La lettre des

 La Lettre des écologistes

 

n° 44 - novembre 2000

 

 

sommaire

 

Sommaire

 

Editorial : Vache folle : peut-on avoir confiance en l’Etat ?(p.1)

A. Waechter soutient les journées mondiales végétariennes (p.1)

La carte de France  2000 des OGM est sortie (p.2)

 L’insecticide “gaucho” fait des ravages (p.2)

Pour une Charte des Droits Fondamentaux  (p.3)

Objectif printemps 2002 (p.3)

Actions : s’opposer aux nouveaux incinérateurs (p.4)

Au Conseil de paris, Laure Schneiter contre l’incinération (p.4)

 Les apiculteurs prennent la mouche (p.4)

Plus de 500.000 tonnes de cendres contaminées à la dioxine (p.5)

CNIID (p.5)

Moralité verte ? - Appel aux lecteurs - Le crétin des Alpes (p.6)

Brèves  : Une nouvelle réthorique pour la Banque Mondiale - Vers une autre société : les éco-villages - Nouveau naufrage, nouveaux mensonges - Contre l’heure d’été double (p.6)  Pollution atmosphérique - Agir pour l’environnement - Mac Donald exploiterait 400 enfants chinois - Des bouchons pour Kork - Golfech (p.7)

ça bouge dans les régions - Internet - Sommaire (p. 8)

Encart :  Bon de commande

 

Editorial :Vache folle : Peut-on avoir confiance en l’Etat ?

Les gardiens de la tranquillité publique nous ont affirmé qu'il n'y a rien à craindre de la vache folle en France puisque les farines animales ont été retirées de l'alimentation des bovins depuis plusieurs années. Face à l'accroissement des cas d'encéphalopathie spongiforme bovine dans notre pays, les pouvoirs publics, qui n'ont aucune explication satisfaisante à donner, manifestent un certain embarras mais n'abandonnent pas leurs certitudes et leur discours sécurisant. Le label "France" et la traçabilité tiennent lieu de politique.

Or, voilà qu'un rapport officiel nous apprend incidemment que les farines animales restent tolérées dans l'alimentation de nos laitières tricolores. Exit la garantie "France". Dans le même temps, l'apparition d'un cas d'ESB dans un élevage extensif en Lorraine nous révèle qu'un éleveur "sain" peut être piégé par des aliments pour animaux dont il ne peut connaître l'exact contenu : exit la garantie de la traçabilité.

 

L'interdiction des farines animales a un coût. L'hésitation du gouvernement en dit long sur ses motivations. Comme pour le sang contaminé, il soupèse la valeur de quelques vies humaines et choisit provisoirement de céder à un groupe de pression économique.

Aucune voix ne s'élève au sein du gouvernement pour plaider la vie contre la finance.

 

Une fois de plus, l'Etat est pris en flagrant délit d'abus de confiance.

Il ne reste alors au consommateur qu'à se fier à lui-même. Il est temps de déserter le système dominant, l'agriculture productiviste, les MacDo et le dumping des hypermarchés, pour appliquer ce vieux principe écologiste : moins mais mieux. Aujourd'hui, plus personne ne vous traitera de marginal si vous adoptez un consumérisme militant et ce sera la manière la plus efficace d'influer le cours des choses.

 

Antoine WAECHTER

 

Antoine Waechter soutient les journées mondiales végétariennes

 

Le  8 octobre, Antoine Waechter a rencontré en Haute-Saône des producteurs biologiques, des adhérents et des sympathisants du MEI. A cette occasion, il a donné une conférence de presse : “Les journées végétariennes sont une affirmation des libertés face à un gouvernement qui ne fait qu”envoyer des signaux liberticides. La pratique végétarienne est considérée comme sectaire alors qu’il s’agit de choix personnels. C’est réduire sa consommation de viande pour éviter le cancer ou lutter contre l’industrialisation, la “vache folle” et le “poulet  dioxine” en étant des conséquences.  Ce peut-être un choix économique (la viande coûte plus cher que les légumes) ou encore éthique : lutter contre les élevages intensifs et ne pas être complice du massacre”.

 

Communiqué : La carte de Frnce2000 des O.G.M. est sortie !

Le Mouvement Ecologiste Indépendant avait été le premier à rendre publique, en Octobre 1999, une carte de France complète des essais en plein champ de plantes transgéniques effectués au cours de la campagne agricole 1999. Nous récidivons aujourd’hui avec, en exclusivité, une carte de France complète des O.G.M. expérimentés dans nos campagnes au cours de l’année 2000.

Le total s’élève à 201 sites d’essais autorisés sur tout l’hexagone, auxquels il faut ajouter 1 essai dans un département d’outre-mer. Le tiercé gagnant est, cette année encore, la betterave (82 essais), le maïs (53 essais), et le colza (44 essais). Viennent ensuite le tournesol (6 essais), la pomme de terre (5 essais), le peuplier (3 essais), le tabac (2 essais), le soja (1 essai), la laitue (1 essai), la vigne (1 essai), la chicorée (1 essai), la fétuque (1 essai) et la ravenelle (1 essai), ainsi que le café (1 essai en Guyane). Les efforts portent donc toujours sur les grandes cultures industrielles. Cette année encore, les manipulations génétiques testées visent pratiquement toutes une augmentation de la productivité, en permettant à la plante, soit de sécréter un pesticide, soit de résister à un herbicide total produit par la même compagnie. Soulager l’humanité souffrante avec des aliments “ améliorés ” relève de la communication, pas de la réalité !

