,
où l'on pouvait croire la nature destinée à satisfaire le bon plaisir de l'homme.
Le malheur est qu'une aussi primitive pensée dispose actuellement des moyens
d'action les plus puissants....
Rachel
Carson Silent spring
(Printemps
silencieux Plon Editeur 1963)
"Une
grande voix nous appelle au secours de la Nature,
lentement
assassinée par les Hommes.” Jean Rostand
TotalFina débouté de ses
demandes
“L'obligation
de subir nous donne le Droit de Savoir” (Jean ROSTAND)
Présidée par le Maubeugeois Rossano Pulpito, l'Association des bénévoles
de l'Erika (A.B.E.) possède désormais ce que l'on pourrait nommer une carte
de fidélité au sein des prétoires des tribunaux du Havre, de Brest et des Sables
d'Olonne.
Rappelons
que l'Erika, s'est brisé en deux durant la nuit du 11 au 12 décembre 1999, provoquant
une importante pollution par marée noire et la mort de plus de 600.000 oiseaux.
Des milliers de bénévoles se sont ensuite affairés à ramasser et nettoyer les
côtes souillées par le pétrole. Un faisceau d'indices (réactions cutanées, très
forte mortalité chez les oiseaux marins, etc.) fit toutefois penser que l'Erika
ne transportait pas du fioul lourd N°2 mais des déchets industriels spéciaux,
contrairement à ce qu'a toujours affirmé Total Fina.
Le
chlorure de benzalkonium, un produit chloré qui aurait été découvert par le
laboratoire Analytika dans plusieurs échantillons est depuis devenu en quelque
sorte la clé de voute du différend judiciaire qui oppose l'A.B.E. à TotalFina.
"La société ITS Caleb Brett, qui avait certifié comme du fioul N°2 la cargaison
chargée à Dunkerque par Total Fina est actuellement accusée aux Etats-Unis de
falsification de déclarations au New Jersey et au Texas" soulignent les
dirigeants de l'A.B.E..
L'association
ne s'est pas non plus génée lorsqu'elle décida de faire appel aux tribunaux,
et notamment celui du Havre, grâce auquel des prélèvements ont pu être effectués
dans le "Mélide", navire chargé de récupérer le contenu des cuves
de l'"Erika" par pompage. Ce qui valut une très vive réaction de Total
Fina et une assignation de l'association. Motif : la restitution immédiate des
échantillons.
"Nous
avons enquêté et nous avons retrouvé une entreprise de la Meuse qui produit
300 tonnes de chlorure de benzalkonium par an, dont près de 10% sont utilisés
dans la pétrochimie. C'est sûr, ce produit chloré est donc connu des sociétés
pétrolières." annonce Rossano Pulpito. Franchement pas disposée à baisser
les bras, l'A.B.E. a déposé une nouvelle requête auprès du tribunal de grande
instance du Havre. Dans son ordonnance du 21 novembre, le président du TGI a
finalement ordonné une expertise à partir des prélèvements effectués dans les
cuves du pétrolier "Mélide". Cette expertise devra permettre de dire
si oui ou non ces échantillons présentent les caractéristiques physiques et
chimiques d'un fuel N°2 et s'ils contiennent le fameux dérivé chloré.
Des
critiques sont, en outre, émises au sujet des prélèvements réalisés "dans
des bacs de stockage, et ce à l'issue d'un quatrième transport. Il faut savoir
que ces bacs de la S.H.M.P.P. (Société du Havre de manutention des produits
pétroliers) reçoivent des milliers de tonnes de produits chaque année et que
ce type de prélèvement est donc moins rigoureux".
Affirmant
être sereine vis à vis de ce produit chloré "car n'étant pas utilisé par
nos raffineries", Total Fina attend désormais que les experts établissent
leur diagnostic. La réponse est attendue aux alentours du mois d'avril 2001.
L'A.B.E. invite les
personnes ayant participé à la dépollution des plages ou au nettoyage des oiseaux,
mais aussi tous ceux qui se sentent concernés par cette marée noire, à soutenir
son action.
Information du public
au 03 27 64 69 57.
Association des bénévoles
d'Erika 251 rue du Pont de Pierre - 59600 MAUBEUGE
Rossano Pulpito 06
10 60 51 68 ou 03 27 53 75 51 Jacques Samyn 03 23 52 66 77 ou 06 80 66 92 95
Sites internet http://erika.benevoles.free.fr et http://www.labo-analytika.com
e-mail : erika.benevoles@free.fr
Bernard
Tailliez http://www.labo-analytika.com
Théodore MONOD
Un écologiste de la première heure dans la
tradition de François d'Assise
Théodore MONOD nous
a accompagné sur tous les terrains où se défendaient la Terre, la vie et la
dignité humaine. Son engagement intégrait avec la même rigueur, la même constance,
la même absence de compromis avec lui-même, l'Homme et l'animal. Il fut le François
d'Assise du XXe siècle.
