Notre force, c’est notre indépendance !

 

Président : Antoine Waechter - Toile : http://www.mei-fr.org

 

(Communiqué)                                                                                                           le 10 décembre 2000                                                                                                  

 

ALPES MARITIMES :

LES LOUPS FRANÇAIS PRIS  ENTRE DEUX FEUX ?

 

Après les braconniers d’Allevard, c’est au tour du préfet des Alpes Maritimes de se payer un loup. Au moins a-t-il eu le courage de signer son acte en autorisant le tir d’un loup sur la commune de Venanson, dans le massif du Tournairet au dessus de St-Martin-Vésubie. Il s’appuie en cela sur un protocole cosigné cet été par les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement.

 

Cette décision renie les engagements pris par la France lorsqu’elle a ratifié la convention de Berne sur les espèces menacées. Le Mouvement Ecologiste Indépendant rappelle que le territoire français n’abrite guère plus d’une vingtaine de loups : ceux-ci sont encore aujourd’hui en pleine phase de recolonisation du Massif Alpin. Les derniers comptages de loups dans le Mercantour laissent présager le pire : les populations auraient été divisées par deux cet été.

 

Les Ecologistes Indépendants dénoncent l’Etat qui autorise le tir « légal », alors qu’il laisse les braconniers agir en toute impunité. Les montagnes françaises rejoignent la liste des zones de non-droit ! La France est le seul pays d’Europe à agir ainsi. Le loup en Italie compte environ 600 à 700 individus : il a recolonisé la quasi-totalité de la péninsule. En Espagne, l’espèce se porte bien avec 2000 individus. En France, 20 individus mobilisent les gardes de l’ONF, et pourquoi pas bientôt l’armée ? En plein Sommet de Nice, à la fin de la présidence française de l’Union Européenne, nous montrons l’exemple, bravo !

 

Le Mouvement Ecologiste Indépendant doit rappeler l’évidence : les moyens de protection existent, ils sont connus et ont largement fait leurs preuves. L’Etat doit inciter les éleveurs à les mettre en place.

 

Le loup sert de bouc émissaire : nous n’avons pas à choisir entre lui et l’agneau. Si la filière ovine est exsangue, c’est la faute de la P.A.C. et de la mondialisation. On a facilité l’importation de viande à bas prix : la production ovine française couvre seulement 40% du marché national. La Politique Agricole Commune a incité les éleveurs à regrouper leurs troupeaux, et à pratiquer un élevage intensif (jusqu’à 2000 têtes), trop vulnérable aux prédateurs, et qui induit un surpâturage profondément anti-écologique.

 

Le Mouvement Ecologiste Indépendant appelle la filière ovine à revenir à une agriculture paysanne, soucieuse de protéger son environnement, et de produire ainsi une viande de meilleure qualité, tant attendue par les consommateurs échaudés par la crise alimentaire qui secoue l’Europe. Le MEI rappelle aussi que le retour du loup est une chance extraordinaire, qu’il permettra demain de retrouver des zones où la chaîne alimentaire sera complète. Nous ne laisserons pas ce symbole fort de la nature sauvage disparaître illégalement, sous le cautionnement du Gouvernement français.

 

Le MEI demande à Madame la Ministre « Verte » de l’Environnement, qui encourage maintenant les préfets à ouvrir le feu sur une espèce protégée, de faire cesser immédiatement ces affûts illégaux.

 

 

Michel Laval,

                                                                                          Vice-Président national à l’Environnement

Tél & Fax : 01 45 11 82 11