Paris le 30 décembre 1999

 

E.D.F. : le prix du retard

 

La tempête a désorganisé le réseau de transport d'électricité, privé de chauffage trois millions de personnes et mis au chômage technique de nombreuses entreprises. Le réseau affecté est sa partie aérienne.

 

Les pays de l'Europe du Nord, comme les Pays-Bas, ont depuis fort longtemps mis en souterrain la majeure partie de leurs lignes électriques. EDF ne s'est engagée dans cette voie que sous la pression de citoyens et d'associations préoccupés par la sauvegarde des paysages. L'entreprise publique avait naguère affiché de grandes ambitions dans ce domaine puis, prétextant l'ouverture du marché européen de l'électricité, avait réduit ses efforts ces deux dernières années. Aujourd'hui, nous payons le prix fort de ce retard.

 

Nous rappelons le souhait constamment renouvelé depuis le début des années 80 de voir la France enterrer la totalité de son réseau basse et moyenne tension et une partie de ses lignes haute tension, de même d'ailleurs que ses lignes téléphoniques, pour réduire la vulnérabilité de son réseau de distribution autant que pour réhabiliter ses paysages.

 

Quel qu'en soit le coût apparent et immédiat, cet investissement aurait du être, depuis l'origine, le corollaire du monopole d'EDF, de sa politique du "Tout électrique, Tout nucléaire" et de la centralisation subséquente de son réseau de distribution

 

Quand le bon fonctionnement de tous les secteurs de l'économie d'un pays dépend à ce point d'un fournisseur d'énergie, il est capital soit d'en diversifier les sources, soit d'en garantir parfaitement la livraison.

 

 

Antoine Waechter.

 

La première convention de mise en souterrain de lignes électriques a été signée en 1988 à l'initiative d'Antoine Waechter entre la Région Alsace et les distributeurs d'électricité (EDF, Electricité de Strasbourg… ).