Né avec le siècle,
disparu avec lui, il a incarné le refus de toutes les ignominies de ce temps
: face aux boucheries des grandes guerres, il défendait la non violence, face
à la chasse et aux élevages concentrationnaires, il dénonçait la souffrance
de la bête, face à l'injustice d'une société opulente qui laisse des milliers
de pauvres sur le trottoir, il réclamait un toit pour les sans abris.
Loin de l'arène politique,
ne cherchant ni poste, ni honneurs, il fut jusqu'au bout l'exemple d'un homme
qui ne connut pas la tentation du repli individualiste.
Nous perdons un ami.
Antoine WAECHTER
Oui, le
Vivant a des droits !
Notre
Mouvement a pris des positions courageuses, sur la Loi Chasse (dont Voynet a
eu le culot de se féliciter au final) ou sur la défense du loup. Nous avons manifesté en faveur de ce dernier, tant dans les Alpes-Maritimes
qu'à Paris (avec quelques courageuses associations de protection animale, dont
TALIS, la SPA, le ROC et le WWF ; France Nature Environnement s'était défilée
car nous mettions en cause la chère Mme Voynet conseillée par son ancien président).
Les "Verts", eux veulent l'éradication du loup (qui ne vote pas, contrairement
à ses adversaires), et se sont satisfaits de la Loi Chasse (Cohn-Bendit a rencontré
St-Josse et le trouve "très bien"). Quant à "Génération Ecologie",
soyons sérieux, ça n'existe pas : c'est une agence de communication à la gloire
d'un individu qui n'est plus crédible par ses trop nombreux retournements de
veste.
La
position du MEI découle d'une philosophie qui considère que l'Ecologie n'est
pas un humanisme, mais inclut, complète et dépasse l'humanisme qui ne s'intéresse
qu'à l'homme. Nous récusons l'utilitarisme qui ramène tout à l'intérêt que les
êtres et les choses peuvent avoir pour l'être humain (par ex. il faut défendre
la biodiversité parce que, sait-on jamais, dans telle petite plante inconnue
se trouve peut-être le remède contre le cancer).
Oui,
le Vivant a des droits (et pas seulement les animaux : c'est trop réducteur).
Un être vivant donné a moins de droits qu'un être humain (c'est du moins ma
position : soutenir l'égalité des droits n'est pas une position tenable), mais
chaque fois qu'un être vivant doit être sacrifié à un être humain une faute
est commise (c'est pourquoi la plupart des cultures dites primitives avaient
des prières pour ces occasions). Le plus important est que le Vivant a des droits
qui sont fondés intrinsèquement, et non par le seul intérêt des êtres humains.
C'est
une position qui n'est pas sans affinité avec la "deep ecology", les
excès en moins. C'est une position qui est très difficile à faire passer dans
notre société. Les médias ont tendance à nous ignorer. De nombreux maîtres-penseurs
stipendés par le système dénigrent l'écologie véritable (par ex. Luc Ferry),
et les gens ont été habitués à ne penser qu'à leur propre intérêt. Nous sommes
un parti politique, et nous devons convaincre les personnes de voter pour nous
!
Vous
pourriez peut-être nous y aider ?
Michel Laval, Vice-Président du
MEI à l'Environnement
Dans
son numéro daté du vendredi 24 novembre, Le Monde relate la décision du Conseil
d'Etat validant un arrêté du ministère de l'agriculture de février 1998,
autorisant la commercialisation de trois variétés de maïs transgénique de
la multinationale Novartis. Le Conseil d'Etat s'aligne hélas sur un jugement
de la Cour de Justice européenne de mars 2000. L'article
est cosigné de deux journalistes, le spécialiste de l'environnement et le
spécialiste des Verts. C'est sans doute pourquoi il cite ce parti parmi les
opposants aux OGM, allant jusqu'à soutenir que les Verts auraient "violemment
critiqué la ministre de l'environnement, Dominique Voynet, lorsque le gouvernement
avait autorisé la culture de maïs transgénique, en décembre 1997". C'est
parfaitement inexact : les Verts étaient gênés aux entournures pour critiquer
leur ministre, co-responsable de cette décision ! Les "violentes"
critiques venaient des écologistes non-Verts, qui existent, n'en déplaise
au "Monde" ! Les
Verts font de grands efforts pour tenter de faire oublier les décisions calamiteuses
de leur ministre de l'environnement, sur le terrain des OGM. Ils adorent
faucher les champs de colza transgénique - devant les caméras de télévision
! Mais même ces parcelles expérimentales n'auraient pu voir le jour, si Mme
Voynet avait refusé son accord. Notre
époque a décidemment un peu trop tendance à oublier qu'on doit juger sur
les actes, et non sur les discours... Michel
Laval |
La décision du Conseil d'Etat
d'autoriser la mise en culture et la commercialisation
de 3 nouvelles variétés de maïs transgénique de la société
Syngenta (ex-Novartis Seeds) n'est pas qu'une grave entorse au principe
de précaution ; c'est aussi et d'abord une insulte à la démocratie car plusieurs
enquêtes d'opinion ont montré que les OGM étaient très largement rejetés par
la population. Puisque l'Etat s'avère incapable d'empêcher l'intrusion sur le
marché alimentaire d'OGM dont les citoyens-consommateurs ne veulent pas, la
riposte populaire passe nécessairement par un boycott actif et exemplaire
des industries agro-alimentaires, des distributeurs et des collectivités qui
ne s'engageront pas à bannir les OGM des produits qu'ils proposent. Sous la
pression citoyenne, plusieurs villes de Bretagne ont déjà pris les devants en
inscrivant une clause anti-OGM dans le cahier des charges de leurs fournisseurs.