La Région la plus touchée reste Midi-Pyrénées (32 essais), battant de peu l’Aquitaine (31 essais), suivie du Centre (23 essais) et de la Picardie (23 essais). Les départements champions sont la Marne (16 essais), le Lot-et-Garonne, ex aequo avec le Tarn-et-Garonne (15 essais chacun), la Côte-d’Or (13 essais) et l’Oise (12 essais). Les Régions indemnes de sites d’expérimentation d’O.G.M. sont la Corse, la Franche-Comté, le Limousin et (nouveauté) le Languedoc-Roussillon. A l’inverse, quelques départements épargnés l’année dernière sont touchés cette année : il s’agit de l’Allier et de la Manche.

Ces essais ont fait l’objet d’une autorisation, donnée conjointement par les deux Ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. Au préalable, un dossier a été déposé à la Commission du Génie Biomoléculaire (C.G.B.), qui a rendu un avis, presque toujours favorable. Le secrétariat de la C.G.B., et donc le pouvoir de fait, dépend de la Direction Générale de l’Alimentation du Ministère de l’Agriculture.

On note pour la seconde année consécutive une diminution du nombre total de sites

 

Voir carte et tableau sur la page d'accueil. 

expérimentaux, qui est particulièrement sensible pour le maïs. Elle ne doit pas faire illusion. Chaque dossier d’autorisation déposé à la C.G.B. implique en effet de multiples essais, sur des sites différents. La montée de la contestation des O.G.M. et les destructions de parcelles expérimentales ont conduit à mieux cibler les essais, effectués dans des communes plus “ sûres ” : un même dossier d’autorisation concerne donc moins de sites qu’auparavant.

Les responsables de ces essais sont les multinationales des biotechnologies : Monsanto, Novartis, DuPont (Pioneer), Aventis (fusion de Rhône-Poulenc et Hoechst-AgrEvo)… mais aussi la recherche publique ! Cette dernière est désormais à la solde des intérêts privés, et le montre bien par la direction de ses efforts. Ainsi l’Institut National de la Recherche Agronomique (I.N.R.A.) teste à St-Cyr-en-Val, près d’Orléans, des peupliers transgéniques à teneur en lignine modifiée, intéressant les papetiers. Il est significatif que la nouvelle Directrice Générale de l’I.N.R.A., désignée en août 2000, soit Mme Marion Guillou, auparavant Directrice Générale de l’Alimentation, signataire en mai 1999 d’une note de service “ invitant ” illégalement les fonctionnaires de l’Agriculture à ne pas communiquer le nom des communes où des essais d’O.G.M. sont effectués (et où la C.G.B. a pourtant envoyé une “ fiche d’information destinée au public ”) !

Le M.E.I. croit qu’il n’y a rien à espérer d’un Gouvernement soumis aux lobbies. C’est pourquoi il met à la disposition des Municipalités un modèle de délibération, élaboré par des juristes, leur permettant d’interdire toute culture d’O.G.M. sur le territoire de leur commune. Cette délibération a déjà été votée par plusieurs Conseils Municipaux, notamment en Dordogne et dans le Loiret.

Michel Laval,

Vice-Président à l’Environnement

Tél & Fax : 01 45 11 82 11

 

L’insecticide “gaucho” fait des ravages

En décembre 1998, Serge GRASS, conseiller régional MEI, demandait “au Préfet et au Président du Conseil régional de Franche-Comté d'engager des démarches pour suspendre l'utilisation de l'insecticide "GAUCHO" à base "d'Imidaclopride". Ce produit de la société BAYER est utilisé sur les semences de tournesol. Il crée, selon les apiculteurs, des ravages sur leurs ruches. Les abeilles seraient atteintes de troubles du comportement et de la motricité. Les essais réalisés par la société chimique qui ont conduit à l'autorisation d'utilisation, présentaient de nombreuses lacunes : seule la toxicité aiguë a été vérifiée.

Le préfet vient de répondre à ce courrier pour faire connaître les décisions du ministre de l'Agriculture et de la Pêche sur ce sujet . Il a été décidé  de suspendre l'utilisation du produit incriminé sur tournesol pour un an dans deux départements (Indre et Vendée) et  de mettre en place une expérimentation grandeur nature supervisée par un comité de pilotage avec les syndicats d'apiculteurs, les scientifiques, les instituts techniques et la firme”.

L'histoire ne fait que se répéter ! Cette décision "d'essai en grandeur nature" est en contradiction flagrante avec le principe de précaution élémentaire. Elle est à mettre en relation avec l'autorisation de cultiver le maîs transgénique qui doit, elle aussi, être considérée comme "une expérimentation grandeur nature". Au nom de l'intérêt immédiat de quelques uns ces décisions irresponsables au regard de l'humanité sont inconcevables dans une démocratie. Comment des écologistes peuvent-ils, par leur présence au gouvernement, accepter de cautionner ces dérives totalement incompatibles avec l'éthique et la notion fondamentale de développement durable ?

Pour paraphraser Jésus lorsqu'il dénonçait les marchands du temple, on peut dire qu'aujourd'hui les multinationales, avec la complicité des pouvoirs successifs, de droite et de gauche, qu'ils soient singuliers ou pluriels, transforment la Maison des Hommes en repaire de brigands !

 

Serge GRASS

 

Pour une Charte des Droits Fondamentaux respectant les minorités

L’union européenne a mis en chantier une “ Charte des droits dans l’Union ”. Cette charte de 23 pages comprend 54 articles. Ceux-ci 

fondent les droits des citoyens européens sur un ensemble de valeurs :  dignité, libertés, égalité, solidarité, citoyenneté, justice. Il semblerait que l’établissement de ce document entre les différentes “ nations ” qui composent l’Union Européenne n’a pas été d’évidence. Les quinze devaient adopter cette charte au sommet de Biarritz des 13 et 14 octobre, et la signer au mois de décembre. Cette charte sera-t-elle

intégrée à une future constitution européenne ?

