
Cette décision
renie les engagements pris par la France lorsqu’elle a ratifié la convention de
Berne sur
les espèces menacées. Le Mouvement Ecologiste Indépendant rappelle que le
territoire français n’abrite guère plus d’une vingtaine de loups : ceux-ci
sont encore aujourd’hui en pleine phase de recolonisation du Massif Alpin. Les
derniers comptages de loups dans le Mercantour laissent présager le pire :
les populations auraient été divisées par deux cet été.
Les
Ecologistes Indépendants dénoncent l’Etat qui autorise le tir
« légal », alors qu’il laisse les braconniers agir en toute impunité. Les montagnes
françaises rejoignent la liste des zones de non-droit ! La France est le
seul pays d’Europe à agir ainsi. Le loup en Italie compte environ 600 à 700
individus : il a recolonisé la quasi-totalité de la péninsule. En Espagne,
l’espèce se porte bien avec 2000 individus. En France, 20 individus mobilisent
les gardes de l’ONF, et pourquoi pas bientôt l’armée ? En plein Sommet de
Nice, à la fin de la présidence française de l’Union Européenne, nous montrons
l’exemple, bravo !
Le Mouvement
Ecologiste Indépendant doit rappeler l’évidence : les moyens de protection
existent,
ils sont connus et ont largement fait leurs preuves. L’Etat doit inciter les
éleveurs à les mettre en place.
Le loup sert
de bouc émissaire : nous n’avons pas à
choisir entre lui et l’agneau. Si la filière ovine est exsangue, c’est la
faute de la P.A.C. et de la mondialisation. On a facilité l’importation de
viande à bas prix : la production ovine française couvre seulement 40% du
marché national. La Politique Agricole Commune a incité les éleveurs à
regrouper leurs troupeaux, et à pratiquer un élevage intensif (jusqu’à 2000
têtes), trop vulnérable aux prédateurs, et qui induit un surpâturage
profondément anti-écologique.
Le Mouvement
Ecologiste Indépendant appelle la filière ovine à revenir à une agriculture
paysanne,
soucieuse de protéger son environnement, et de produire ainsi une viande de
meilleure qualité, tant attendue par les consommateurs échaudés par la crise
alimentaire qui secoue l’Europe. Le MEI rappelle aussi que le retour du loup
est une chance extraordinaire, qu’il permettra demain de retrouver des zones où
la chaîne alimentaire sera complète. Nous ne laisserons pas ce symbole fort de
la nature sauvage disparaître illégalement, sous le cautionnement du
Gouvernement français.
Le MEI demande
à Madame la Ministre « Verte » de l’Environnement, qui encourage maintenant
les préfets à ouvrir le feu sur une espèce protégée, de faire cesser immédiatement ces affûts illégaux.
Michel Laval,
Vice-Président national à
l’Environnement
Tél & Fax : 01 45 11 82 11