Cette démarche doit être systématisée.
Christian GUYONVARC'H
Plaidoyer
pour la nourriculture
Certains
proposent, pour protéger l'indépendance et le particularisme de leur peuple,
d'idéaliser l'identité culturelles au travers de leur "langue" régionale.
Ainsi,
l'indépendance et l'identité culturelle serait entières lorsque, au Mac Do du
pays, le national-régionaliste pourra s'empiffrer son hamburger - Coca-Cola,
s'il peut converser dans son idiome régional ! Or, l'expérience démontre qu'en
cas de migration la langue ne survit que très rarement plus d'une génération
alors que la culture alimentaire, elle, survit jusqu'à quatre générations !
Les
traditions culinaires sont l'expression de l'adaptation des femmes et des hommes
à leur terroir et au climat : elles ont, depuis la nuit des temps, été réalisées
en auto alimentation à partir des productions locales. Ce qui n'a pas empêché
l'introduction de semences exotiques tel les pommes de terre, les haricots,
le maïs ... Dans ce contexte les peuples disposaient de la première des indépendances,
celle de la nourriture et ont développé des traditions qui font encore, mais
de moins en moins, l'objet de fierté régionale et nationale.
Mais
cette "nourriculture" contrevient aux ambitions des fanatiques du
"marché" qui veulent que tout soit à vendre "pour faire marcher
le commerce" c'est à dire tirer un maximum de profit. Par la notion d'avantages
comparatifs, summum de la rationalité économique libérale, les marchands organisent
au niveau planétaire la spécialisation des productions aussi bien industrielles
qu'agricoles, pour rendre chaque humain dépendant du "marché" y compris
pour son besoin fondamental de nourriture. Ainsi, ne produisant plus ce dont
il a le besoin le plus impérieux, chaque être humain devient un consommateur-acheteur
forcé de son alimentation qui n'est plus produite dans sa région ou dans son
pays.
L'industrialisation
de l'alimentation a aussi d'autres conséquences négatives que nous pouvons déjà
mesurer dans notre quotidien :
-
La normalisation très poussée conduit à la diminution de la diversité alimentaire
et à la banalisation des saveurs.
-
Le développement des productions commerciales dans le tiers-monde a aggravé
l'exploitation de la colonisation. Les cultures d'exportation des pays du tiers
monde, qui ont remplacé les cultures vivrières, ont conduit à accentuer l'inégalité
des échanges : pour acheter une protéine alimentaire il est nécessaire qu'ils
en vendent plusieurs ce qui aggrave la sous nutrition, voire la famine.
-
si les produits de l'agro-industrie sont en général hygiéniques par leur conformité
en présence de germes pathologiques, ils ne sont pas forcément hygiéniques au
sens de la diététique : les transformations et la conservation détruisent beaucoup
de vitamines et les ajouts de sucre et autre glutamate pour intensifier le goût
et stimuler l'appétit favorisent l'obésité, que certains présentent d'ors et
déjà comme un fléau mondial. Elle se développe non seulement aux Etats Unis,
mais aussi dans les pays ou sévit la misère : elle concernerait 12% des chinois,
16% des chinoises, 30% des malaisiens, 23% des mexicains, 35% des égyptiens
et 40% des koweïtiens ... selon une étude menée par l'Association américaine
de l'obésité.
Afin
de permettre aux différents peuples du monde de retrouver leurs racines culturelles,
leur fierté nationale et leur indépendance politique, il faut qu'ils accèdent
à l'autonomie alimentaire. Il faut développer dans chaque région et dans chaque
pays la notion de nourriculture.