Après la seconde guerre mondiale, les fondateurs de l'union européenne se sont engagés successivement pour une Europe économique, politique et aujourd'hui sociale, respectueuse des droits de la personne humaine. Les problèmes de l'ex Yougoslavie ne sont pas encore réglés, la haine et l'écrasement dans chaque territoire des minorités culturelles et religieuses pas encore maîtrisés.

Une militante serbe des droits de l'Homme est menacée de "poursuite " par l'armée yougoslave. Natacha Kandic, présidente de la Fondation pour le droit humanitaire à Belgrade dénonce une stratégie de la peur. Les Albanais minoritaires sont poursuivis dans d'autres territoires de Serbie par l'armée serbe.

Le développement de la mondialisation actuellement risque d'écraser chaque jour davantage les plus faibles, les plus fragiles si un effort considérable n'est pas rapidement entrepris pour que chacun soit responsable de ses actes, respectueux de l'identité et de la différence de l'autre. Il ne saurait y avoir de "développement durable" sans reconnaissance de l'indispensable Solidarité qui doit être Mondialisée.

Un effort de compréhension et de respect mutuel est absolument nécessaire. Pour rassembler les peuples sur un projet commun, encore faut-il susciter ce désir de partager les richesses produites, protéger la Terre que nous ont transmis nos pères, et vivre ensemble, avec une éducation à la citoyenneté au respect de la dignité, de la Loi et des croyances de chacun et chacune, sans vouloir imposer les siennes, et une attention constante au milieu naturel, l'air, l'eau, la forêt.

Il est donc nécessaire que la Charte des Droits Fondamentaux soit incorporée au Traité de l'Union Européenne à l'occasion de la révision de celui ci. Cette Charte doit protéger les droits de toute personne résidant sur le territoire de l 'U.E. et doit ouvrir accès à la Cour de Justice Européenne à toute personne dont les droits sont protégés, qu'il s'agisse de droits économiques, sociaux, culturels, entendant par là  aussi les pratiques cultuelles librement décidées.

L 'U.E. doit donc, dans cette perspective, s'engager à promouvoir la citoyenneté qui est à la fois la connaissance de l'histoire, la connaissance et l'exercice des droits et des responsabilités, et la participation active à la vie de la cité. Elle doit donc créer les conditions de compréhension et sécurité permettant dans chaque état la connaissance et le respect des différences, par l'enseignement possible des langues régionales, des coutumes et cultures, les échanges et les contributions participatives à des actions communes pour la solidarité et le développement de la planète..

Comme le proposent P. Bèrès et C. Lalumière dans l’article X du projet de Charte : "toute personne aussi bien seule qu'en commun a droit de choisir, connaître et voir respecter sa propre culture ainsi que les cultures qui dans leurs diversités contribuent au patrimoine commun de l'Europe et de l'Humanité, d'accéder aux patrimoines culturels qui constituent des manifestations et des expressions significatives des différentes cultures, de participer librement sans considération de frontières à la vie culturelle à travers les activités de son choix."

Ce droit ne peut s'exercer que dans le respect de l'ensemble des libertés et droits fondamentaux, condamnant par là toute manipulation mentale ou rigidité abusive. Les Etats s'engagent à sanctionner tout manquement aux règles ainsi définies et adoptées démocratiquement.

 

M.H. Lienhardt

 

Objectif printemps 2002

 

 De l’Assemblée Générale de Saint-Quentin aux journées d’été de Prénovel, neuf mois se sont écoulés… neuf mois, le temps d’une gestation ? Toujours est-il que le MOUVEMENT ECOLOGISTE INDEPENDANT confirme sa vitalité.

Son avenir ne se décline pas en années civiles ou autres rendez-vous rituels : le MOUVEMENT ECOLOGISTE INDEPENDANT a rendez-vous avec le PRINTEMPS 2002, ou plus précisément les élections législatives et présidentielle.

 

La “ Lettre des Ecologistes ” s’efforcera de vous rendre compte de cette marche du mouvement vers cette étape, d’apparence un peu lointaine peut-être, et pourtant si proche, et de vous inciter à y prendre part.

Le MEI vit cette année 2000 frugalement ! Cette frugalité a permis de résorber les dettes qui nous handicapaient depuis les législatives de 96, et de savoir dès maintenant que le financement public de mars 2001 pourra être consacré à l’action externe du mouvement, ainsi qu’à un provisionnement pour ces fameuses élections. La négociation d’une ligne de crédit limitée va nous permettre de fonctionner jusque là.

Le Conseil National qui s’est tenu fin août à Prénovel a permis de recueillir 360 000 francs d’engagement de caution.

Nous invitons toutes les personnes qui accepteraient de se porter caution à en informer Gisèle NAUDIER. (le MEI n’aura peut-être pas besoin de tous les cautionnements ; G. Naudier prendra contact si nécessaire avec les personnes qui se seront proposées.)

Une ligne de crédit, c’est utile, pas de crédit, c’est encore mieux sur un plan financier. Le MOUVEMENT ECOLOGISTE INDEPENDANT lance donc, à partir de maintenant jusqu’à avril 2002, une campagne de dons “ OBJECTIF PRINTEMPS 2002 ”. Certes, les proches ont déjà beaucoup donné : cela veut dire que chacun agit selon ses possibilités, mais surtout qu’on peut maintenant solliciter autour de nous, en présentant un mouvement en marche, et en expliquant l’objectif de cet appel.

La “ Lettre des Ecologistes ” vous informera régulièrement de l’état de cette campagne.

 

Actions : s’opposer aux nouveaux incinérateurs

 

La Lettre des Ecologistes  a reçu plusieurs communications de membres du Mouvement Ecologiste Indépendant au sujet de leurs actions contre l’incinération.

