
le 20 septembre 2002
Anniversaire de lexplosion dAZF à Toulouse :
NI DANS MON JARDIN, NI DANS CELUI DU VOISIN !
Le Mouvement Ecologiste Indépendant, un an après lexplosion
de lusine chimique AZF à Toulouse, juge opportun de revenir sur
le bilan de cette catastrophe et den tirer les leçons. On sait
que la tragédie du 21 septembre 2001 a causé 30 morts, plus de
3000 blessés, et un nombre record de sinistrés (70 000 réclamations
auprès des compagnies dassurance). La grande enquête épidémiologique
qui vient dêtre lancée permettra de préciser les impacts
sur la santé au printemps 2003. Au chapitre économique, le coût
total est évalué à 1,5 milliard deuros. La fermeture
de lusine AZF (annoncée en avril dernier), et la diminution des
activités de sa voisine la Société Nationale des Poudres
et Explosifs (SNPE) entraînent une réduction drastique du "
pôle chimique " toulousain, qui passe de 1100 emplois à seulement
240 (non compris limpact sur la sous-traitance).
Les Ecologistes Indépendants ont été interpellés
par lopposition entre lemploi dune part, la santé et
lenvironnement dautre part, qui a été mise en avant
par certains commentateurs. Nous pouvons comprendre le désarroi des ouvriers
du pôle chimique, dont le gagne-pain est compromis par les revendications
de personnes plus nanties, qui privilégient leur sécurité.
A ces deux groupes opposés, nous souhaitons transmettre un double message.
Il est absurde de soutenir que ces activités dangereuses devraient être
transférées à la campagne. En effet, chacun aspire à
travailler à proximité de son domicile, à juste titre puisque
la limitation des besoins de transports, qui contribuent beaucoup à laggravation
de leffet de serre, est un objectif écologiste capital. La création
ex nihilo dun pôle chimique dans les champs entraînerait fatalement
une importante urbanisation à proximité, dans les décennies
suivantes.
Il est essentiel en revanche de veiller à la définition de périmètres
de protection adéquats, où toute construction dhabitation
serait effectivement interdite, ainsi que de Plans de Prévention du Risque
appropriés. Ce qui suppose le courage de dire non à certaines
sollicitations. De même, lenquête a mis en évidence
la carence des contrôles effectués par la Délégation
Régionale de lIndustrie, de la Recherche, et (soi-disant) de lEnvironnement
(DRIRE), qui na pas appliqué la Directive " Seveso 2 "
. La politique de contrôle doit être réformée, et
sa tutelle doit être retirée des mains du Ministère de lIndustrie.
Enfin, la décision politique de fermeture dAZF ne sera morale que
si le Gouvernement et le Groupe TotalFinaElf prennent des dispositions vraiment
généreuses pour les salariés pénalisés.
On ne règle pas un problème en le déplaçant. Il
est urgent de rendre la société française moins dépendante
de produits et de procédés dangereux. Les Ecologistes Indépendants
rappellent que le nitrate dammonium, impliqué dans lexplosion,
est lun des produits favoris de lagriculture intensive, qui sévit
dans le Bassin Aquitain. Il faut un litre et demi de fioul pour produire une
unité dazote, et les engrais minéraux épuisent à
terme lhumus des sols. Le M.E.I. soppose donc à la fabrication
à grande échelle dammonitrates. Les agriculteurs devraient
recourir à des engrais organiques, produits sur lexploitation,
ou provenant des unités de compostage et méthanisation qui font
défaut dans le traitement des déchets urbains.
La catastrophe de Toulouse montre la vitale nécessité dune
volonté politique non démagogique, conjuguant satisfaction des
besoins économiques, respect de lenvironnement, et bien-être
social.
Michel LAVAL,
Vice-président national du M.E.I.
T/F : 01 45 11 82 11
Thierry DELATTRE,
Animateur du M.E.I. Midi-Pyrénées
T : 05 62 40 90 48