Serge GRASS
Parc national
de Guyane
La Guyane a au moins deux particularités,
celle d'avoir 97 % de son territoire recouvert de forêt et d'être l'unique massif
forestier tropical qui dépende d'un pays riche. Mais une épée de Damoclès plane sur la tête
de cet espace précieux : un projet de Parc national !
Le projet, après avoir sommeillé plus de 10 ans dans les
cartons de l'administration, est ressorti sous une version réaliste, qui laisse
la part belle aux entreprises forestières et minières... Rien d'étonnant, jusqu'à
présent les autorités françaises ont toujours fait la part belle aux orpailleurs
et passé par pertes et profits le devenir des populations locales.
Le projet va en ce sens, ce qui n'est pas pour déplaire aux élus locaux
qui souhaitent repousser le contour du Parc le plus au Sud possible, là où vivent
les Amérindiens. Ce pseudo Parc risque donc de signer l'arrêt
de mort de la zone la plus riche (au nord), celle que voudraient protéger les
naturalistes, en se bornant à classer la partie sud, habitée... par les Amérindiens.
Ce que résume le chef de file des intellectuels créoles : “il faut dilater
l'espace colonial au détriment de l'espace tribal” considérant cette partie
de l'Amazonie comme inutile !
Au delà des problèmes liés aux populations locales, il
faut savoir que l'extraction de l'or passe par l'emploi de mercure qui contamine
l'écosystème et les populations locales. On sait formellement depuis 1997 par une étude officielle que les
consommateurs de poissons ont une imprégnation mercurielle “proche des seuils
toxiques”. Or, trois groupes (deux canadiens et un américain) ont déposé des
demandes de concession en 99, qui passent aussi par la réalisation de voies
d'accès au sites...
En conclusion la seule démarche acceptable est de réclamer
le classement des zones les plus riches (centre et nord) et la restitution des
zones plus au sud aux populations locales.
Synthèse réalisée par Gérard MONNIER-BESOMBES, à partir
d'articles de presse locaux et de revues dont l'excellent Combat-Nature.
Nota :Thierry Sallantin est un ethnologue qui se bat depuis
des années pour faire reconnaître les problèmes de pollution dans cette partie
de la Guyane et les conséquences sanitaires infligées aux populations.
Nous lui avions déjà apporté notre soutien en 1995 à l'époque où il était
victime de graves menaces.
Vous pouvez aussi écrire au Ministère de l'Environnement
pour demander une protection efficace de la Guyane et des populations amérindiennes
qu'elle abrite. A ce jour, la France
n'a toujours pas ratifié la Convention 169 (de 1989) de l'OIT qui reconnaît
les droits des peuples autochtones.
Solidarité Guyane
BP 113 Rungis Cedex e-mail : solidariteguyane@wanadoo.fr
Conseil national
Les
2 et 3 décembre s’est tenu un Conseil National à Paris. Le Mouvement Ecologiste
Indépendant a procédé à la désignation de son candidat à l'élection présidentielle
de 2002 par une consultation des adhérents (vote par correspondance) au cours
du mois de novembre 2000. Antoine WAECHTER a réuni 71 % des suffrages exprimés,
24,2 % allant à Patrice Miran (Nice) et 4,8 % à Yves Luc Boullis (Pau).
Antoine
WAECHTER est le président du Mouvement. Candidat à la présidentielle en 1988,
il avait obtenu 3,8 % des suffrages. En 1995, il n'avait réuni que 420 des 500
parrainages nécessaires, à la suite d'une entrée en lice tardive (janvier) :
c'est pour éviter la répétition de ce scénario que le MEI a procédé à la désignation
de son candidat dès maintenant.
Patrice
MIRAN est l'un des six vice-présidents du Mouvement. Il anime le puissant groupe
départemental des Alpes Maritimes.
Yves
Luc BOULLIS est un des animateurs du groupe des Pyrénées-Atlantiques.
Dans
l’examen des candidatures aux élections municipales, le débat a porté sur des
cas contrevenant au cadrage national fixé dans les précédents CN qui excluait
une négociation avec d’autres partis dès le premier tour. Dans les Alpes-Maritimes,
le MEI compte se présenter dans plusieurs communes, parfois de façon autonome,
souvent sur une liste avec partis de droite ou de gauche. A Nice par exemple,
le MEI négocie avec l’UDF. Entre la stratégie expliquée et défendue par P. Miran,
et les risques relevés par plusieurs intervenants, le Conseil National a tranché
à une courte majorité : la stratégie départementale du MEI a été avalisée par
12 pour, 6 contre et 7 abstentions. Sur Paris, le CN a avalisé la tenue de négociations
avec les Verts par 16 pour, 3 contre, 5 abstentions. En cas d’échec de ces négociations,
le MEI-Paris présentera des listes autonomes.