Au Mans : “ L’usine d’incinération du Mans et le droit à l’information ” est le titre d’une plaquette d’information de 54 pages, éditée par U3C-Sarthe (Union Civique des Contribuables Citoyens de la Sarthe) et rédigée par A. Huberdeau et R. Humbert. Le sous-titre de cette plaquette “ ou l’art de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ” illustre l’objectif de ce travail : donner une information fiable sur les réels dangers de l’installation de La Chauvinière, au Mans, face à la désinformation officielle.

Cette plaquette peut être commandée à : U3C-Sarthe 33 rue F. Cevert 72100 Le Mans, au prix de 30 F. l’unité (franco de port).

 

A Paris : L. Schneiter s’est opposée à la création d’une nouvelle usine d’incinération à Issy-les-Moulineaux. Outre les rejets toxiques dus à l’incinération, le MEI note que le projet prévoit 55 000 tonnes de tri contre 460 000 tonnes d’incinération ! (humour ? l’usine ne produira pas de panache de fumée “ pour ne pas gêner les hélicoptères ” et ne pas inquiéter les riverains… il faut quand même oser écrire ça !)

 

En Haute Saône : 700 manifestants étaient dans la rue le 4 novembre pour dire non à un plan départemental déchets qui prévoit un incinérateur de 80.000 tonnes, alors que le volume  des déchets ménagers du département ne dépasse pas la moitié. Non à la dioxine, au gaspillage, et oui au recyclage ... à suivre.

 

Au Conseil de Paris, Laure Schneiter contre l’incinération : Paris est la ville qui produit le plus de déchets et recycle le moins

Il fallait fermer l'actuelle usine d'incinération d'ordures ménagères d'Issy les Moulineaux. 

Mais, la capacité de la nouvelle usine, 460.000 tonnes d'ordures ménagères, bien qu'en baisse, reste trop importante, alors que les objectifs de réduction des quantités de déchets et recyclage sont très insuffisants : 55.000 tonnes de tri contre 460.000 tonnes d'incinération !

Paris reste la ville qui produit le plus de déchets par habitant et qui recycle le moins.  Le tri sélectif, après avoir stagné à 3 % ne fait que de timides progrès dans les secteurs de quelques arrondissements.  C'est désolant, alors que 80 % des ordures ménagères sont recyclables et qu'il y a toute sorte de moyens pour y parvenir.

La capacité de cette usine aurait pu être réduite de moitié, en mettant en place un politique efficace de tri des déchets.  Et pourtant, le président du SYCTOM déclarait en 1992 : “ une politique sérieuse en matière d'ordures ménagères consiste à ne pas construire d'usine d'incinération quand on peut l'éviter ” !

Si l'on multiplie les usines d'incinération, il n'y aura jamais une politique de tri vraiment efficace des déchets.

Outre, le gaspillage de matières premières qu'elle représente, l'incinération, c'est aussi la production de résidus et de rejets polluants, et contrairement à ce que prétendent ses constructeurs, il n'y a pas d'usine d'incinération “ propre ” ! Elle rejette notamment de la dioxine dans l'air.

Le Centre National d'information Indépendante sur les Déchets (CNIID), estime, pour la nouvelle usine d'Issy, les émanations de dioxines à 0,3 g par an, en admettant qu'elle soit aux normes. 0,3 g par an, cela paraît peu, mais il faut savoir que chaque molécule toxique de dioxine se mesure en nanogramme ; la norme est en fait de 0,1 nanogramme/m3, car même à doses infinitésimales, la dioxine est un poison violent et cancérigène.

Par comparaison : le scandale du poulet belge était dû à des doses de 0,04 g de dioxine introduite dans cette alimentation, donc des doses 10 fois moins importantes que la dioxine qui sera rejetée à Issy les Moulineaux.

Je note en passant que l'exposé des motifs a le mérite d'admettre, pour la première fois, que l'usine rejettera des dioxines et des furanes.  Jusqu'à présent, on nous expliquait qu'il n'était question que de vapeur d'eau !

Ce projet, en revanche, garde le silence sur la qualité de l'air des habitations les plus proches de l'usine (villes d'Issy, Boulogne et Paris).  N'oublions pas que le 15ème arrondissement et l'hôpital Georges Pompidou sont situés sous les vents dominants de sud-ouest par rapport à l'usine.  Les 500 camions bennes se rendant à l'usine chaque jour contribueront, eux aussi, à polluer et encombrer les rues d'un quartier en permanence embouteillé.

Avec l'incinération, il n'y a pas que le problème de la dioxine rejetée par les cheminées ; les résidus solides inutilisables et d'autres polluants se retrouveront dans les mâchefers que l'on utilise comme matière première pour les travaux publics.  Les mâchefers contiennent des polluants qui contaminent les sols et les nappes phréatiques.  Et tout cela, dioxine comprise, se retrouvera dans la chaîne alimentaire et dans tous les organismes vivants jusqu'au Pôle nord !

 Personne n'a le courage de brusquer les électeurs, en lançant une véritable politique de tri de recyclage, et pourquoi pas de compostage.  Parce qu'il ne suffit pas d'écrire dans un Plan Départemental d'Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés, qu'il y aura des objectifs de recyclage.  Il faut ensuite mettre en place les infrastructures pour les atteindre...

De toute façon, les plans départementaux ne prévoient qu'environ 20 % de recyclage et les Conseils Municipaux concernés savent déjà qu'ils ne pourront pas les atteindre avec les moyens actuels dont ils disposent.

 

Les apiculteurs prennent la mouche

Albert Einstein disait : "Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre : plus d'abeille, plus de pollinisation, plus d'herbe, plus d'animal, plus d'homme".

