
le 5 Avril 2000
La Loi " Chasse " est contre Nature : Les " Verts " ont renié publiquement l'Ecologie
La Loi " Chasse " a été votée mardi 4 Avril à l'Assemblée par 275 voix contre 252. Le Mouvement Ecologiste Indépendant avait appelé à voter contre le projet de Loi. En effet, le rapport Patriat, sur lequel s'appuyait ce projet, était déjà un mauvais compromis entre ceux qui s'appuient sur le droit et les données scientifiques, et ceux qui les piétinent. Il a été de surcroît amendé dans un sens favorable aux chasseurs extrémistes, par le renforcement de leurs fédérations départementales qui financent en sous-main CPNT, et par la légalisation de la chasse de nuit et de la chasse à la passée et au gibier d'eau, deux heures avant le lever du soleil, et deux heures après son coucher.
Cette dernière disposition revient à supprimer sans le dire tout le régime de protection des espèces menacées : les chasseurs, qui commettent déjà 20% d'erreurs d'identification lorsqu'ils ont un oiseau en main, seront bien incapables de les distinguer, et de les épargner, dans l'obscurité !
Les cinq députés " Verts " avaient annoncé publiquement qu'ils s'abstiendraient, attitude déjà bien peu courageuse. Mais la fronde au sein de la " gauche plurielle " menaçait le projet de Loi d'être repoussé. L'abstention qui ne porte pas à conséquence était possible, mais pas celle qui aurait fait capoter un projet qui restait celui de Dominique Voynet, en dépit d'une prise de distance visant à atténuer sa responsabilité. En conséquence, toute honte bue, les " Verts " ont fait volte-face, et soutenu avec de bien mauvaises raisons un texte qui ne les satisfaisait pas quelques jours plus tôt.
Cette palinodie prouve que l'Ecologie est devenue très secondaire pour les " Verts ". Leurs députés viennent de démontrer que leur marge de liberté vis-à-vis de la direction du Parti Socialiste est moindre que celle des députés socialistes eux-mêmes : le destin qui les attend est celui des radicaux de gauche et du P.S.U. Quant aux défenseurs de la Nature, ils savent maintenant sans doute possible que l'Ecologie n'est représentée ni au Gouvernement, ni à l'Assemblée. Les masques sont tombés.
Michel LAVAL, Vice-président à l'Environnement du M.E.I.