Dans
le cadre de la préparations des législatives, G. Monnier-Besombes a présenté
un schéma de “ faisabilité ” de ces élections. Le Conseil National a décidé
le principe d’une profession de foi nationale unique, d’une affiche nationale. Une recherche va être menée par S. Grass
pour l’impression des bulletins de vote. Pour couvrir la totalité des
circonscriptions, le coût estimé est de 3,5 M. de francs. Une partie de ce coût
sera provisionnée sur les financements 2001 et 2002.
Le
gros morceau a été le débat sur le budget. Il donne, en grandes masses, le résultat
suivant:
Recettes
Financement
public 2 000 000
Cotisations,
dons, ventes 230
000
Soit
un total de (francs) 2 230 000
Dépenses
Déficit
2000 624 000
Fonctionnement 150 000
Ristournes
départ./frais membres 110 000
Lettre
des Ecologistes 200 000
Communication
(hors publications) 96 000
Provision
pour élections 1 050 000
Soit
un total de (francs) 2 230 000
Un
dernier temps de travail a été consacré à une présentation des accords de Matignon
sur la Corse par C. Robertson-Forcioli, suivie d’un court débat. Ce sujet sera
présenté dans une prochaine publication.
Prochain
Conseil National : 2 février 2001.
Interview
d’Antoine Waechter,
candidat à
l’élection présidentielle de 2002
Réponses
aux questions de Lucien Naegelen, journaliste à “l’Alsace”
1.
Pourquoi partir si tôt ?
- En
1995, nous avons débuté la recherche de signatures moins de trois mois avant
la date limite de leur dépôt au Conseil Constitutionnel, à un moment où la plupart
des maires avaient déjà octroyé leur parrainage. Nous en avons tout de même
réuni 420.
Pour éviter le renouvellement de cette mésaventure, nous
solliciterons les promesses de signature dès le lendemain des élections municipales
de mars 2001.
2. Sur quels thèmes ferez-vous campagne ?
-
Nous redonnerons à la candidature écologiste la fonction qu'elle n'aurait jamais
dû perdre dans ce type de scrutin : éveiller les consciences et mobiliser l'opinion.
En 1974, René Dumont annonçait une probable crise écologique planétaire. Aujourd'hui,
nous y sommes. L'explosion démographique mondiale,
la forte croissance des transports routiers et aériens et l'insécurité alimentaire
sont les défis vitaux du début du XXIe siècle. Je démontrerai qu'il n'y a pas
de fatalité.
3. Quel bilan faites vous de la présence des Verts au
gouvernement ?
-
Le dernier congrès des Verts a permis de mesurer le nombre d'écologistes dans
ce parti : 15 % ! Les trois-quarts des adhérents du parti des Verts veulent
construire la deuxième ou la troisième Gauche. Beaucoup ne s'intéressent même
pas à la problématique écologiste.
Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner de ce que
le bilan du ministère Voynet soit l'un des plus calamiteux des trente dernières
années en matière de conquête environnementale. Le contrat signé entre les Verts
et les Socialistes n'a pas été respecté, ce qui n'empêche pas le parti des Verts
de persévérer dans sa condition de supplétif d'un parti gouvernemental.
4. De l'Erika à Tchernobyl ...comment obtenir que les
grands dossiers soient traités moins en surface et plus en profondeur ?
-
Les gouvernements de Gauche et de Droite répondent avec la même superficialité
à la crise écologique parce qu'ils partagent la même conception matérialiste
du progrès. L'espoir de changer les vieux partis de l'intérieur est vain. Seule
une force politique écologiste indépendante mobilisant l'opinion au-delà des
vieux clivages peut imposer des changements en profondeur.
Mais, cela n'est pas suffisant parce que de plus en plus
le marché impose sa loi aux politiques. Nous devons prendre conscience que nous
orientons l'économie locale et planétaire par nos choix de consommation. Le
consumérisme est un vrai pouvoir dès lors que les consommateurs décident de
choisir en conscience. La formation d'une citoyenneté consumériste est aussi
de notre responsabilité.
5. En quoi votre candidature de 1988 a-t-elle été réussie
?
- La
campagne présidentielle de 1988 reste à ce jour la meilleure des quatre campagnes
écologistes (Dumont, Lalonde, Waechter, Voynet) parce qu'elle s'inscrivait dans
une stratégie du long terme : construire une force politique écologiste indépendante
en fidélisant un électorat au-delà du clivage Droite/Gauche. Elle s'inscrivait
dans un processus de construction autonome capable de rassembler. Elle fut le
début d'une série de succès (municipales de mars 1989, européennes de juin 1989,
régionales de mars 1992, législatives de mars 1993) non renouvelés à ce jour,
avec, à la clé, une impressionnante série de décisions législatives nationales
et européennes en faveur de la nature et de notre environnement.