Les apiculteurs de Provence tirent la sonnette d'alarme : les insecticides, herbicides et tous les produits phytosanitaires utilisés en agriculture agressent les insectes et menacent leur survie. Ce n'est pas seulement les capacités de production de miel qui sont concernées par cette disparition d'abeilles en grand nombre, mais bien la dégradation de l'environnement. Les apiculteurs se sont donc regroupés pour en appeler à l'opinion publique. Ils demandent concrètement la révision des procédures d'homologation des produits phytosanitaires et le retrait de tous les produits systémiques à très longue rémanence. C'est le cas du traitement dont on enrobe les graines de tournesol ou de maïs et dont on retrouve la matière active (imidaclopride) trois mois après dans le pollen ou le nectar des fleurs.

Précisons que c'est à Cormery (37320 Indre et Loire) que se situe l'usine de conditionnement du produit GAUCHO dont la firme Bayer détient les droits de commercialisation sur la matière active (imidaclopride).

Plus de 500.000 tonnes de cendres contaminées à la dioxine servent à fabriquer des routes (CNIID Infos - N' 4 / 2e trim. 2000)

LE 5 avril le CNIID a rendu public un rapport du ministère de l'Environnement faisant état d'une contamination des cendres d'incinérateurs par les dioxines. Alors que le ministère de l'Environnement communique beaucoup sur les dioxines sortant des cheminées d'incinérateurs, ce rapport sorti et consciencieusement enterré en mars 1997 apporte la preuve que les incinérateurs rejettent également des dioxines par les cendres toxiques qu'ils produisent (1).

 

“ Pendant que tout le monde a le nez en l'air à admirer les vrai-faux chiffres des dioxines sortant des cheminées d'incinérateurs, le ministère de l’environnement évacue chaque année ni vu ni connu des centaines de milliers de tonnes de cendres toxiques contaminées aux dioxines pour fabriquer des routes ou servir de remblai. ” a déclaré Pierre Emmanuel Neurohr, directeur du CNIID. “ Or depuis trois ans, le ministère de l'Environnement sait que ces cendres sont contaminées aux dioxines... ”.

Bien qu'une circulaire de mai 1994 interdise leur utilisation “à moins de 30 m d'un cours d'eau”, ces cendres sont officiellement et depuis cette date considérées comme globalement "valorisables" en travaux routiers, et peuvent donc être maniées sans aucune précaution particulière par des engins de chantier.

Cette "valorisation", qui consiste, si on veut bien parler français, à éparpiller des cendres contaminées à la dioxine, prend des formes diverses et variées et se pratique dans à peu près toutes les régions de France.  Ainsi, dans l'Est de la France (Meuse), l'incinérateur de Tronville brûle des déchets ménagers et des déchets hospitaliers.  Il a trouvé un débouché pour ses cendres à la dioxine car il expérimente actuellement un “chantier-pilote”... en déversant des centaines de tonnes à proximité du village de Tronville sur des chemins forestiers.  Cela doit certainement "valoriser" les promenades du dimanche.  En Bretagne, l'incinérateur de Pluzunet a même fourni ses cendres à la dioxine à des agriculteurs.  En région parisienne, qui a pratiquement tout misé sur l'incinération, l'Observatoire régional des déchets d'Ile-de-France (Ordio estime que l'incinération produit plusieurs centaines de milliers de tonnes de cendres, dont la majeure partie est "recyclée" pour fabriquer des routes).  Là non plus, aucune prise en compte de leur contamination par les dioxines.  Dans le sud de la France, à Sète, l'incinérateur est littéralement en train de disparaître sous ses propres déjections.  Des montagnes de cendres se sont formées, mais personne n'a été informé du fait qu'elles contiennent des dioxines.

Officiellement, à peu près la moitié de ces cendres à la dioxine est envoyée dans de simples décharges d'ordures ménagères, sans plus de précautions, mais les industriels font actuellement pression pour développer au maximum la "valorisation" dans la fabrication de routes.

En effet, la mise en décharge coûte plusieurs centaines de francs par tonne, tandis que s'en débarrasser auprès d'entreprises de travaux publics est gratuit.  Avec plus de 3 millions de tonnes de cendres produites chaque année par les incinérateurs français, les bénéfices espérés approchent le milliard de francs.

M. Neurohr a demandé solennellement à Dominique Voynet “d'arrêter immédiatement tout déversement dans la nature de ces cendres à la dioxine”.

 

(1)Etude des caractéristiques intrinsèques de certains déchets des usines d'incinération d'ordures ménagères et de déchets industriels spéciaux, Ministère de l'Environnement et Tiru, mars 1997.

 

Il y a 20 ans, la France produisait de l'ordre de 10 millions de tonnes d'ordures ménagères chaque année.  Aujourd'hui, ce chiffre a plus que doublé, et la tendance reste inchangée : nous produisons de plus en plus de déchets.  Or, ce problème n'est pas seulement esthétique, il s'agit avant tout d'une question essentielle de santé publique, en d'autres termes notre santé et celle de nos enfants. En effet, tôt ou tard, les déchets sont en grande partie envoyés "dans la nature" : dans l'air, par les cheminées d'incinérateurs, dans l'eau de consommation via les nappes phréatiques contaminées par les décharges.  Puis la nature en reconcentre une partie dans la chaîne alimentaire.  En l'occurrence, la vache constitue, malheureusement, un très bon exemple.  En broutant l'herbe de prés "arrosés" par des incinérateurs de déchets par exemple, elle va concentrer dans ses graisses les dioxines déposées par les vents.

A l'arrivée, c'est dans notre assiette et dans notre verre de lait, puis dans notre estomac, que se retrouvent les contaminants.  Ce phénomène, appelé bioaccumulation, est particulièrement actif pour l'être humain car nous sommes en bout de chaîne alimentaire.  En termes de santé publique, les résultats peuvent être significatifs.  Ainsi, le Comité de la prévention et de la précaution, organisme officiel dépendant du ministère de l'Environnement, a estimé qu'au minimum 1800 personnes meurent du cancer chaque année en France à cause des dioxines.

