LA CARTE DE FRANCE DES PLANTES TRANSGENIQUES VIENT DE SORTIR !

 

Le Mouvement Ecologiste Indépendant avait été le premier à rendre publique, en Janvier dernier, une carte de France des essais en plein champ de plantes transgéniques effectués au cours de la campagne agricole 1998. Le M.E.I. a récidivé au cours d'une conférence de presse, tenue à Paris le 26 Octobre, en divulguant une carte de France complète des O.G.M. dont l'expérimentation a été autorisée dans nos campagnes au cours de l'année 1999.

 

Le total s'élève à 357 sites d'essais autorisés sur tout l'hexagone. Le tiercé gagnant est, cette année encore, la betterave (129 sites), le maïs (121 sites), et le colza (79 sites). Viennent ensuite le soja (12 sites), la vigne (5 sites), le peuplier (4 sites), le tabac (3 sites), le tournesol (2 sites), la pomme de terre (1 site) et le coton (1 site). Il se confirme donc que l'effort porte sur les grandes cultures industrielles. Les manipulations génétiques testées visent pratiquement toutes une augmentation de la productivité, en permettant à la plante, soit de sécréter un pesticide, soit de résister à un herbicide total produit par la même compagnie. Soulager l'humanité souffrante relève donc de la communication, pas de la réalité.

 

Les Régions les plus touchées sont Midi-Pyrénées (55 sites !), battant de peu le Centre (53 sites), suivi de la Picardie (43 sites). Les départements champions sont le Loiret, l'Oise et la Marne (21 sites), la Côte-d'Or (19 sites) et le Lot-et-Garonne (18 sites). Les Régions indemnes de sites d'expérimentation d'O.G.M. sont la Corse, la Franche-Comté, le Limousin et PACA.

 

Les responsables de ces essais sont les désormais célèbres Monsanto, Novartis, DuPont (Pioneer), Rhône-Poulenc et Hoescht (Agr'Evo), … mais aussi la recherche publique. Ainsi l'Institut National de la Recherche Agronomique (I.N.R.A.), qui occupe des positions prépondérantes, tant à la Commission du Génie Biomoléculaire (C.G.B.) qui supervise les essais, qu'à la nouvelle Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments (A.F.S.S.A.), est à la fois juge et partie.

 

On relève une diminution sensible du nombre total de sites expérimentaux, par comparaison avec les données de 1998, qui ont été rendues publiques par la Commission du Génie Biomoléculaire (C.G.B.) dès Août dernier (une rapidité sans précédent, amélioration à laquelle le M.E.I. n'est certainement pas étranger). Il ne faut pas y voir une régression de l'effort de recherche appliquée sur les plantes transgéniques ! Chaque dossier d'autorisation déposé à la C.G.B. implique en effet de multiples essais, sur des sites différents. La montée de la contestation des O.G.M. et les destructions de parcelles expérimentales ont simplement conduit les multinationales de la biotechnologie à mieux cibler leurs essais (sans doute effectués dans des communes supposées « sures ») : un même dossier d'autorisation concerne donc moins de sites qu'auparavant.

 

Au cours de la même conférence de presse, le M.E.I. a également dénoncé l'action de la Direction Générale de l'Alimentation, visant à maintenir confidentielle la localisation des parcelles d'essais, contrairement à la Loi. Enfin il a été rendu public un modèle de délibération, élaboré par des juristes, qui permet aux Conseils Municipaux qui le souhaiteraient d'interdire la culture de tout O.G.M. sur le territoire de leur commune.