La
Conférence de La Haye
Le 13 novembre s’est
ouverte la 6ème conférence internationale sur le changement climatique, à La
Haye.
L’enjeu de cette conférence
est de rendre applicable l’accord de Kioto (1997 déjà) qui imposait une diminution
(minime, NDR) de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les études sur le réchauffement
planétaire se révèlent encore plus pessimistes qu’à l’époque. D’ici la fin du
siècle, elles évoquent une amplitude de 1 à 6 °C, alors que le pire était jusqu’ici
fixé à 3,5°C.
Les perturbations climatiques,
avec leur cortège d ’inondations, coups de vent, tempêtes en tout genre, qui
ont marqué récemment notre pays et l’Europe, mais aussi d’autres régions du
monde, sont-elles liées à ce phénomène de réchauffement ? Comme d’habitude,
aucun “exper ”, ou faut-il dire “savant”, ne se risque à émettre un avis formel
: après un 19ème siècle scientiste où la Parole scientifique équivalait à parole
de Vérité, nous vivons une époque où la Science n’affiche plus que des doutes,
et une incapacité incroyable à proposer.
Et il y a quand même
des savants “corrompus” mercenaires pour affirmer par exemple que le nucléaire
est une énergie propre, ou que les aliments naturels provoquent les cancers
(voir dossier dans “l’Ecologiste N°1).
Cependant, même si
ce n’est pas le réchauffement climatique qui provoque les dernières tempêtes,
c’est bien à ce genre de cataclysme que le monde sera confronté si le réchauffement
se poursuit. Nous sommes parfaitement dans le contexte du principe de précaution
de Hans Jonas, invoqué à tort et à travers à propos de la vache folle. Face
à une menace que l’on cerne avec précision, provoquée par le développement humain,
même si les causes réelles ne sont pas encore scientifiquement élucidées, il
convient de prendre des mesures pour sauvegarder la terre pour les générations
futures.
|
Ouvrons
les archives Stop
essais édite descartes destinées à être envoyées aux députés, afin qu’ils
soutiennent une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur les conséquences des
essais nucléires français dans le pacifique. (8F les 4ex. 15F les 10ex. port compris) A commander auprès de
Stop Essais 114
rue de Vaugirard 75006 PARIS |
Réseau
info-conso
Greenpeace vient de
sortir le 9 décembre la dernière version de son guide qui existe depuis 1998.
Ce guide nous explique que la plupart des fabricants ont changé de politique
grâce à l’opposition massive des consommateurs (le Réseau en regroupe 9000 à
cette date).
2 listes se font face
: la liste blanche pour laquelle les
fabricants assurent l’absence d’OGM et garantissent la traçabilité des ingrédients
et des additifs. La liste noire, quant à elle, est heureusement de plus en plus
vide, sauf en ce qui concerne les producteurs
de dindes et volailles, qui sont encore nombreux à ne pas offrir ces garanties...
Mais le mieux, dans
tous les cas, est d’opter pour l’agriculture biologique (logo AB).
Vaccinations
De nombreux courriers
nous sont parvenus sur la question des
vaccinations.
Désireux de consacrer
la place nécessaire à ce sujet très
important pour notre santé, nous préparons en conséquence un dossier spécial
à sortir prochainement. Il est donc encore possible de nous envoyer vos remarques,
expériences et informations à :
La
Lettre des Ecologistes
Patrick
Viot 18 ruelle aux voeux 70150 PIN Tél. 03 81 58 09 12 Email patrickviot@aol.com
Pour un Noël sans plomb
L’Aspas demande une trêve de la chasse
|
L'ASPAS
vient d'adresser un courrier en ce sens à tous les Présidents de fédération
de chasse ainsi qu'aux dirigeants cynégétiques. Rappelons que depuis l'ouverture
de la saison de chasse, ce sont déjà (et encore!) plus de 30 accidents qui se
sont produits, dont 12 mortels. Le 4 novembre, c'est un enfant de 12 ans qui
est victime d'une partie de chasse.
Plus
de la moitié de ces accidents se produisant le dimanche, la méfiance s'est installée
chez de nombreux usagers de la nature qui n'osent plus sortir ce jour-là. Rappelons
que 58 % des Français sont favorables à l’arrêt de la chasse le dimanche (sondage
ASPA/BVA - octobre 2000)
Pour
permettre aux amis de la nature de se pro sans risque, en famille avec leurs
enfants le dimanche 24 décembre, l'ASPAS en appelle donc au sens des responsabilités
et du partage des chasseurs.
Elle
leur demande de faire un effort, au nom de la sécurité, pour que Noël demeure
uen fête. Alors les chasseurs sauront-ils
faire ce petit geste de respect des autres ?
Nous
voulons toujours y croire !