Encore récemment, nous avons révélé l'ampleur de la contamination du poisson par les dioxines (le 14 mars), preuves à l'appui, ainsi que le déversement de cendres toxiques issues de l'incinération un peu partout en France, y compris sur des chemins forestiers (le 5 avril).  De plus, le mois dernier, le ministère de l'Environnement américain a revu à la hausse le danger que représentent les dioxines, particulièrement en ce qui concerne la mortalité par cancer.

Les océans ne sont pas épargnés, puisque même les dauphins de Méditerrannée accumulent les dioxines dans leurs graisses, ainsi que d'autres polluants générés par l'homme, avec comme conséquence des atteintes potentielles à leur système immunitaire.

Afin de garder son indépendance, le CNIID tout argent de l'industrie et du gouvernement.  Beaucoup de gens nous félicitent pour notre travail.  Cela nous fait plaisir, mais si vous n'adhérez pas, le CNIID risque de fermer.. Votre contribution est essentielle.

 Merci d'adhérer au CNIID  51 rue du Fbg St-Antoine 75011 Paris

Tél. 01 55 78 28 60 Fax: 01 55 78 28 61 Tél. portable: 06 12 11 04 51

e-mail : info@cniid.org Site: wwwcniid.org

 

Moralité verte ?

 

Aujourd'hui, la bouche en coeur Madame Voynet, Monsieur Mamère et autres Verts se font les chantres de la moralité en politique. Ils demandent que la lumière soit faite sur les accusations portées par Jean-Claude MERY contre Jacques CHIRAC. Outre l'impasse qu'ils font sur les révélations qui concernent aussi leurs alliés socialistes, il paraît judicieux de rappeler que ce faux semblant d'exigence morale n'a pas toujours été de mise.

En 1994 Madame VOYNET, alors conseillère régionale de Franche-Comté, volait au secours de l'exécutif UDF-RPR du conseil régional qui avait falsifié des délibérations. Madame  la future ministre avait alors exigé publiquement la démission de son collègue Serge GRASS, Vert lui aussi, qui avait dénoncé ces dérives qui furent qualifiées de crimes par le Code pénal.

En 1996  la Chambre régionale des Comptes confirmait les "doubles transcriptions de délibérations".  Les représentantes des Verts et de la formation de Monsieur MAMERE présentes dans l'assemblée ont alors fait preuve d'un mutisme absolu malgré un préjudice public annoncé de 24 millions de francs. A cette époque, pas si lointaine, la lumière n'intéressait visiblement pas nos chevalières et chevaliers blancs. Mais  ces gesticulations et opportunes solidarités, si elles ne sont pas très morales, sont fort utiles pour faire carrière en politique.

                        Serge GRASS

77 grande rue 25360 Nancray

T. 03 81 55 21 67 - F 03 81 55 20 09  E-mail : sergrass@club-internet.fr

 

Appel aux lecteurs

 

Les communications des uns et des autres enrichit la réflexion de l’ensemble du Mouvement, et il est  positif que des articles appellent des réactions complémentaires. La Rédaction souhaiterait actuellement recevoir des contributions sur des sujets comme la santé, la Corse.

Petit journal des réfractaires au développement, édité par Jean-Michel Corajoud, Agy 74300 Saint-Sigismond.

Le numéro 4 d’octobre 2000 porte sur le monde rural et la notion de développement, avec des extraits de livres de P. Gevaert, de M. Métrailler et M.M. Brumagne.

 

 

 

Brèves

 

Nouvelle rhétorique pour la Banque Mondiale

 

Dans son dernier rapport sur le développement mondial 2000-2001, présenté comme un revirement à 180° par rapport à ses positions traditionnelles, la Banque Mondiale reconnaît la nécessité d'un plan global visant à satisfaire les besoins des populations pauvres en réduisant considérablement leur pauvreté.

Il aura donc fallu conduire une étude pendant 2 ans, réunir les commentaires personnels de 60.000 hommes et femmes vivant dans des conditions de précarité dans 60 pays, pour parvenir à une pleine compréhension de la pauvreté et de ses causes.  Parmi les propositions que la Banque Mondiale présente dans le cadre de cette nouvelle perspective, se trouvent la promotion des opportunités économiques pour les pauvres sous forme d'une croissance équitable, l'amélioration de l'accès aux marchés et de plus importantes ressources financières. Aucune mention, toutefois, de la question de l'annulation de la dette étrangère des pays pauvres.

Ana Petifor, directrice de Jubilee 2000, une coalition d'organisations non-gouvernementales, reste convaincue que la rhétorique d'amitié avec les pauvres, récemment proposée par les  FMI et Banque Mondiale demeure vide de sens : d'une main on invoque la réduction de la pauvreté, et de l'autre main on encaisse des millions de dollars de remboursement de dette étrangère.

par Joachim Oramas

  

Vers une autre société : les éco-villages

 

Depuis des siècles, voire des millénaires des hommes ont rêvé d'un monde meilleur. Les hommes se sont réunis en communautés : Cités radieuses, Auraville...  ces exemples vécus ont fonctionné, mais sans pour autant modifier le comportement des populations environnantes : ces “étranges étrangers” n'étaient pas des leurs. Ces expériences multipliées pourraient aider à  rééquilibrer une société victime d'un productivisme dément. Les Eco Villages démontrent que l'on peut parfaitement et confortablement vivre en autarcie énergétique, alimentaire...  grâce à une utilisation judicieuse des énergies renouvelables.

Ceci étant presqu’impossible en ville, qu’en est-il dans le milieu rural traditionnel ? On assiste actuellement à des tentatives de municipalités pour implanter des commerces alimentaires afin que leurs villages moribonds revivent.

 

Ces commerces indépendants des multinationales seraient énergétiquement et alimentairement autonomes. Ainsi ce mode de vie cesserait d'être étranger à une population amenée à s'y ravitailler et s'y réunir.

