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Monsieur François FILLON
Ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité
127, rue de Grenelle
75007 PARIS
Fumel, le 21 janvier 2003
Monsieur le Ministre,
Lors de l'installation du Conseil National des politiques de Lutte contre la pauvreté et l’Exclusion sociale le 12 décembre 2002, vous vous êtes engagé à arrêter les objectifs du programme de renforcement de la lutte contre l'exclusion dans le premier trimestre 2003. Dernièrement, Madame Versini, secrétaire d'Etat, annonçait la création de 5 000 places en maisons-relais supplémentaires, dont seulement 1000 en 2003, pour les personnes sans abri.
Cette décision, bien qu'elle aille dans le bon sens, ne nous semble
pas à la hauteur de l'enjeu.
Le nombre de personnes sans domicile ne cesse d'augmenter. D'après certains
chiffres, il est estimé à plus de 200 000 personnes dans cette
situation. Or, il n'existe, actuellement que 88 000 places, ce qui laisse 120
000 personnes dans la détresse et délaissées par les pouvoirs
publics. De plus, les accueils d'urgence, souvent pour une nuit, ne sont pas
de nature à répondre à leurs besoins.
La loi du 6 juillet 1989 a reconnu le droit au logement comme un "droit fondamental" et celle du 31 mai 1990 a explicitement énoncé que "garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l'ensemble de la nation". Or, la réalité de la situation fait apparaître que l'Etat n'a pas tenu ses engagements.
Aujourd'hui au 21ème siècle, le gouvernement doit décréter
comme priorité nationale ce fléau afin de l'éradiquer.
La CNLE a fait plusieurs propositions allant dans ce sens. L'Etat doit s'en
saisir au plus vite et les faire appliquer.
L'accueil provisoire doit être au plus vite abandonné et remplacé
par l'attribution d'un logement à titre définitif. Cela peut se
faire, effectivement, par la création de maisons-relais, lieux de vie,
mais également en octroyant des logements existants. Pour ce faire, le
Gouvernement doit réunir tous les acteurs de l'immobilier privé
et public afin de trouver des solutions pour qu'un quota de logement leur soit
réservé. En diversifiant les moyens, il est tout à fait
concevable d'éradiquer ce fléau dans des délais très
rapide. Parallèlement, un soutien psychologique et social doit être
proposé à chaque personne pour l’aider à sortir de
sa détresse et retrouver son droit à vivre dignement.
Malgré la forte mobilisation d'associations et autres acteurs pour secourir
ces personnes, il paraît urgent que l'Etat, garant des droits de chacun,
prenne enfin ses responsabilités pour que chaque personne puisse retrouver
le droit à se loger, à se vêtir, à se nourrir, à
se soigner… en fait, le droit de vivre.
La France, pays des Droits de l'Homme, ne doit plus se contenter de gérer
une situation mais de prendre les décisions nécessaires pour que
chacun ait le droit de vivre.
Je vous prie, d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments dévoués.
Didier GUSSE
Vice-président aux questions de société
Mouvement Ecologiste Indépendant 26 ter, rue Nicolaï 75 012
PARIS