ASPAS
- BP 34 C26270 LORIOL -Contact presse - Olivier Rousseau, tel : 04 75 62 64
86
De
la Démocratie
Réflexions à partir de
l’élection présidentielle américaine
L’élection présidentielle
américaine a été l’aubaine des médias pendant le mois de novembre. Ce ne pas
sont les problèmes de comptage qui retiennent mon attention, mais la réalité
de ce qu’on met sous le mot “démocratie”.
En effet, l’on nous
cite aussi souvent les Etats-Unis comme le berceau et l’image de la démocratie.
(de brillants éditorialistes ont même estimé que cette faillite lamentable du
système de comptage des bulletins était une preuve de démocratie !).
Peut-on qualifier de
démocratie cette mascarade où ce sont les moyens financiers qui permettent de
faire une campagne électorale, et à l’un des pantins de deux puissantes machines
d’être élu ? Si on peut à juste titre parler de démocratie dans la pratique
politique des Etats-Unis, c’est dans le fait que moins de 50 % des citoyens
se déplacent pour cautionner cette mascarade. Mais quelle est l’intérêt de cette démocratie
: ne pas voter revient à laisser le champ libre à un homme, à une équipe, désignés
par moins de 25 % des citoyens, pour gouverner non seulement leur pays, mais
aussi le monde puisque c’est ainsi que les américains conçoivent leur rôle…
Mettons-nous dans la
peau d’un citoyen américain et demandons-nous devant quel choix nous étions:
D’un côté un homme compétent, de l’autre un homme “ limité ” intellectuellement,
de son propre aveu ! Or, c’est ce dernier qui est choisi. Peut-on qualifier
de démocratie ce système où est élu celui qui plaît le plus ? La philosophie
grecque, qui nous a légué ces critères de gouvernement, appelle ça la démagogie.
Le pire : ils avaient
tous les deux le même programme, pour être élus ; mais tout le monde sait qu’il
n’auraient cependant pas exercé le même pouvoir ni exécuté les mêmes décisions.
Les Etats-Unis vivent donc bien un système politique démagogique, dont il ne
faut surtout pas s’inspirer.
On entend souvent dire
que la démocratie, c’est le moins mauvais régime politique inventé par l’homme.
Cette formule est d’une mauvaise foi éhontée: la notion politique de démocratie
me semble effectivement la forme de gouvernement (action de gouverner) normale
d’une société humaine évoluée. Mais on est loin d’avoir inventé (est-ce d’ailleurs
possible ?) des pratiques et des institutions réellement démocratiques.
Or, c’est un véritable
défi qui se pose à nous, écologistes, ardents défenseurs de la démocratie directe.
Exemple : La voiture est un élément dangereux pour l’avenir du monde : si nous
posions cette question en référendum, il est évident (c.f. septembre) qu’une
énorme majorité rejetterait toute limitation de l’utilisation de la voiture.
Autre exemple : accepterait-on
une mesure indigne des valeurs humaines (la peine de mort, la mise à la porte
de tous les non-français…) dès lors qu’une majorité de citoyens se serait prononcé
pour ?
La démocratie est une
belle idée : le défi, c’est de la mettre en pratique. Or nous disposons d’un
laboratoire : c’est notre Mouvement. Si nous parvenions à faire fonctionner
le MEI en cherchant continuellement des pratiques qui nous semblent se rapprocher
le plus de la démocratie, nous pourrions en tirer des modèles à proposer à la
société.
Je pense d’ailleurs
que le socle d’une telle démocratie ne serait plus la mythique “Déclaration
des droits de l’homme”, ce si beau document sous couvert duquel les gouvernants
usent des pires exactions, mais une “Déclaration” non encore écrite.
Démocratie… pouvoir…
des chantiers toujours ouverts…
D. Bauduin
L'allocation de base universelle
Depuis longtemps ,les
écologistes défendent l'idée de l'allocation de base universelle (ABU). Celle-ci
s’inspire d'une idée généreuse et intéressante : déconnecter la lutte contre
l'exclusion du problème de l'emploi. Dans cette optique, chacun se voit attribuer
une allocation minimale attribuée indifféremment à tout le monde quelle que
soit sa situation.
On voit bien les avantages
d'une allocation versée à ceux qui passent à travers les mailles du filet de
la protection sociale à la française. Mais pour avoir tous les avantages de
l'ABU sans ses inconvénients, il faut soutenir l'impôt négatif. De quoi s'agit-il
? Il s'agit d'une prestation versée par l'Etat dès que le foyer fiscal passe
au-dessous d'un certain seuil inversement proportionnelle au revenu déclaré.