Il ne s'agira plus de devoir gagner plus, mais de vivre à moindre frais. Cette logique va à l'inverse du marché mondial actuellement imposé. Que les locaux municipaux s'équipent ainsi, ce serait un premier pas, le second étant d’agir au niveau de l'école, misant sur les générations futures qui pourraient apprendre l’Esperanto.                                       Jacques MORIN

 

 

Nouveau naufrage, nouveaux mensonges

 

Ce soir sur FR3 le capitaine de frégate Erulin déclarait sans rire à une question sur les risques pour la faune maritime : “le seul risque c'est que le poisson risque d'avoir mauvais goût“ . Quel mauvais goût de la part de ce capitaine qui vient comme "spécialiste" rassurer les français. 

On nous raconte qu'il est difficile de se mettre d'accord au niveau européen et plus encore au niveau international pour établir des règles communes. De même nous manquons de fonctionnaires pour assurer les contrôles. Pourtant la France trouve les moyens pour contrôler si les touristes ne ramènent pas de leurs voyages exotiques des contrefaçons de produits de luxe. Autrement dit pour défendre les intérêts de quelques uns, l'Etat trouve les moyens nécessaires, mais pour protéger l'intérêt publique il ne peut rien faire. Cette caricature démontre les priorités de ceux qui nous gouvernent qu'ils soient de gauche ou de droite ... les copains d'abord ...

Serge GRASS

 

Contre l’heure d’été double

 

L'Association contre l’heure d’été double (A.C.H.E) mène une campagne active auprès des pouvoirs publics et des élus de la nation afin que la France revienne sur ce système de la double heure d'été qui n'a pas d'avantages économiques, nuit aux transports et à la sécurité routière mais surtout provoque des difficultés graves vis-à-vis du sommeil, du travail et perturbe le rythme biologique des enfants.

Elle met à la disposition du public une docu-mentation sur les effets néfastes du décalage horaire et propose des pétitions à adresser à l'ensemble des responsables de la vie politique afin que le bon sens et la santé des citoyens triomphe des aberrations de la technocratie.

A.C.H.E 14, avenue de Saint Germain

78160 MARLY LE ROI

 

 

 

Pollution atmosphérique

 

Ecologie sans frontière menace le gouvernement d'une série de procès si des dispositions ne sont pas prises pour informer les Français des dangers de la pollution atmosphérique et tenter d'y remédier.

Dans une "Mise en demeure", l'association reproche aux pouvoirs publics d'avoir laissé dormir pendant plus d'un an un rapport alarmant de l'Agence de l'Environnement et de la maitrise de l'Energie (Ademe).

Selon cette étude, qui vient d'être publiée par la revue médicale britannique "The Lancet", la pollution atmosphérique serait à l'origine en France de 31.700 décès pan an, de 500.000 crises d'asthmes, et de plus de 16 millions de journées d'incapacité de travail.

La pollution engendrée par la circulation automobile serait à l'origine de plus de la moitié des cas répertoriés. L'évaluation des conséquences financières de cette pollution, en termes de santé publique, serait supérieure à celle des accidents de la route, avec 37 milliards de francs par an, (contre 32), souligne le rapport. "Mais il apparait que la population française n'a manifestement pas eu connaissance de l'ampleur des risques".

Parlant de "carence" et de "retard fautif", l'association pourrait ainsi saisir la Cour de justicede la République, seule habilitée à juger des responsabilités  ministérielles.

Paris (Reuters)

 

 

Agir pour l’environnement

 

“Agir pour l’environnement et les onze associations qui ont lancé la campagne “ Erika, la marée noire de trop! ” demandent à l'Union européenne de ne plus autoriser les pétroliers obsolètes ou à simple coque et d'obliger les affréteurs à souscrire un contrat d'assurance pour les dommages économiques, sanitaires et écologiques.

Simultanément, le projet de directive européenne sur les OGM en cours de négociation est beaucoup trop laxiste.  Il ne traite pas la responsabilité civile des entreprises agroalimentaires, il ne prévoit l'élimination progressive des gênes de résistance aux antibiotiques que d'ici 2005, par exemple.  Les arbitrages ultimes seront faits d'ici la fin de l'année.  Qui l'emportera : les citoyens-consommateurs ou les multinationales ?

Par ailleurs, les 160 pays signataires du protocole de Kyoto, accord visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre par les pays industrialisés, préparent la réunion internationale de novembre à la Haye. Celle-ci doit concrétiser l'application du protocole et un échec des négociations aurait des effets catastrophiques sur les climats.  L’Union européenne y jouera un rôle crucial.

D'autres préoccupations sanitaires et environnementales émergent dans la société.  Ainsi la pollution électromagnétique due aux rayonnements haute fréquence émis par les antennes-relais sur les toits d'habitation fait l'objet d'un débat à l’Assemblée Nationale.  Des rapports tirent la sonnette d'alarme sur la pollution de l’eau et même de l’air dans plusieurs régions françaises à cause de l'emploi massif des pesticides par une agriculture intensive. Il faut agir pour l'élaboration d'une loi efficace sur la gestion de l'eau et la taxation des pollueurs.

Agir pour l’environnement suit activement ces dossiers d'actualité, et prépare ses prochaines campagnes en concertation avec ses partenaires, pour interpeller les décideurs politiques et économiques concernés.”

Chaque campagne trimestrielle de pression est l'occasion d'attirer l'attention et de sensibiliser les responsables à l'importance d'une politique préventive de long terme.  Le travail est donc immense et en nous soutenant régulièrement -comme le font plus de huit milles autres signataires d’Agir pour l'Environnement- vous oeuvrez en ce sens. 

