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Fumel, le 24 mai 2003


Communiqué de Presse

LES RETRAITES : UNE REFORME A REFORMER

La réforme des retraites engagée par le Gouvernement procède d’une vision à court terme, ne permettant pas de régler durablement et dans un esprit d’équité ce problème, qu’il est pourtant nécessaire de traiter.

En inscrivant ce projet dans une perspective de croissance économique, le gouvernement prend la lourde responsabilité de générer des problèmes très importants pour les générations futures, sans régler le problème des retraites. La croissance économique s’établit uniquement sur des critères de surproduction et de surconsommation provoquant un gâchis des ressources naturelles, créant des besoins artificiels et plongeant une population croissante dans le surendettement. Cet illogisme a pour seule finalité d’accroître le profit économique d’une infime partie de personnes. Un Gouvernement soucieux du bien être de chaque individu, respectueux de la Terre et soucieux de l’avenir des générations futures doit cesser cette politique économique et sociale, pour prendre la voie de la décroissance soutenable.

La réforme des retraites doit reposer sur les principes qui fondent notre République.
Le premier principe consiste à garantir l’égalité de tous dans les durées de cotisations, dans le droit et le départ à la retraite. Ce droit doit demeurer identique pour tous, tout en prenant en compte les métiers pénibles qui doivent bénéficier d’un départ avancé.
Pour autant, la liberté doit permettre à chacun de continuer à œuvrer dans la vie active au-delà de l’âge légal, si cette décision ressort de son choix, et non de la contrainte de besoins financiers pour vivre. La retraite minimum doit donc être basée sur le SMIC.
La fraternité ne peut s’incarner que si elle s’inscrit dans le système de répartition, seul modèle garantissant la solidarité entre les générations. Le système de la capitalisation là encore ne peut résulter que d’un choix personnel, en complément de la retraite de base.

Chacun a le droit de travailler pour subsister, mais les profits se font actuellement sur la suppression du travail salarié.
Cette réforme serait incomplète si son mode actuel de calcul reposant sur les salaires n’était pas revisité. Les avancées technologiques et la robotisation ont réduit la masse salariale, surtout pour les très grandes entreprises. Elles font apparaître une inégalité de traitement entre d’une part les commerçants, les artisans et les petites entreprises, et d’autre part, les multinationales qui recherchent des profits exorbitants et spéculent en bourse. Dans un souci d’égalité, le Gouvernement a le devoir de chercher des financements plus équitables, et adaptés à l’économie de ce 21ème siècle.

La réforme des retraites ne doit pas se cantonner au simple jeu que nous offre le Gouvernement en organisant une négociation de marchandage. Elle concerne l’ensemble de la population et conditionne notre avenir et celui des générations futures. Si la rue ne gouverne pas, le gouvernement en est issu, et il revient aux électeurs de s’exprimer par voie référendaire sur ce projet de société.

Didier GUSSE
Vice-président aux questions de société

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