Tout le monde en France
est assujetti à l’impôt sur le revenu et le contrôle de ce qui passe par l'administration
fiscale est serré. On simplifierait l'administration puisque l'attribution et
la définition de l'assiette de la prestation seraient réalisées à travers une
opération qui de toute façon a lieu chaque année. La diminution du coût du travail
porterait uniquement sur le travail peu qualifié mais c'est sur ce Segment que
le chômage est le plus élevé.
Par contre, tous les
inconvénients de l'ABU seraient gommés : enrichissement des riches, fainéantise
: pas de mise l'impôt négatif ne touche que les plus pauvres. Pas d'impact sur
les lois sociales : il s'agit d'une disposition fiscale. Le coût est infiniment
moindre puisque il est centré sur les revenus les plus bas . Pour le chiffrer
avec précision, il suffit de connaître le nombre de foyers non imposables au
regard de l'IR et définir le montant de l'allocation considérée comme vitale.
Patrice Miran
Total-Fina blanchi par
la justice
Ainsi
en a décidé le tribunal de commerce de St Nazaire : "l'ordre ancien doit
continuer de régner".
Au
nom d'une lecture stricte de la loi, il a débouté la commune de Mesquer dans
son action en réparation contre le groupe TOTAL-FINA, et donné raison au grand
groupe industriel. Ce dernier peut donc continuer à tirer profit du commerce
des produits pétroliers. Inversement, les victimes et les contribuables sont
encore une fois condamnés à payer les dégâts humains, économiques et environnementaux
des marées noires.
Au
moins ce jugement a-t-il le mérite de remettre à sa place la véritable question
qui est de nature politique : l'Etat veut-il et va-t-il enfin assumer la responsabilité
qui lui incombe concernant la protection du territoire et de la population ?
La
proximité et le nombre des consultations électorales à venir - quatre au total
au cours des deux prochaines années - devraient permettre que cette question
soit posée. A n'en pas douter, les candidats qui briguent un nouveau mandat
auront à coeur de justifier devant les électeurs leurs choix politiques et budgétaires
passés et les enseignements qu'ils ont tirés des naufrages survenus depuis l'Amoco
Cadiz.
Pour
sa part, le Mouvement Ecologiste Indépendant attend avec intérêt le bilan de
la présidence française de l'Union Européenne en matière d'environnement et
de sécurisation du trafic maritime.
Jean-Rolland Lassalle
Les OGM et ... une dérive policière
Le semencier BIOGEMMA a expérimenté discrètement en 1999
le gène Ilstérilisator" sur une parcelle de maîs dans un champ de LONGUEJUMELLES
(Maine-et-Loire).
A l'initiative de membres de la Confédération paysanne
et du groupement des agriculteurs biologiques (GAB), une réunion publique a
été organisée à la mairie de la commune le 26 août, à laquelle participait une
délégation sarthoise du Collectif Stop-OGM (dont le MEI-Sarthe fait partie).
Les représentants de BIOGEMMA se sont efforcé de répondre aux questions
posées.
Au cours de cette réunion, les participants ont été photographiés
tant à l'intérieur de la salle qu'à la sortie par la gendarmerie. P u i s le
9 septembre, le maîs manipulé a été ramassé, broyé et arrosé de 1 i s ier par
des i n d i v i d u s non identifiés. Les enquêteurs découvriront une tache de sang sur une feuille de
maîs. Des tests ADN ont identifié un
sang féminin. Le procureur de la République
de Saumur a demandé aux gendarmes d'identifier les coupables du "saccage"
en soumettant les opposants aux OGM à un dépistage ADN. Plusieurs participants
à la réunion du 26 août sont alors convoqués par téléphone aux gendarmeries
proches de leurs domiciles ; ils sont priés de venir avec leurs compagnes ou
épouses,lesquelles sont priées de fournir de la salive pour analyse par des
tests ADN.
Le Collectif Stop-OGM de la Sarthe s'est réuni pour dénoncer
ces dérives policières ; jusqu'à maintenant les tests ADN étaient réservés aux
criminels !
Un débat public a été organisé au Mans, le jeudi 9 novembre
environ 200 personnes étaient présentes. Jean-Pierre BERLAN, directeur de recherches
à l'INRA de Montpellier et Claire BILLAUX, présidente du GAB du Maine-et-Loire
ont animé cette soirée qui a permis aux opposants aux OGM de fortifier leur
argumentation et aux autres d'accéder à la concertation.
Finalement, même si déjà les OGM sont largement employés
sur le continent américain, il n'est pas trop tard pour r é s i s t e
r à ces multinationales qui veulent asphyxier les cultures traditionnelles et
surtout interdire aux paysans des pays en voie de développement de continuer
leurs pratiques autonomes. Localement, la vigilance est de rigueur. Les interrogatoires se sont assouplis mais
le Collectif se tient prêt pour une nouvelle mobilisation de soutien.
Auguste HUBERDEAU Le MANS, Pays de La Loire.
Brèves