Agir pour l'Environnement   97, rue Pelleport 75020 Paris Tél. 01 40 31 02 37 - Fax: 01 40 31 02 39 - Email : ape@globenet.org - site web: http://www.globenet.org/ape/

 

 

Mac Donald exploiterait 400 enfants chinois

 

La majorité des 400 travailleurs qui produisent les jeux destinés aux Joyeux Repas (Happy Meals dans les restaurants français) des McDonalds n'ont pas encore 14 ans. La journée de travail est de 16 heures tous les jours de la semaine et ils dorment entassés dans des chambres tout près de la manufacture. Cette fabrique a été découverte par le South China Morning Post grâce à une information du Comité Industriel Chrétien dont le siège est à Hong Kong. La fabrique City Toys est située aux environs de Shenzhen dans le sud de la Chine. Les jeunes ont seulement deux jours libres par mois mais ils ne peuvent sortir de la zone parce qu'il n'y a aucun transport vers la ville.

Les dortoirs ont une surface de 18 mètres carrés, sans services sanitaires et les lits n'ont pas de matelas. Quinze jeunes dorment dans chaque pièce. Une jeune travailleuse a raconté au journaliste qu'elle n'avait pas encore 14 ans mais qu'elle avait reçu de l'aide pour falsifier ses documents d'identité.

Le plus étrange selon le représentant du syndicat c'est que tous dans la région savent que ces jeunes falsifient les documents pour augmenter leur âge, même si on peut voir facilement qu'ils n'ont pas 12 ans.

Les jeunes travailleurs de City Toys racontent que les symptômes les plus communs sont : les crampes, les douleurs à la poitrine, les maux d'estomac et de tête, des étourdissements permanents de même que des infections bronco-pulmonaires, des diarrhées et des parasites.

Mats Lederhausen, membre de la direction internationale de McDonalds s'est montré très surpris de la découverte de la fabrique même si les jouets pour les Joyeux Repas sont commandés directement à la Chine...

Source "Protesta" & Sources South China Morning Post, Août 2000

 

Des Bouchons pour Kork

 

Vos bouchons de liège sont trop précieux pour la décharge ! Le centre pour épileptiques de Kork, en Allemagne, recycle les bouchons, notamment comme isolants thermiques et phoniques. Il participe à la protection de la nature et crée des emplois pour personnes handicapées.

De nombreux points de collecte existent déjà en Allemagne et dans l’Est de la France.

Roland Cheney

17 rue vauban 67000 Strasbourg

 

Golfech, le nucléaire :

600 pages format 17x25 - 240 illustrations

100F port compris

A commander à CRAS

BP 492 - 31010 Toulouse cedex 06

 

 

Internet

 

Visitez le nouveau site du M.E.I.

http://www.mei-fr.org

Contact : Alain Bertrand - L'age - 87110 Le Vigen

Tél 05 55 30 10 01 Fax. 05 55 30 10 01

 

ça bouge dans les régions

 

Actions : Le fuel de l’Erika, nième épisode:

Le 8 septembre, le “ Mélide ” accostait au Havre afin de décharger le fuel pompé dans l’épave pour qu’il soit brûlé à la raffinerie de Gonfreville. L’Association des Bénévoles de l’Erika saisissait alors avec succès le TGI du Havre pour effectuer des prélèvements par huissier.

La réaction de Total a été immédiate : l’ABE a été assignée afin de restituer les échantillons prélevés. L’association devait passer en audience le 24 octobre au Sables d’Olonnes et le 7 novembre au Havre.

R. PULPITO (membre du MEI ; Président de l’Association des Bénévoles de l’Erika 251 rue du pont de pierre 59600 Maubeuge)

 

Paris :

Juridique : Suite à la requête déposée par l’Association de Défense des piscines Molitor, M. J.Y. Mano (PS) et Mme L. Schneiter (MEI), le tribunal administratif, dans son jugement du 5 septembre 2000 a décidé d’annuler une délibération de la Ville de Paris (signature de deux marchés de maîtrise d’œuvre).

L’exposé des motifs est particulièrement intéressant. Le TA a considéré que les élus “ n’ont pas été mis à même de se prononcer en toute connaissance de cause sur le projet qui leur était soumis dans les conditions leur permettant de remplir normalement leur mandat ; que par suite, le Maire de Paris a porté atteinte aux droits et prérogatives ” des Conseillers de Paris concernés.

L. Schneiter est également intervenue à propos d’aménagements en faveur des vélos, sur le programme décevant en faveur des bus, sur les problèmes de déplacement et d’accessibilité (voierie, berges de la Seine, certains bus) pour les personnes handicapées.

 

 

 

La Lettre des écologistes

 

n° 44 - novembre 2000

 

18 Ruelle aux Voeux - 70150 PIN

Routage 206 Dispensé de timbrage

 

Mensuel d’information du Mouvement Écologiste Indépendant

Prix du numéro : 7 F / 1,1 Euro - Abonnement 1 an : 80 F / 12,2 euro

Siège social : 7, rue du Vertbois - 75003 Paris

Courrier : 34, Chemin du Pont d’Y 44600 Saint Nazaire

Tél. 02.40.91.91.92 Fax : 02.51.10.86.23

Email : mei.net@wanadoo.fr

Réalisation et abonnement : 18, ruelle aux voeux 70150 PIN

Tél./ Fax 03 81 58 09 12

Directeur de Publication : Dominique Bauduin

Tél. 02 33 05 38 58 Fax 02 33 57 18 00

Directeur  technique: Patrick Viot

Tél./ Fax 03 81 58 09 12  Email : patrickviot@aol.com

Comité de rédaction :

Dominique Bauduin, Jean-Luc Dumesnil, Jean-Rolland Lassalle,

Patrice Miran, Patrick Viot, Antoine Waechter

Imprimé par le MEI - TIRAGE 5000 exemplaires sur papier recyclé

CPPAP n°1200 P 11182 - ISSN 1277-6092

 Dépôt légal n° 1696-69